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Lettres: Le prix de l'essence : une autre explication

26 juillet 2007 
Pourquoi l'essence coûte-t-elle si cher? Aux explications des économistes (éditions des 19, 20 et 21 juillet), il manque un important facteur qui peut bouleverser tous leurs calculs.

Jusqu'à maintenant, la diminution de la production dans certains champs de pétrole est compensée par la mise en production des autres. Ce que les compagnies de pétrole ne nous disent pas, c'est que les sources de pétrole faciles à exploiter commencent à s'épuiser. À l'échelle planétaire, pour maintenir la production à son niveau actuel et même l'augmenter, les compagnies de pétrole sont maintenant obligées de se tourner vers les sources plus difficiles à exploiter et à raffiner comme les champs en eau profonde, les sables bitumineux, et les sources douteuses comme les biocarburants.

J'invite tous les lecteurs à s'informer sur le phénomène de «peak oil» (www.aspofrance.org), qui prédit que la production de pétrole va bientôt atteindre (ou a déjà atteint, selon certains) un maximum et diminuer irréversiblement par la suite pour des raisons géologiques. Quand M. K. Hubbart a prédit en 1956 que les États-Unis (sans compter l'Alaska) attendraient leur maximum en 1970, c'était l'hérésie. Mais c'était la vérité: les États-Unis ont produit le plus de pétrole en 1971. Malgré toutes les technologies inventées depuis, la production n'est jamais remontée si haut. Ce qui était vrai pour les États-Unis ne le serait-il pas pour la planète entière?

Chaque décision prise par le gouvernement (construction d'un pont), une municipalité (autorisation de la construction des maisons de banlieue) ou des individus (achat d'une voiture) est fondée sur une fausse hypothèse: le pétrole ne manquera jamais. Ces décisions plongent notre société dans une dépendance au pétrole de plus en plus grande.

Notre société devrait poser les actes qui réduisent cette dépendance. Des quartiers plus denses, la construction de lignes de tramways et la fin des lois de zonage qui éloignent les commerces des résidences (pour en nommer quelques-uns) sont les facteurs qui aident à réduire notre dépendance. Les conséquences économiques du «peak oil» vont nous obliger à changer nos habitudes. Plus vite nous commencerons ce virage, mieux notre société fera face au contexte économique futur.






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