Le syndrome Concordia
L'invité n'avait pas la notoriété de l'ex-premier ministre Benjamin Nétanyahou. Mais qu'importe. L'UQAM voulait éviter d'être à son tour le théâtre d'affrontements entre étudiants pro-palestiniens et étudiants pro-israéliens, comme ce fut le cas à l'Université Concordia lorsque des manifestants empêchèrent l'ex-premier ministre israélien de prendre la parole, il y a trois mois. L'UQAM a connu son lot de manifestations dans le passé et le souvenir d'une institution ballottée en permanence au gré des grèves étudiantes est en train de s'effacer. Elle n'allait pas laisser son ancienne réputation effectuer un retour à la faveur du conflit israélo-palestinien.
De plus, manifestement, les affrontements qui ont secoué l'Université Concordia, et l'incapacité de sa direction à rétablir un dialogue entre les deux groupes opposés, ont traumatisé l'ensemble de la communauté universitaire.
C'est dans ce contexte qu'il faut comprendre la décision de l'UQAM d'interdire la tenue d'une conférence somme toute anodine et un brin ennuyeuse du journaliste Gideon Kouts, qui a été expulsé du Liban lors du récent Sommet de la francophonie. Ayant dans un premier temps accepté d'être discrets, les organisateurs de l'événement — le Comité Canada-Israël et l'Association juive Hillel — posaient tout de même des affiches dépeignant une étoile de David voilée de la phrase «Interdit aux Juifs», pour annoncer leur conférencier. Réagissant aux affiches, des gens ont menacé la direction lui faire vivre une situation à la Concordia. Le mot était lâché. Il n'en fallait pas plus pour annoncer l'annulation de la conférence. Finalement, devant la pluie de critiques, elle remettait l'événement à l'ordre du jour.
Il faut savoir gré à l'UQAM d'avoir fait volte-face en permettant la tenue de la conférence, qui s'est déroulée sans anicroche. Ce n'est certainement pas en interdisant les échanges qu'on fera avancer le débat, à plus forte raison dans une institution universitaire censée promouvoir le choc des idées. Malheureusement, choc d'idée il n'y eut pas hier, l'assistance devant se contenter de l'habituelle tirade du militant pro-palestinien, à qui l'animateur a finalement donné la parole. De fait, milieu universitaire ou pas, force est de constater que les Arabes ou les musulmans qui se désolidarisent des positions extrémistes se font plutôt rares, comme d'ailleurs se font rares les membres de la communauté juive osant dénoncer les abus du gouvernement à Tel-Aviv. Ainsi, hier, après avoir exhorté les intellectuels à transcender la haine, notamment en refusant de l'exporter partout dans le monde, le journaliste conférencier a confortablement ressassé le discours attendu.
Les craintes initiales de l'UQAM se sont révélées sans fondement, comme on l'a constaté hier. Elles traduisent néanmoins un certain désarroi devant la manifestation d'hostilités qui trouvent leur source très loin d'ici.
De plus, manifestement, les affrontements qui ont secoué l'Université Concordia, et l'incapacité de sa direction à rétablir un dialogue entre les deux groupes opposés, ont traumatisé l'ensemble de la communauté universitaire.
C'est dans ce contexte qu'il faut comprendre la décision de l'UQAM d'interdire la tenue d'une conférence somme toute anodine et un brin ennuyeuse du journaliste Gideon Kouts, qui a été expulsé du Liban lors du récent Sommet de la francophonie. Ayant dans un premier temps accepté d'être discrets, les organisateurs de l'événement — le Comité Canada-Israël et l'Association juive Hillel — posaient tout de même des affiches dépeignant une étoile de David voilée de la phrase «Interdit aux Juifs», pour annoncer leur conférencier. Réagissant aux affiches, des gens ont menacé la direction lui faire vivre une situation à la Concordia. Le mot était lâché. Il n'en fallait pas plus pour annoncer l'annulation de la conférence. Finalement, devant la pluie de critiques, elle remettait l'événement à l'ordre du jour.
Il faut savoir gré à l'UQAM d'avoir fait volte-face en permettant la tenue de la conférence, qui s'est déroulée sans anicroche. Ce n'est certainement pas en interdisant les échanges qu'on fera avancer le débat, à plus forte raison dans une institution universitaire censée promouvoir le choc des idées. Malheureusement, choc d'idée il n'y eut pas hier, l'assistance devant se contenter de l'habituelle tirade du militant pro-palestinien, à qui l'animateur a finalement donné la parole. De fait, milieu universitaire ou pas, force est de constater que les Arabes ou les musulmans qui se désolidarisent des positions extrémistes se font plutôt rares, comme d'ailleurs se font rares les membres de la communauté juive osant dénoncer les abus du gouvernement à Tel-Aviv. Ainsi, hier, après avoir exhorté les intellectuels à transcender la haine, notamment en refusant de l'exporter partout dans le monde, le journaliste conférencier a confortablement ressassé le discours attendu.
Les craintes initiales de l'UQAM se sont révélées sans fondement, comme on l'a constaté hier. Elles traduisent néanmoins un certain désarroi devant la manifestation d'hostilités qui trouvent leur source très loin d'ici.
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