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Lettres: Nous et notre constitution

Louise Fecteau - Saint-Jean-sur-Richelieu, le 10 décembre 2007  13 décembre 2007 
Jean-François Lisée, après avoir simultanément influencé la rédaction d'un projet de loi sur l'identité québécoise et planché sur un essai publié à titre personnel (Nous), nous présente maintenant un sondage révélant qu'une majorité de répondants sont en faveur d'une constitution québécoise qui inclurait nos valeurs.

Un texte fondamental qui énumérerait et décrirait une conception de la société québécoise? Une somme de nos volontés personnelles et collectives, devant nécessairement évoluer au gré de nos nouvelles connaissances et expériences, qui serait figée dans le temps? Suis-je la seule à voir une dichotomie entre les mots «constitution» et «valeurs»? Un tel texte rédigé dans les années 50 aurait dû être révisé dans les années 60, puis 80 et encore aujourd'hui! Des «valeurs constitutionnelles»... Loin d'être stimulant, ce projet me semble mortifiant!

Et viendront rapidement des questions, tout aussi fondamentales. Premièrement, une consultation publique s'imposera, c'est incontournable. Il ne saurait être question de confier une telle démarche à quelques individus, qu'ils soient élus, théoriciens ou partisans. Alors allons-y concrètement. Qui aura droit de cité dans la détermination de ces valeurs québécoises? Devra-t-on être «de souche» pour avoir le privilège de donner son point de vue? Qui aura le dernier mot? Et deuxièmement, comment concilier cet exercice avec tous les textes existants, chartes des droits et libertés, canadienne, québécoise, de la langue française, textes que la très grande majorité ne connaît tout simplement pas et maîtrise encore moins? Et d'ailleurs, que manque-t-il au juste à ces textes pour en réclamer un de plus?

À partir de certaines décisions parfois mal éclairées d'accommodements raisonnables, nous avons trop rapidement glissé vers la crise identitaire. Nous aurions, semble-t-il, un problème grave. Et plusieurs insistent, semblent y tenir. C'est dans leur intérêt.

Va-t-on cesser de nous sonder sur des questions spécifiques mais complexes, auxquelles tous ont spontanément envie de répondre: «Oui, pourquoi pas?» Quelles sont donc nos priorités en tant que citoyens? Peut-on avoir une consultation élargie là-dessus?
 
 
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