La performance scolaire des garçons et des filles: les facteurs économiques
Gilles Grenier - Professeur de science économique à l'Université d'Ottawa
27 novembre 2002
On parle beaucoup, ces temps-ci, des difficultés des garçons à l'école. On s'inquiète de leurs taux d'échec et d'abandon élevés, de l'effort apparemment insuffisant qu'ils consacrent à leurs études et de leur sous-représentation aux niveaux d'éducation supérieurs. Les explications de ce phénomène sont nombreuses, et on a émis diverses hypothèses reliées à la psychologie et à l'environnement pédagogique.
Sans nier l'importance de ces éléments, je pense qu'il y a aussi des facteurs économiques rattachés au marché du travail qu'il ne faut pas négliger. C'est que l'avantage des filles en ce qui a trait à la poursuite des études est plus grand que celui des garçons. Évidemment, le décrochage scolaire n'est payant pour personne, mais le coût est plus élevé pour les femmes que pour les hommes. Un homme avec peu ou pas d'éducation peut s'en tirer assez bien, alors que c'est moins vrai dans le cas d'une femme.
À partir de données du recensement de 1996 pour des personnes du Québec travaillant à temps plein et âgées de 25 à 34 ans, le tableau 1 donne le salaire relatif moyen des femmes et des hommes ayant obtenu divers diplômes, exprimé en fonction du salaire d'une personne n'ayant aucun diplôme.
On voit que peu importe le diplôme, l'avantage salarial des femmes est toujours plus élevé que celui des hommes. Ainsi, les femmes qui ont un diplôme d'études secondaires gagnent 30 % de plus que celles qui n'ont pas de diplôme, alors que la différence n'est que 17 % pour les hommes. De même, les femmes avec un baccalauréat gagnent deux fois plus que celles qui ont abandonné l'école, alors que les hommes dans la même situation ne gagnent qu'environ les deux tiers de plus. On voit donc qu'il est plus rentable de continuer ses études pour les femmes que pour les hommes. Cela découle du fait que les garçons qui abandonnent leurs études peuvent obtenir des salaires avantageux.
La poursuite des études est aussi, pour les femmes, une façon de se soustraire de la discrimination salariale. Avec les mêmes données, le tableau 2 montre le rapport du salaire moyen des hommes et des femmes selon le niveau d'études.
Le salaire des hommes est plus élevé que celui des femmes dans tous les niveaux d'études (et ce, malgré les progrès accomplis par les femmes au cours des dernières décennies). Cependant, plus le niveau d'études augmente, plus l'écart se rétrécit. Ainsi, les hommes n'ayant aucun diplôme gagnent environ moitié plus que les femmes dans la même situation, alors que ceux qui ont un diplôme universitaire ne gagnent qu'entre le cinquième et le quart de plus.
On voit donc que des facteurs économiques peuvent expliquer les comportements différents des hommes et des femmes par rapport à la poursuite de leurs études. Plus le gain salarial est important, plus on a intérêt à continuer à étudier. Notons que des écarts salariaux de ce genre ont toujours existé, mais des barrières sociales rendaient difficile, par le passé, l'accès des femmes aux niveaux d'études avancés. Avec la disparition de ces barrières, les femmes peuvent maintenant profiter pleinement des avantages économiques de l'éducation.
Cette analyse suggère que parmi l'éventail de politiques pouvant être appliquées pour rendre les comportements des garçons et des filles plus similaires par rapport aux études, il faudrait inclure une augmentation des salaires des femmes dans des emplois exigeant peu d'études. La question de la performance scolaire relative des garçons et des filles est complexe, et plusieurs facteurs peuvent contribuer à son explication. Seule une analyse plus poussée permettra de départager les causes économiques des causes psychologiques et pédagogiques.
Sans nier l'importance de ces éléments, je pense qu'il y a aussi des facteurs économiques rattachés au marché du travail qu'il ne faut pas négliger. C'est que l'avantage des filles en ce qui a trait à la poursuite des études est plus grand que celui des garçons. Évidemment, le décrochage scolaire n'est payant pour personne, mais le coût est plus élevé pour les femmes que pour les hommes. Un homme avec peu ou pas d'éducation peut s'en tirer assez bien, alors que c'est moins vrai dans le cas d'une femme.
À partir de données du recensement de 1996 pour des personnes du Québec travaillant à temps plein et âgées de 25 à 34 ans, le tableau 1 donne le salaire relatif moyen des femmes et des hommes ayant obtenu divers diplômes, exprimé en fonction du salaire d'une personne n'ayant aucun diplôme.
On voit que peu importe le diplôme, l'avantage salarial des femmes est toujours plus élevé que celui des hommes. Ainsi, les femmes qui ont un diplôme d'études secondaires gagnent 30 % de plus que celles qui n'ont pas de diplôme, alors que la différence n'est que 17 % pour les hommes. De même, les femmes avec un baccalauréat gagnent deux fois plus que celles qui ont abandonné l'école, alors que les hommes dans la même situation ne gagnent qu'environ les deux tiers de plus. On voit donc qu'il est plus rentable de continuer ses études pour les femmes que pour les hommes. Cela découle du fait que les garçons qui abandonnent leurs études peuvent obtenir des salaires avantageux.
La poursuite des études est aussi, pour les femmes, une façon de se soustraire de la discrimination salariale. Avec les mêmes données, le tableau 2 montre le rapport du salaire moyen des hommes et des femmes selon le niveau d'études.
Le salaire des hommes est plus élevé que celui des femmes dans tous les niveaux d'études (et ce, malgré les progrès accomplis par les femmes au cours des dernières décennies). Cependant, plus le niveau d'études augmente, plus l'écart se rétrécit. Ainsi, les hommes n'ayant aucun diplôme gagnent environ moitié plus que les femmes dans la même situation, alors que ceux qui ont un diplôme universitaire ne gagnent qu'entre le cinquième et le quart de plus.
On voit donc que des facteurs économiques peuvent expliquer les comportements différents des hommes et des femmes par rapport à la poursuite de leurs études. Plus le gain salarial est important, plus on a intérêt à continuer à étudier. Notons que des écarts salariaux de ce genre ont toujours existé, mais des barrières sociales rendaient difficile, par le passé, l'accès des femmes aux niveaux d'études avancés. Avec la disparition de ces barrières, les femmes peuvent maintenant profiter pleinement des avantages économiques de l'éducation.
Cette analyse suggère que parmi l'éventail de politiques pouvant être appliquées pour rendre les comportements des garçons et des filles plus similaires par rapport aux études, il faudrait inclure une augmentation des salaires des femmes dans des emplois exigeant peu d'études. La question de la performance scolaire relative des garçons et des filles est complexe, et plusieurs facteurs peuvent contribuer à son explication. Seule une analyse plus poussée permettra de départager les causes économiques des causes psychologiques et pédagogiques.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

