Lettres: Quand Rémi Savard parle de Noël
Réal Rodrigue - Mansonville, le 20 décembre 2007
24 décembre 2007
Dans une lettre récente au Devoir, l'anthropologue Rémi Savard ne fait pas que critiquer l'intervention de Mario Dumont à propos du nouveau cours d'éthique et de culture religieuse, il expose du même coup son interprétation de la fête de Noël célébrée chaque année par les communautés chrétiennes. Il écrit: «Les quelques récits autochtones mentionnés dans le projet de cours d'éthique et de culture religieuse n'ont pourtant rien à envier à celui que les fidèles entendront raconter du haut de la chaire des églises de toutes les Hérouxville du Québec au cours de la nuit du 25 décembre. Ils relèvent du même genre que les récits du Nouveau Testament chrétien, lesquels ne sont, comme ceux du judaïsme et de l'islam, que des versions plus ou moins tardives et modifiées des grandes genèses apparues en Mésopotamie quelques millénaires avant l'ère chrétienne» («Quand Mario Dumont parle des autochtones», Le Devoir du 19 décembre).
Concédons le caractère plus ou moins légendaire du récit de la Nativité, ce qui était une façon de magnifier la bienheureuse naissance de Jésus après que les témoins eurent compris les événements de sa vie adulte à la lumière de la Résurrection. Le récit de la Passion qui forme l'essentiel du Nouveau Testament n'est pas un mythe de plus, comme le répète de nos jours René Girard, mais la révélation de ce que cachaient tous les mythes, à savoir la mise à mort d'une victime innocente susceptible de mettre un terme au désordre qui menace la communauté. Ce qui est donc fêté à chaque solstice d'hiver, c'est la naissance de cet enfant hors du commun, celui qui est venu établir une ère nouvelle pour l'humanité. L'emprunt plus ou moins modifié dont parle Rémi Savard n'existe pas, faut-il le remarquer, dans l'évangile de Jean.
Qu'il provienne ou non d'une ancienne civilisation n'occulte pas la vérité du message qu'il a livré au monde pour le salut de tous. Un message reçu certes dans la foi, mais qui n'exclut aucunement la raison comme l'ont montré tous les Pères de l'Église, tout particulièrement le grand théologien et philosophe que fut Thomas d'Aquin. D'autre part, remarquons l'anachronisme du commentaire — depuis Vatican II, les curés ne s'adressent plus à leurs fidèles «du haut de la chaire» —, et la pointe maligne lorsqu'il nomme «toutes les Hérouxville du Québec».
Concédons le caractère plus ou moins légendaire du récit de la Nativité, ce qui était une façon de magnifier la bienheureuse naissance de Jésus après que les témoins eurent compris les événements de sa vie adulte à la lumière de la Résurrection. Le récit de la Passion qui forme l'essentiel du Nouveau Testament n'est pas un mythe de plus, comme le répète de nos jours René Girard, mais la révélation de ce que cachaient tous les mythes, à savoir la mise à mort d'une victime innocente susceptible de mettre un terme au désordre qui menace la communauté. Ce qui est donc fêté à chaque solstice d'hiver, c'est la naissance de cet enfant hors du commun, celui qui est venu établir une ère nouvelle pour l'humanité. L'emprunt plus ou moins modifié dont parle Rémi Savard n'existe pas, faut-il le remarquer, dans l'évangile de Jean.
Qu'il provienne ou non d'une ancienne civilisation n'occulte pas la vérité du message qu'il a livré au monde pour le salut de tous. Un message reçu certes dans la foi, mais qui n'exclut aucunement la raison comme l'ont montré tous les Pères de l'Église, tout particulièrement le grand théologien et philosophe que fut Thomas d'Aquin. D'autre part, remarquons l'anachronisme du commentaire — depuis Vatican II, les curés ne s'adressent plus à leurs fidèles «du haut de la chaire» —, et la pointe maligne lorsqu'il nomme «toutes les Hérouxville du Québec».
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