Bagdad veut les preuves de Bush
Bagdad - Bagdad a réaffirmé hier ne plus disposer d'armes de destruction massive, défiant Washington de prouver le contraire, alors que l'opposition irakienne disait pouvoir démontrer que l'inventaire des programmes chimiques, bactériologiques et nucléaires remis samedi à l'ONU était mensonger.
Mohammed Baqir al-Hakim, chef du Conseil suprême de la révolution islamique en Irak, basé à Téhéran, s'est dit prêt à publier des documents prouvant que l'Irak dissimule des armes de destruction massive, à condition que les Nations unies protègent ses informateurs en Irak.
Le général Amer Al-Saadi, ancien chef de la production militaire et haut conseiller du président Saddam Hussein, a pour sa part assuré à la presse que l'inventaire irakien transmis à l'ONU était «exact» et «véridique». «S'ils [les États-Unis] ont quelque chose montrant le contraire, qu'ils le montrent, qu'ils le donnent [aux inspecteurs en désarmement des Nations unies].
Pourquoi jouer ce petit jeu?», a-t-il lancé, faisant allusion aux «preuves solides» que la Maison-Blanche serait disposée à transmettre à l'ONU.
Les Américains, invoquant la protection de leurs sources, refusent toujours de fournir aux inspecteurs de l'ONU, manifestement irrités, toutes les informations de leurs services de renseignement pour savoir quels programmes d'armements irakiens sont suspects.
Les chefs des deux organismes chargés des inspections ont demandé avec insistance ces jours-ci aux États-Unis de les aider à démasquer en Irak les éventuels programmes de destruction massive.
L'Irak a remis son rapport en temps et en heure, mais Washington a maintenu la pression. À peine Saddam Hussein avait-il présenté samedi à Bagdad sa déclaration affirmant qu'il ne possédait pas d'armes chimique, nucléaire ou biologique que les États Unis ont multiplié les signes de scepticisme. Dans un communiqué, la Maison-Blanche a précisé qu'elle avait l'intention de poursuivre la «campagne internationale destinée à mettre fin à la recherche et à l'accumulation d'armes de destruction massive» par Bagdad, montrant clairement qu'elle ne croyait pas le leader irakien. Hier encore, plusieurs sources militaires ont confié au New York Times que l'Amérique aurait suffisamment mobilisé de forces dans le Golfe pour une attaque «dès le mois de janvier».
Le volumineux dossier transmis par l'Irak à l'ONU comme preuve de son désarmement est arrivé hier soir à New York. Entre Bagdad et New York, la déclaration irakienne de quelque 12 000 pages, accompagnées de CD-ROM, a été acheminée à bord d'un Hercules C-130 de l'ONU jusqu'à Chypre. Ensuite le transport s'effectuait sur des vols commerciaux de la compagnie Cyprus Air et Lufthansa. Une autre copie du dossier irakien est arrivée hier à Vienne, où son destinataire est l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
Le rapport ne sera pas rendu public et ne sera pas remis immédiatement aux membres du Conseil de sécurité de l'ONU. La Commission de contrôle, de vérification et d'inspection (COCOVINU) va s'assurer qu'il ne contient pas d'informations sensibles qui pourraient favoriser la prolifération et aller à l'encontre des traités internationaux en vigueur. Il faudra des semaines aux experts pour traduire le rapport partiellement rédigé en arabe, l'étudier, le comparer avec les inventaires antérieurs et le faire vérifier par les inspecteurs sur place, notamment dans des visites-surprises sur des sites suspects.
«J'espère que la communauté internationale nous donnera le temps de travailler correctement», a déclaré Mohamed ElBaradei, directeur général de l'AIEA, qui a indiqué qu'il livrerait «sous les dix jours» une «analyse préliminaire» au Conseil de sécurité. Selon certaines sources à l'ONU, Hans Blix, le chef de la COCOVINU, pourrait livrer sa «première appréciation» de la déclaration à la mi-décembre. Les documents qui seront alors présentés aux représentants des 15 pays membres du Conseil de l'ONU seront expurgés des informations concernant la production d'armes chimiques, bactériologiques ou nucléaires.
