Le républicain démasqué
Serge Truffaut
17 décembre 2002
Dans moins d'un mois, le sénateur du Mississippi, Trent Lott, sera sacré officiellement leader des républicains au Sénat. En raison des propos formulés par celui-ci pour saluer la carrière du sénateur Strom Thurmond, cette nomination suscite l'indignation depuis plusieurs jours. Le moteur de cette révolte justifiée découle de la caution que Lott a apportée aux faits et gestes d'un homme ayant combattu avec la dernière énergie les politiques anti-ségrégationnistes. Thurmond était et demeure un raciste. Depuis ce jour de 1948 où il se porta candidat à la présidence des États-Unis en ayant pour programme le durcissement des lois ségrégationnistes, Thurmond a toujours campé le rôle du moine-soldat de la suprématie blanche et chrétienne au sein du Congrès avec beaucoup de zèle.
Pour l'heure, cette histoire embarrasse tant les républicains que leur numéro deux au Sénat, Don Nickles, a jugé nécessaire, voire impérieux, de demander la démission de Lott. À son avis, que plusieurs partagent, Lott n'est plus en mesure de parler à tous les Américains. Pire, selon Nickles, cette affaire est si grave qu'elle dépasse la personne que les républicains ont choisie comme chef de groupe. À la Maison-Blanche, depuis la remontrance que le président Bush a adressée publiquement la semaine dernière, le silence est de mise. Et ce, pour de basses raisons politiciennes.
Dans l'entourage de Bush, on calcule. À l'évidence, on ne veut pas taper davantage sur Lott de peur d'entretenir ou favoriser la rébellion qui se dessine au sein même de la famille républicaine. On craint comme la peste que Lott ne soit acculé à la démission. Si tel était le cas, les démocrates auraient alors la possibilité, si mince soit-elle, de retrouver la majorité au Sénat. En effet, si Lott quitte son siège, il reviendra alors au gouverneur actuel du Mississippi, un démocrate, le soin de lui choisir un successeur.
En attendant la suite de cette sombre histoire, la bienveillance affichée de Lott pour Thurmond a permis la mise en lumière du passé infâme d'un homme appelé à occuper une des principales fonctions de l'État. De ses années de collège à aujourd'hui, Lott a fait du racisme son fonds de commerce. Il a beau faire son mea-culpa, l'examen des gestes et propos récents montre qu'il est toujours habité par une conception raciale du monde.
Après avoir milité contre le droit de vote des Noirs tout au long des années 60, Lott n'a pas cessé de s'opposer, par exemple, à ce qu'une fois l'an on commémore Martin Luther King. On en passe, mais on retient qu'il n'a jamais hésité à prononcer régulièrement des discours devant les membres du Council of Conservative Citizens réputé être la version col blanc du Ku Klux Klan.
L'affaire Lott a ceci de pédagogique qu'elle démontre qu'en ce qui concerne le racisme, l'Amérique est quelque peu frappée d'amnésie.
Pour l'heure, cette histoire embarrasse tant les républicains que leur numéro deux au Sénat, Don Nickles, a jugé nécessaire, voire impérieux, de demander la démission de Lott. À son avis, que plusieurs partagent, Lott n'est plus en mesure de parler à tous les Américains. Pire, selon Nickles, cette affaire est si grave qu'elle dépasse la personne que les républicains ont choisie comme chef de groupe. À la Maison-Blanche, depuis la remontrance que le président Bush a adressée publiquement la semaine dernière, le silence est de mise. Et ce, pour de basses raisons politiciennes.
Dans l'entourage de Bush, on calcule. À l'évidence, on ne veut pas taper davantage sur Lott de peur d'entretenir ou favoriser la rébellion qui se dessine au sein même de la famille républicaine. On craint comme la peste que Lott ne soit acculé à la démission. Si tel était le cas, les démocrates auraient alors la possibilité, si mince soit-elle, de retrouver la majorité au Sénat. En effet, si Lott quitte son siège, il reviendra alors au gouverneur actuel du Mississippi, un démocrate, le soin de lui choisir un successeur.
En attendant la suite de cette sombre histoire, la bienveillance affichée de Lott pour Thurmond a permis la mise en lumière du passé infâme d'un homme appelé à occuper une des principales fonctions de l'État. De ses années de collège à aujourd'hui, Lott a fait du racisme son fonds de commerce. Il a beau faire son mea-culpa, l'examen des gestes et propos récents montre qu'il est toujours habité par une conception raciale du monde.
Après avoir milité contre le droit de vote des Noirs tout au long des années 60, Lott n'a pas cessé de s'opposer, par exemple, à ce qu'une fois l'an on commémore Martin Luther King. On en passe, mais on retient qu'il n'a jamais hésité à prononcer régulièrement des discours devant les membres du Council of Conservative Citizens réputé être la version col blanc du Ku Klux Klan.
L'affaire Lott a ceci de pédagogique qu'elle démontre qu'en ce qui concerne le racisme, l'Amérique est quelque peu frappée d'amnésie.
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