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Lettres: Collectivement morts de rire

Jason Daoust - Montréal, le 12 juillet 2007  13 juillet 2007 
Lettre à Gilbert Rozon - Dans l'entrevue accordée à Fabien Deglise et publiée dans Le Devoir du 11 juillet, vous déplorez l'inertie du Québec à créer de la richesse. Vous accusez la population de conservatisme parce qu'elle ne descend pas dans la rue pour protester contre les organismes communautaires qui, avec tous les autres citoyens qui font de la politique au quotidien, seraient en train de nous mener à une faillite collective.

Vous avez peut-être parcouru le monde entier, mais lequel avez-vous vu? Votre contact avec la richesse du monde entier vous a-t-il fait oublier que seule une infime partie de la population possède et bénéficie de cette richesse? Les Québécois, selon les néo-libéraux, sont les habitants en Amérique du Nord qui paient le plus d'impôts; vous dites que

40 % de la population s'en sauve. Pourquoi parler seulement (et aussi facilement) de l'imposition des particuliers? Pourquoi ne pas parler des évasions fiscales légales des multinationales? Réponse: parce que les grosses business, elles, créent de la richesse.

Pour moi, une société est en crise lorsque les citoyens ont compris qu'ils n'ont plus de pouvoir, que leur vote ne change plus rien, qu'il y a un vide démocratique. L'engagement communautaire est justement une façon pour les citoyens de prendre part à la vie politique plus qu'une fois au quatre ans, alors que leurs voix sont souvent occultées par des battages médiatiques, phénomènes dont vous avez sûrement l'habitude. En plus, vous interprétez cette participation active à la vie en société en tant que nuisance au renouveau démocratique au Québec. On voit bien que, pour vous, la politique est le privilège d'une certaine classe de citoyens, d'une élite qui veut servir les autres élites. [...]

Avec un humour engagé comme vous le promettez, on peut espérer maintenant retrouver dans la programmation de votre festival un courant idéologique plutôt loin des préoccupations du travail d'Yvon Deschamps, sur lequel vous faites honteusement du «millage» politique.

Ha ha ha: grâce à vous, nous sommes encore une fois collectivement morts de rire.
 
 
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