Pas de révélations
Hier à Bagdad, le général Amer Al-Saadi a répété qu'il ne fallait pas attendre de révélations des 12 000 pages et CD-ROM composant l'inventaire irakien, confirmant que la déclaration reprend tous les programmes irakiens développés par l'Irak jusqu'en 1991, puis ceux contrôlés par l'UNSCOM (le prédécesseur de la COCOVINU) entre 1991 et 1998.
Concernant l'arme nucléaire, il a cependant laissé entendre que l'Irak était à deux doigts de la posséder avant la guerre du Golfe. L'Irak n'était pas arrivé au stade d'assemblage ou de test d'une bombe nucléaire avant le programme de désarmement imposé en 1991 par la communauté internationale, a-t-il indiqué.
Prié en conférence de presse de dire à quel stade l'Irak était de la fabrication d'une bombe nucléaire, M. Saadi a affirmé que «c'est aux experts [internationaux] de répondre à cette question». «Nous avions les programmes, mais nous ne l'avions pas encore assemblée ou testée», a-t-il souligné.
En ce qui concerne l'agent neurotoxique mortel VH, produit par l'Irak dans les années 1980, le général assure que Bagdad a fourni «des preuves de premier choix» qu'il avait été détruit, mais que les inspecteurs d'alors (l'UNSCOM) n'avaient pas été satisfaits «parce qu'ils étaient principalement dirigés par du personnel des États-Unis et de la Grande-Bretagne». Quant aux armes biologiques, sur lesquelles l'ONU trouvait la documentation insuffisante, «le programme n'existait plus après 1991», à en croire ce haut responsable.
Après la défaite irakienne dans la guerre du Golfe en février 1991, jusqu'à leur départ en 1998, les experts en désarmement ont détruit de nombreuses armes chimiques et bactériologiques ainsi que des missiles à longue portée (plus de 150 km) interdits par l'ONU. Ils avaient aussi démantelé le programme d'armement nucléaire irakien avant la production d'une bombe.
Les inspections ont repris le 27 novembre dernier avec une première équipe d'une vingtaine d'experts renforcée hier par 25 inspecteurs. La mission devrait compter une centaine de personnes pour la fin de l'année. Huit hélicoptères leur permettront d'effectuer des visites-surprises loin de Bagdad. Le premier a été assemblé hier sur l'aéroport international Saddam.
Pendant ce temps, deux équipes d'experts ont visité, l'une, une société de géologie et de prospection minière de Bagdad qui a par le passé été impliquée dans le traitement d'uranium pouvant entrer dans la fabrication de bombes nucléaires, et l'autre, une usine de pesticides à l'ouest de la capitale, les pesticides pouvant servir à la composition de bombes chimiques.
Plusieurs hauts responsables démocrates du Congrès américain ont par ailleurs exprimé hier leur soutien au président républicain George W. Bush dans sa campagne contre l'Irak. «Ce qu'ils ont remis à l'ONU hier était vraisemblablement 12 000 pages de mensonges», a déclaré à la chaîne télévisée américaine Fox News Joseph Lieberman, candidat potentiel à l'investiture démocrate pour la prochaine présidentielle en 2004. «Je ne fais pas confiance à Saddam Hussein, pas plus que le président Bush ne lui fait confiance. Je pense que le président fait les choses comme il faut», a déclaré le leader démocrate du Sénat Tom Daschle sur CNN.
Sur le plan militaire, les États-Unis ont presque terminé leurs préparatifs contre l'Irak, a rapporté hier le New York Times en citant de hauts responsables militaires américains. Washington aura bientôt suffisamment de chars, de bâtiments de guerre, d'avions, de bombes et de troupes dans le Golfe pour être capables de lancer une attaque contre l'Irak au cours du mois de janvier, affirme le journal. Quelque 60 000 soldats, marins et aviateurs, ainsi qu'environ 200 avions se trouvent dans ou près de la région, précise le quotidien. Cela permet qu'un ordre d'attaque du président Bush, destiné à désarmer l'Irak et renverser Saddam Hussein, soit exécuté en quelques jours, ont indiqué les responsables militaires cités par le journal.
