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Incendie au marché Atwater - Le pire a pu être évité

Karine Fortin   9 décembre 2002 
Le feu a complètement ravagé le dernier étage de l’édifice du marché Atwater, détruisant le gymnase où s’entraîne le club de gymnastique artistique Gadbois, qui a d’ailleurs lancé hier soir un appel à la générosité du public. L’incen
Photo : Jacques Grenier
Le feu a complètement ravagé le dernier étage de l’édifice du marché Atwater, détruisant le gymnase où s’entraîne le club de gymnastique artistique Gadbois, qui a d’ailleurs lancé hier soir un appel à la générosité du public. L’incen
Après une nuit d'angoisse, les commerçants du marché Atwater avaient le sourire aux lèvres, hier. L'incendie majeur qui a ravagé samedi soir le troisième étage des halles, construites en 1932, n'a finalement causé que peu de dommage aux boutiques du rez-de-chaussée. À moins d'un nouveau malheur, les fruiteries, boucheries, fromageries et autres boulangeries devraient donc être rouvertes d'ici à vendredi.

«Ça aurait pu être bien pire, confie le directeur exécutif de la Corporation de gestion des marchés publics de Montréal, Stéphane Ricci. La nuit dernière, on a cru pendant un moment que le marché serait réduit en cendres. Or, ce matin, on constate qu'il y a relativement peu de dégâts dans les espaces commerciaux.»

Une large traînée noire tache la façade du bâtiment de brique à la hauteur des deuxièmes et troisièmes étages. Cependant, malgré l'intensité du feu — qui a fait rage pendant plus de 12 heures — la structure de béton du bâtiment a tenu le coup. Quelques locaux ont été inondés ou enfumés, mais le sinistre y a somme toute laissé peu de traces.

Chez Première Moisson, au premier étage, pâtés en croûte, pâtisseries et chocolats des fêtes ont l'air tout à fait appétissants. Ils finiront néanmoins à la poubelle, tout comme une grande partie des pâtes fermes, des pâtes molles et des tomes de la célèbre fromagerie du rez-de-chaussée.

Ainsi en ont décidé les experts de l'Inspection des aliments de la Ville de Montréal. «Tous les aliments qui pourraient avoir été endommagés devront être retirés des tablettes pour des raisons de salubrité, explique Liette Miron, dépêchée sur place par la Ville pour faire une première tournée d'évaluation. «Dans certains cas, il y a eu un peu de suie ou des infiltrations d'eau, mais le principal problème c'est la chaleur. En coupant l'électricité pour combattre le feu, les pompiers ont nécessairement arrêté les réfrigérateurs.»

Heureusement, il semble que les chambres froides aient bien joué leur rôle, en plein coeur du brasier. «Les inspecteurs viennent de me confirmer que la température n'a pas dépassé les limites et qu'en conséquence, nous pouvons conserver nos inventaires», confie Gilles Jourdenais, propriétaire de l'échoppe de fromage préférée des fans de Daniel Pinard. S'ils m'avaient dit le contraire, j'aurais pleuré. On a quand même 600 sortes de fromages et plus de 3500 produits d'épicerie.»

Pour le moment, les commerçants refusent d'estimer le montant de leurs pertes. Tous s'entendent cependant pour dire qu'ils l'ont échappé belle. «Au moins, nous aurons le temps de refaire nos étalages avant les plus grosses journées de la saison», a souligné M. Jourdenais. Si le feu avait eu lieu la semaine prochaine, nous aurions perdu encore plus de produits et plus d'argent.»

Les deux semaines qui précèdent Noël comptent en effet parmi les plus achalandées de l'année dans les marchés publics. Les gens viennent y acheter des produits fins et originaux à offrir en cadeau ou à servir au réveillon. Les commerçants ont tendance à accroître et à diversifier leurs stocks, en prévision de l'augmentation de la demande.

Même s'il devra se débarrasser de tout le contenu de ses comptoirs réfrigérés, le fromager croit cependant être en mesure de répondre aux demandes de ses clients les plus exigeants dès que les autorités l'autoriseront à rouvrir ses portes. «Nous n'aurons peut-être pas toutes les sortes de crème sûre, mais il y aura certainement une marque», résume-t-il en souriant.

Même son de cloche à la boulangerie où le propriétaire Bertrand Labelle prévoit faire le grand ménage dès aujourd'hui pour faire de la place aux nouveaux inventaires. «La maison mère de Première Moisson attend mes commandes, souligne-t-il. Nous avons un peu paniqué en voyant les flammes la nuit dernière, mais finalement nous avons été épargnés à 99 %.»

Au dernier étage, où le feu aurait pris naissance, le gymnase où s'entraîne le Club Gadbois n'a malheureusement pas connu un sort aussi enviable. Avec ses murs calcinés, ses fenêtres barricadées et ses gradins tordus, la vaste salle était méconnaissable hier après-midi. L'endroit, où devait se tenir une compétition amicale, a été fermé jusqu'à nouvel ordre.

De l'avis de Richard Trépanier, l'entrepreneur général chargé de sécuriser les lieux, les nécessaires rénovations pourraient coûter près d'un million de dollars, dont plus de 100 000 $ seulement pour les vitres. «C'est vraiment un incendie majeur, souligne-t-il. Heureusement, la bâtisse est très bien faite.»

Au total, près de 150 pompiers ont été appelés pour combattre l'incendie qui s'est déclaré vers 22h20, samedi. Les enquêteurs du Service de protection contre les incendies de Montréal ont commencé à amasser des indices pour tenter de déterminer les causes du sinistre. Pour le moment, les pompiers pensent qu'il s'agit probablement d'un accident.






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