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Libre opinion: Une implication éloignée et sans importance

Jean Allaire - Avocat  9 décembre 2002 
Monsieur Michel David, Je réponds à votre article du samedi 23 novembre 2002, dans l'ordre autant que possible de vos affirmations, insinuations ou associations d'événements, cependant sans lien entre eux.

Quant à mon curriculum vitae, je n'y mentionne que les postes significatifs que j'ai occupé dans des entreprises. Il y en a donc plusieurs qui ne s'y retrouvent pas, comme le font d'ailleurs la plupart des hommes d'affaires.

Le président de Beaver Asphalt et le vice-président finances du temps, il y a très longtemps, avaient demandé à un professeur d'université, spécialiste en administration des finances, et au soussigné, comme avocat et administrateur, d'agir comme conseillers au conseil d'administration, au moyen d'une part qualificative chacun, remise quelque temps après. Mon implication éloignée et temporaire n'ayant aucune importance, n'est pas et ne sera pas mentionnée dans mon curriculum vitae.

L'interprétation que vous en donnez est offensante et même libelleuse.

Quant au travail de monsieur Derrico comme collecteur de fonds du Parti libéral du Québec, je n'y ai jamais été mêlé. Je connaissais évidemment son titre, mais rien d'autre. Ce sujet n'était à peu près jamais abordé au comité exécutif du PLQ, pas plus d'ailleurs que le membership, deux dossiers toujours traités très discrètement à un autre niveau.

Vous récidivez dans le même article, en m'associant à nouveau à monsieur Tommy Derrico dans ses affaires immobilières à Ville de Laval, en affirmant que comme directeur du Contentieux je les connaissais sûrement. Cette conclusion est présomptueuse et dénuée de sens. Directeur du Contentieux dans une ville de la taille de Laval, je ne peux sûrement pas connaître toutes les transactions immobilières de la Ville, et ce genre d'affaires, à moins que la Ville ne me demande de m'en occuper spécifiquement, ce qui n'a pas été le cas. Ni personnellement ni comme directeur du Contentieux, ni directement ou indirectement, je n'y ai été mêlé.

De plus, la dernière phrase de votre article laisse entendre que mon implication avec ce monsieur, lorsque connu, aurait pu être la cause de mon retrait de la politique en mai 1994!?! Vous savez fort bien que ceci est inexact. Il s'agit d'une insinuation que je considère malveillante et «libelleuse». Seule une santé chancelante à ce moment, m'a fait prendre cette décision avec mon médecin et ma famille. D'ailleurs, ce mandat a été exercé plusieurs années avant 1994, avant même que monsieur Derrico ne soit nommé collecteur de fonds pour le Parti libéral du Québec, si ma mémoire est bonne.

Vous mentionnez aussi que l'ancien président du parti, monsieur Guitouni, avait été accusé de tenir une secte, en oubliant de mentionner clairement que ce monsieur a gagné en première instance et en appel, le procès intenté au Devoir (condamnation de 40 000 $) et un autre procès intenté contre Radio-Canada (164 108,20 $ ) pour des faits connexes à cette accusation.

Quant aux entreprises que vous qualifiez d'«obscures», que je mentionne à mon curriculum vitae, je vous suggère de vous informer correctement, car il s'y trouve des entreprises pancanadiennes très importantes, et d'autres qui étaient très connues au Québec.

Vous portez atteinte à ma réputation, et me causez des dommages certains, en procédant comme vous l'avez fait par associations et insinuations.

Les journalistes et les médias doivent mériter le respect par leurs agissements professionnels, ce qui ne se produira pas avec ce genre d'article.

Vous travaillez maintenant pour un journal dont la devise est: «Fais ce que dois». Ce ne doit pas être que de vains mots, sinon nous serions en pleine dichotomie éthique.

J'attends de vous, en journaliste responsable, une rectification afin de clore cet incident regrettable qui ne sert en rien la bonne réputation de votre journal et la vôtre.

Réplique

Quelle que soit la raison pour laquelle vous avez accepté de siéger au conseil d'administration de Beaver Asphalt, dont le président-fondateur s'est retrouvé au centre d'une controverse qui a défrayé la manchette durant plusieurs semaines, je persiste à croire qu'il s'agissait d'une information pertinente, qui méritait d'être incluse dans le curriculum vitae du chef d'un parti politique dont le programme prônait une plus grande transparence.

En tout respect pour les amateurs de golf, je vois mal en quoi le poste d'administrateur du Club de golf Islemere, dont votre CV faisait mention, était plus «significatif». Si des personnes associées aux entreprises que j'ai qualifiées d'«obscures», sans toutefois les nommer, ont pu être heurtées, vous m'en voyez désolé. Je voulais simplement dire qu'elles ne présentaient pas d'intérêt politique particulier, mais je conviens volontiers que le terme aurait pu être mieux choisi.

Pour mémoire, je vous signale que le fichier des entreprises du gouvernement du Québec indique votre présence au conseil d'administration de Beaver Asphalt en 1983, en 1984 et en 1985, tandis que Tommy d'Errico a été le collecteur de fonds du Parti libéral du Québec de 1983 à 1989.

Je n'ai aucune idée des sujets qui ont pu être discutés au conseil exécutif du PLQ, dont vous faisiez tous les deux partie, ni au contentieux de la Ville de Laval, que vous dirigiez depuis 1980. La lettre que vous m'adressez aujourd'hui atteste toutefois que vous lisez les journaux.

Cela dit, je ne prétends aucunement, ni ne veux insinuer, que vous ayez été associé d'une manière ou d'une autre aux activités de M. d'Errico qui ont fait l'objet d'une controverse. Une interprétation en ce sens du texte que j'ai signé dans Le Devoir serait erronée. Le seul reproche que je vous adressais portait sur la question de la transparence. Je regrette toutefois que sa lecture ait pu laisser croire que je doutais que votre médecin vous ait recommandé de quitter la direction de l'ADQ pour préserver votre santé, que je vous souhaite la meilleure possible.

N'ayez aucune inquiétude, je n'ai pas «oublié» de mentionner les réparations que les tribunaux ont ordonné au Devoir et à Radio-Canada d'accorder à Moncef Guitouni. Il s'agissait d'informations que les médias, y compris Le Devoir, avaient déjà diffusées largement.
 
 
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