Mohammed Baqir al-Hakim, chef du Conseil suprême de la révolution islamique en Irak, basé à Téhéran, s'est dit prêt à publier des documents prouvant que l'Irak dissimule des armes de destruction massive, à condition que les Nations unies protègent ses informateurs en Irak.
Le général Amer Al-Saadi, ancien chef de la production militaire et haut conseiller du président Saddam Hussein, a pour sa part assuré à la presse que l'inventaire irakien transmis à l'ONU était «exact» et «véridique». «S'ils [les États-Unis] ont quelque chose montrant le contraire, qu'ils le montrent, qu'ils le donnent [aux inspecteurs en désarmement des Nations unies].
Pourquoi jouer ce petit jeu?», a-t-il lancé, faisant allusion aux «preuves solides» que la Maison-Blanche serait disposée à transmettre à l'ONU.
Les Américains, invoquant la protection de leurs sources, refusent toujours de fournir aux inspecteurs de l'ONU, manifestement irrités, toutes les informations de leurs services de renseignement pour savoir quels programmes d'armements irakiens sont suspects.
Les chefs des deux organismes chargés des inspections ont demandé avec insistance ces jours-ci aux États-Unis de les aider à démasquer en Irak les éventuels programmes de destruction massive.
L'Irak a remis son rapport en temps et en heure, mais Washington a maintenu la pression. À peine Saddam Hussein avait-il présenté samedi à Bagdad sa déclaration affirmant qu'il ne possédait pas d'armes chimique, nucléaire ou biologique que les États Unis ont multiplié les signes de scepticisme. Dans un communiqué, la Maison-Blanche a précisé qu'elle avait l'intention de poursuivre la «campagne internationale destinée à mettre fin à la recherche et à l'accumulation d'armes de destruction massive» par Bagdad, montrant clairement qu'elle ne croyait pas le leader irakien. Hier encore, plusieurs sources militaires ont confié au New York Times que l'Amérique aurait suffisamment mobilisé de forces dans le Golfe pour une attaque «dès le mois de janvier».
Le volumineux dossier transmis par l'Irak à l'ONU comme preuve de son désarmement est arrivé hier soir à New York. Entre Bagdad et New York, la déclaration irakienne de quelque 12 000 pages, accompagnées de CD-ROM, a été acheminée à bord d'un Hercules C-130 de l'ONU jusqu'à Chypre. Ensuite le transport s'effectuait sur des vols commerciaux de la compagnie Cyprus Air et Lufthansa. Une autre copie du dossier irakien est arrivée hier à Vienne, où son destinataire est l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
Le rapport ne sera pas rendu public et ne sera pas remis immédiatement aux membres du Conseil de sécurité de l'ONU. La Commission de contrôle, de vérification et d'inspection (COCOVINU) va s'assurer qu'il ne contient pas d'informations sensibles qui pourraient favoriser la prolifération et aller à l'encontre des traités internationaux en vigueur. Il faudra des semaines aux experts pour traduire le rapport partiellement rédigé en arabe, l'étudier, le comparer avec les inventaires antérieurs et le faire vérifier par les inspecteurs sur place, notamment dans des visites-surprises sur des sites suspects.
«J'espère que la communauté internationale nous donnera le temps de travailler correctement», a déclaré Mohamed ElBaradei, directeur général de l'AIEA, qui a indiqué qu'il livrerait «sous les dix jours» une «analyse préliminaire» au Conseil de sécurité. Selon certaines sources à l'ONU, Hans Blix, le chef de la COCOVINU, pourrait livrer sa «première appréciation» de la déclaration à la mi-décembre. Les documents qui seront alors présentés aux représentants des 15 pays membres du Conseil de l'ONU seront expurgés des informations concernant la production d'armes chimiques, bactériologiques ou nucléaires.
