Libre-opinion: Enfin, la fin de la campagne présidentielle française!
Il y a bientôt 250 ans, le Québec était envahi par la Grande-Bretagne. Colonisés politiquement, nous n’en avons pas moins fini par nous libérer de cette tutelle britannique, malgré la persistance creuse de certains symboles tels que la royauté. Colonisés économiquement par les Américains au début du XXe siècle, nous avons réussi à reprendre le contrôle d’une grande partie de nos moyens financiers, sans bien sûr pouvoir faire complètement abstraction de ce puissant voisin qui est le nôtre. Placés pendant quelques siècles sous la garde vigilante de Rome, nous nous sommes finalement affranchis de cette colonisation religieuse pour développer une spiritualité qui, sans renier nos racines, nous est maintenant propre.
Si, malgré les nombreux obstacles qui se dressaient devant nous, nous avons réussi à nous affirmer dans tous ces domaines, pourquoi demeurons-nous, encore aujourd’hui, colonisés culturellement et intellectuellement de manière aussi vivace par la France? J’en veux pour preuve le fait que depuis quelques semaines, sinon quelques mois, nous sommes submergés presque quotidiennement par des articles qui relatent en long et en large les derniers événements de la campagne électorale présidentielle, qui les décortiquent et les analysent en détail et en profondeur. Littéralement bombardé tous les jours, j’ai fini par en ressentir une étrange impression, celle d’un peuple colonisé culturellement et intellectuellement, qui ressent toutes les misères du monde à se détacher des modèles qu’il s’est lui-même imposés.
Bien sûr, la France a joué un rôle important dans notre histoire. Bien malgré elle, devrait-on ajouter. Oui, nous partageons les mêmes lointains ancêtres. Mais il y a longtemps que nous ne pouvons plus être définis simplement comme des «Français d’Amérique». Si les Français et les Québécois sont de la même famille, ils ne sont plus que de lointains cousins dont la longue séparation ne leur laisse en commun qu’une langue (et encore) et quelques souvenirs du «bon vieux temps» de Louis XIV…
Car malgré toute la sympathie que certains de ses habitants éprouvent à notre égard, la France n’a guère eu d’impact direct et volontaire sur notre développement depuis la Conquête. Il a fallu attendre le «Vive le Québec libre» du général de Gaulle en 1967, somme toute anecdotique d’un point de vue français, pour assister à une première réelle intervention française depuis l’envoi de Montcalm pour diriger glorieusement nos troupes sur les plaines d’Abraham. De manière générale, le principe de «non-ingérence, non-indifférence» illustre bien l’attitude de la France envers le Québec, à condition que l’on insiste plus sur la «non-ingérence» que sur la «non-indifférence».
Bien sûr, durant ces longues années sous domination britannique, nos élites se sont tournées vers ce qu’elles appelaient encore étrangement leur mère-patrie comme vers un phare culturel capable de leur apporter réconfort et espoir. Mais ce réconfort et cet espoir ne nous ont jamais été offerts spontanément: c’est nous qui allions les chercher, comme nous continuons à le faire aujourd’hui.
Pourquoi donc, après tout ce temps, s’intéresse-t-on toujours autant à la France, un pays qui, pour fascinant qu’il soit, n’en demeure pas moins un joueur de plus en plus marginal sur le grand échiquier mondial… Pourquoi nos correspondants journalistiques en Europe suivent-ils avec tant d’intérêt des événements français dont l’impact chez nous demeurera à peu près nul?
Pourquoi passer tout ce temps à disséquer les états d’âme de Nicolas Sarkozy ou de Ségolène Royal, alors qu’il serait autrement plus utile et pertinent de s’intéresser à de nombreux autres enjeux européens? Pourquoi passer presque sous silence le déroulement des élections écossaises? Il me semble que nous devrions être bien plus intéressés par les événements qui se déroulent dans ce petit pays conquis par les Anglais il y a quelques siècles et qui abrite maintenant un vif mouvement indépendantiste… Pourquoi ne suivons-nous pas plus attentivement les conflits linguistiques de la Belgique? Pourquoi ne nous initie-t-on pas aux problèmes qu’affrontent et surmontent les pays scandinaves, dont les mentalités et le modèle social semblent se rapprocher grandement de ce que nous avons développé au Québec?
