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Retombées du Sommet de Montréal - Près de quatre millions sur cinq dépensés pour des études

Stéphane Baillargeon , François Cardinal   28 novembre 2002 
La quasi-totalité de l'enveloppe créée dans la foulée du Sommet de Montréal ira aux consultants et aux fonctionnaires dont le mandat est de mener des études de faisabilité. Les très nombreux projets promis devront donc attendre un prochain exercice financier avant de voir le jour. C'est ce qu'annoncera ce matin l'administration Tremblay-Zampino en déposant le budget 2003 de la Ville de Montréal.

Elle confirmera du coup qu'elle ne remplira que partiellement sa promesse d'augmenter le budget du Conseil des arts de Montréal.

Le mois dernier, la Ville indiquait qu'elle consacrerait une enveloppe de cinq millions de dollars pour «le lancement rapide d'une série de projets dans la foulée du Sommet de Montréal» de juin dernier. Or la Ville pourrait ne dépenser en 2003 qu'environ le quart de cette somme afin de «lancer» concrètement ces projets, soit un peu plus de un million. Les trois quarts de l'enveloppe seront en effet consacrés exclusivement au lancement d'études, aussi nombreuses que diverses.

En entrevue mardi, M. Zampino a refusé de confirmer ces chiffres. Par contre, il a reconnu que la majeure partie des cinq millions sera versée en études de préfaisabilité et de faisabilité. «C'est une amorce, a-t-il dit. Il y a beaucoup d'argent qui sera dépensé en études, mais ce sont ces dernières qui vont nous aider à déterminer si on va de l'avant ou non.»

Les projets visés par ce fonds sont multiples. Il est autant question de programmes (Solidarité 5000 logements, revitalisation des quartiers, programme communautaire en prévention, etc.) que de politiques (patrimoine, culture, sécurité civile, etc.) et de projets concrets (transformation en jardin du stationnement du Gesù, parachèvement de la ceinture cyclable de l'île, quartier des spectacles, etc.). Leur liste détaillée pourrait être dévoilée aujourd'hui.

«Au fur et à mesure que l'on a des projets priorisés par les chefs de délégation du sommet, a tenu à ajouter M. Zampino, on va pouvoir, dans la mesure où il s'agit d'un projet à valeur ajoutée, puiser des montants de l'enveloppe de 23,3 millions comprise dans le PTI [programme triennal d'immobilisations 2003-05].»

L'ennui avec ce fonds, c'est qu'il peut — et non doit — être utilisé pour faire suite au Sommet de Montréal. Le président du comité exécutif a en effet reconnu qu'il s'agit davantage d'un coussin pouvant être utilisé à diverses fins que d'un fonds dédié aux engagements du sommet. Rien dans le PTI n'est directement et exclusivement dédié à cette fin.

Conseil des arts

Par ailleurs, le budget du Conseil des arts de Montréal ne devrait pas être haussé à dix millions par ce premier budget, comme l'espérait le milieu culturel. L'administration Tremblay aurait plutôt l'intention de prendre les quatre années de son mandat pour respecter cette promesse électorale. La première hausse ferait passer de 8,7 millions à neuf millions l'enveloppe de l'organisme chargé de soutenir la création et la diffusion des arts sur l'île de Montréal.

L'Hôtel de Ville refusait cette semaine de confirmer ou d'infirmer ces informations. «L'engagement du maire Tremblay est d'investir dix millions annuellement, a dit Philippe Roy, porte-parole de la mairie. Il n'a jamais pris d'engagement pour la première année mais pour la durée de son premier mandat. On verra au budget combien l'organisme recevra.»

Les budgets de l'ancien Conseil des arts de la Communauté urbaine de Montréal (CACUM) ont stagné à 8,7 millions au cours des dix dernières années. À l'automne 2001, alors qu'il était candidat au poste de maire, Gérald Tremblay avait promis de faire gonfler l'enveloppe à dix millions, sans toutefois annoncer d'échéancier. La promesse a été réitérée au printemps dernier, pendant le Sommet de Montréal. Le milieu culturel pensait que la hausse se matérialiserait dès le premier budget.

Alertée par des rumeurs persistantes ces dernières semaines, la communauté artistique a tenté par divers moyens de faire pression sur les élus municipaux. Des membres en vue de Culture Montréal, un organisme indépendant, ont rencontré le maire Tremblay ou ses adjoints au cours des dernières semaines. Une manifestation réunissant une trentaine d'artistes a été organisée devant l'hôtel de ville lundi.

Taxe d'affaires

Enfin, selon certaines rumeurs, l'administration Tremblay pourrait également annoncer aujourd'hui le remplacement de la taxe d'affaires, d'eau et de services que doivent payer les locataires à Montréal par une taxe imposée directement aux propriétaires. Mais rien n'est moins certain puisque plusieurs scénarios étaient à l'étude ces dernières semaines.

Lorsque cette hypothèse a été évoquée, il y a quelques jours, M. Zampino a refusé de la confirmer, reconnaissant tout de même qu'elle était à l'étude parmi les outils fiscaux qui seront utilisés en 2003. «Il est normal, dans le cadre de la démarche de préparation du budget, que l'administration examine diverses hypothèses portant tout autant sur la façon de réduire les dépenses, de prélever les revenus, que d'harmoniser le système de taxation.»






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