Pas de révélations
Hier à Bagdad, le général Amer Al-Saadi a répété qu'il ne fallait pas attendre de révélations des 12 000 pages et CD-ROM composant l'inventaire irakien, confirmant que la déclaration reprend tous les programmes irakiens développés par l'Irak jusqu'en 1991, puis ceux contrôlés par l'UNSCOM (le prédécesseur de la COCOVINU) entre 1991 et 1998.
Concernant l'arme nucléaire, il a cependant laissé entendre que l'Irak était à deux doigts de la posséder avant la guerre du Golfe. L'Irak n'était pas arrivé au stade d'assemblage ou de test d'une bombe nucléaire avant le programme de désarmement imposé en 1991 par la communauté internationale, a-t-il indiqué.
Prié en conférence de presse de dire à quel stade l'Irak était de la fabrication d'une bombe nucléaire, M. Saadi a affirmé que «c'est aux experts [internationaux] de répondre à cette question». «Nous avions les programmes, mais nous ne l'avions pas encore assemblée ou testée», a-t-il souligné.
En ce qui concerne l'agent neurotoxique mortel VH, produit par l'Irak dans les années 1980, le général assure que Bagdad a fourni «des preuves de premier choix» qu'il avait été détruit, mais que les inspecteurs d'alors (l'UNSCOM) n'avaient pas été satisfaits «parce qu'ils étaient principalement dirigés par du personnel des États-Unis et de la Grande-Bretagne». Quant aux armes biologiques, sur lesquelles l'ONU trouvait la documentation insuffisante, «le programme n'existait plus après 1991», à en croire ce haut responsable.
Après la défaite irakienne dans la guerre du Golfe en février 1991, jusqu'à leur départ en 1998, les experts en désarmement ont détruit de nombreuses armes chimiques et bactériologiques ainsi que des missiles à longue portée (plus de 150 km) interdits par l'ONU. Ils avaient aussi démantelé le programme d'armement nucléaire irakien avant la production d'une bombe.
Les inspections ont repris le 27 novembre dernier avec une première équipe d'une vingtaine d'experts renforcée hier par 25 inspecteurs. La mission devrait compter une centaine de personnes pour la fin de l'année. Huit hélicoptères leur permettront d'effectuer des visites-surprises loin de Bagdad. Le premier a été assemblé hier sur l'aéroport international Saddam.
Pendant ce temps, deux équipes d'experts ont visité, l'une, une société de géologie et de prospection minière de Bagdad qui a par le passé été impliquée dans le traitement d'uranium pouvant entrer dans la fabrication de bombes nucléaires, et l'autre, une usine de pesticides à l'ouest de la capitale, les pesticides pouvant servir à la composition de bombes chimiques.
Plusieurs hauts responsables démocrates du Congrès américain ont par ailleurs exprimé hier leur soutien au président républicain George W. Bush dans sa campagne contre l'Irak. «Ce qu'ils ont remis à l'ONU hier était vraisemblablement 12 000 pages de mensonges», a déclaré à la chaîne télévisée américaine Fox News Joseph Lieberman, candidat potentiel à l'investiture démocrate pour la prochaine présidentielle en 2004. «Je ne fais pas confiance à Saddam Hussein, pas plus que le président Bush ne lui fait confiance. Je pense que le président fait les choses comme il faut», a déclaré le leader démocrate du Sénat Tom Daschle sur CNN.
Sur le plan militaire, les États-Unis ont presque terminé leurs préparatifs contre l'Irak, a rapporté hier le New York Times en citant de hauts responsables militaires américains. Washington aura bientôt suffisamment de chars, de bâtiments de guerre, d'avions, de bombes et de troupes dans le Golfe pour être capables de lancer une attaque contre l'Irak au cours du mois de janvier, affirme le journal. Quelque 60 000 soldats, marins et aviateurs, ainsi qu'environ 200 avions se trouvent dans ou près de la région, précise le quotidien. Cela permet qu'un ordre d'attaque du président Bush, destiné à désarmer l'Irak et renverser Saddam Hussein, soit exécuté en quelques jours, ont indiqué les responsables militaires cités par le journal.
Haut de la page

