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Sondage Léger Marketing-Le Devoir-The Globe and Mail - Remontée du PLQ chez les francophones

- L'appui à l'ADQ se fragilise; - Charest demeure le chef le moins populaire

Kathleen Lévesque   13 décembre 2002 
Malgré la stratégie de relance du gouvernement Landry et l'inflexible popularité de Mario Dumont, l'automne aura permis au Parti libéral du Québec de faire une remontée dans les intentions de vote. Et ce lent virage se fait du côté des francophones.

Selon un sondage Léger Marketing-Le Devoir-The Globe and Mail mené entre les 4 et 9 décembre derniers, si des élections avaient eu lieu à ce moment, le PLQ aurait obtenu sept points de plus qu'en août dernier, soit 36 % plutôt que 29 %. Ces résultats, après répartition des indécis, placent les libéraux en tête, bien que talonnés de très près par l'Action démocratique du Québec, qui récolte 33 % des intentions de vote. Le Parti québécois ferme la marche avec 29 % d'appuis.

Ce sondage Léger Marketing confirme un mouvement observé depuis octobre dernier alors que l'ADQ, après une montée fulgurante au point d'avoir obtenu 40 % des intentions de vote, a perdu des plumes. Cette baisse s'est faite au profit du PLQ, qui engrange des votes du côté des francophones. L'appui de ce groupe au PLQ est passé de 20 % en août à 28 % dans le présent sondage. C'est toutefois l'ADQ qui conserve la majorité auprès des francophones, avec 37 %, en avance de quatre points sur le PQ.

«Les Québécois ne sont pas à droite et ils veulent du changement. Quand les gens ont un peu plus conscience du programme de l'ADQ, ils se retournent vers un parti plus centriste. C'est d'ailleurs la force du Parti libéral. D'ailleurs, si la tendance se maintient à long terme, l'hypothèse la plus probable, c'est l'élection d'un gouvernement libéral», analyse Jean-Marc Léger, de Léger Marketing.

Actuellement, l'écart entre le PLQ et l'ADQ se situe dans la marge d'erreur, soit 3,4 %, 19 fois sur 20, pour un échantillon de 1005 personnes. Les libéraux auraient donc été incapables de former un gouvernement majoritaire. Cependant, comme le soutient Jean-Marc Léger, ce qui importe à la veille d'élections, c'est de voir les tendances de fond: les intentions de vote, mais aussi la solidité du vote.

Sur ce dernier point, les résultats du sondage tendent à démontrer une certaine fragilité de l'appui accordé à l'ADQ. En plus de constater la baisse du score adéquiste, ce sondage illustre que les électeurs qui ont l'intention de voter pour l'ADQ pourraient changer d'idée dans une proportion de 58 %. En comparaison avec les résultats d'octobre dernier, ce sont 8 % de plus d'adéquistes qui hésitent encore. De tous les répondants qui appuient les libéraux, 51 % affirment que leur décision est définitive.

Charest, un chef impopulaire

La remontée du PLQ se fait en dépit de la faible popularité de Jean Charest. Même au sein des troupes libérales, le leadership du chef ne fait pas l'unanimité. Mercredi, l'ancien président de la commission politique du PLQ, Jean David, a accusé M. Charest d'être une «coquille vide» sans vision et sans leadership, ce qui a secoué le PLQ.

Mais selon Jean-Marc Léger, le chef n'est pas «la variable centrale». «Tu peux gagner une élection malgré l'impopularité de ton chef. Bourassa et Parizeau l'ont fait. L'inverse n'est pas nécessairement vrai; ce n'est pas parce que ton chef est populaire que tu peux gagner», explique-t-il.

La cote de M. Charest se situe à 18 %, derrière ses deux adversaires. Mario Dumont domine en récoltant 37 % d'appuis. Quant à Bernard Landry, il se classe deuxième, 12 points derrière le chef adéquiste.

Chose certaine, si M. Dumont est plus populaire que son parti, l'inverse se produit dans le cas de Jean Charest. D'ailleurs, seulement 54 % des répondants qui ont l'intention de voter libéral jugent que M. Charest ferait un meilleur premier ministre. Autre fait à noter, les non-francophones ne sont plus que 38 % à accorder leur appui à M. Charest, «un seuil inégalé chez les libéraux», souligne Léger Marketing.

Pour ce qui est de la satisfaction des Québécois face au gouvernement Landry, elle demeure faible, à 39 %, soit dix points de plus que les intentions de vote pour le Parti québécois. Les efforts déployés au cours de l'automne par le gouvernement péquiste, notamment avec le plan d'action et le rendez-vous des régions, ont vraisemblablement eu peu d'écho dans la population.
 
 
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