Bref, malgré tout le respect et l’intérêt que je porte à la France, je demande à ce que les Québécois se libèrent enfin de leur attitude de colonisés volontaires! Sans mépris et avec réalisme, redonnons à ce pays la juste part d’attention qui devrait lui revenir. Et maintenant la campagne présidentielle terminée, passons donc à autre chose…
Si, malgré les nombreux obstacles qui se dressaient devant nous, nous avons réussi à nous affirmer dans tous ces domaines, pourquoi demeurons-nous, encore aujourd’hui, colonisés culturellement et intellectuellement de manière aussi vivace par la France? J’en veux pour preuve le fait que depuis quelques semaines, sinon quelques mois, nous sommes submergés presque quotidiennement par des articles qui relatent en long et en large les derniers événements de la campagne électorale présidentielle, qui les décortiquent et les analysent en détail et en profondeur. Littéralement bombardé tous les jours, j’ai fini par en ressentir une étrange impression, celle d’un peuple colonisé culturellement et intellectuellement, qui ressent toutes les misères du monde à se détacher des modèles qu’il s’est lui-même imposés.
Bien sûr, la France a joué un rôle important dans notre histoire. Bien malgré elle, devrait-on ajouter. Oui, nous partageons les mêmes lointains ancêtres. Mais il y a longtemps que nous ne pouvons plus être définis simplement comme des «Français d’Amérique». Si les Français et les Québécois sont de la même famille, ils ne sont plus que de lointains cousins dont la longue séparation ne leur laisse en commun qu’une langue (et encore) et quelques souvenirs du «bon vieux temps» de Louis XIV…
Car malgré toute la sympathie que certains de ses habitants éprouvent à notre égard, la France n’a guère eu d’impact direct et volontaire sur notre développement depuis la Conquête. Il a fallu attendre le «Vive le Québec libre» du général de Gaulle en 1967, somme toute anecdotique d’un point de vue français, pour assister à une première réelle intervention française depuis l’envoi de Montcalm pour diriger glorieusement nos troupes sur les plaines d’Abraham. De manière générale, le principe de «non-ingérence, non-indifférence» illustre bien l’attitude de la France envers le Québec, à condition que l’on insiste plus sur la «non-ingérence» que sur la «non-indifférence».
Bien sûr, durant ces longues années sous domination britannique, nos élites se sont tournées vers ce qu’elles appelaient encore étrangement leur mère-patrie comme vers un phare culturel capable de leur apporter réconfort et espoir. Mais ce réconfort et cet espoir ne nous ont jamais été offerts spontanément: c’est nous qui allions les chercher, comme nous continuons à le faire aujourd’hui.
Pourquoi donc, après tout ce temps, s’intéresse-t-on toujours autant à la France, un pays qui, pour fascinant qu’il soit, n’en demeure pas moins un joueur de plus en plus marginal sur le grand échiquier mondial… Pourquoi nos correspondants journalistiques en Europe suivent-ils avec tant d’intérêt des événements français dont l’impact chez nous demeurera à peu près nul?
Pourquoi passer tout ce temps à disséquer les états d’âme de Nicolas Sarkozy ou de Ségolène Royal, alors qu’il serait autrement plus utile et pertinent de s’intéresser à de nombreux autres enjeux européens? Pourquoi passer presque sous silence le déroulement des élections écossaises? Il me semble que nous devrions être bien plus intéressés par les événements qui se déroulent dans ce petit pays conquis par les Anglais il y a quelques siècles et qui abrite maintenant un vif mouvement indépendantiste… Pourquoi ne suivons-nous pas plus attentivement les conflits linguistiques de la Belgique? Pourquoi ne nous initie-t-on pas aux problèmes qu’affrontent et surmontent les pays scandinaves, dont les mentalités et le modèle social semblent se rapprocher grandement de ce que nous avons développé au Québec?
Bref, malgré tout le respect et l’intérêt que je porte à la France, je demande à ce que les Québécois se libèrent enfin de leur attitude de colonisés volontaires! Sans mépris et avec réalisme, redonnons à ce pays la juste part d’attention qui devrait lui revenir. Et maintenant la campagne présidentielle terminée, passons donc à autre chose…
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