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Pour l'avenir des universités, un budget décisif

Luc Vinet - Recteur de l'Université de Montréal  5 mai 2007 
Les défis que notre société doit surmonter sont nombreux et interreliés: faire face au vieillissement de la population et à l'augmentation de coûts en santé que cela engendre, redresser les finances de l'État, assurer le développement durable, revitaliser les régions, adapter notre économie à la mondialisation des marchés et aux réalités des économies émergentes, etc.

Par ailleurs, nous aspirons tous à faire du Québec une société à la fois juste, tolérante, ouverte, instruite, qui occupe une place de choix sur l'échiquier international grâce à la qualité de sa main-d'oeuvre et à l'adaptabilité de son économie. Ces objectifs ne pourront être atteints que si nous faisons collectivement le choix de la formation, de l'innovation et de la recherche, et à cet égard le succès passe de façon incontournable par nos universités.

Les chefs des trois principaux partis politiques s'entendent tous pour dire que l'éducation constitue le secteur clé quand il s'agit de relever ces défis qui interpellent la société québécoise. Il importe maintenant d'y consacrer les ressources et la détermination nécessaires. La situation présente est telle que, sans un coup de barre audacieux et transformateur dans le financement des universités, le Québec compromet son avenir, de plus en plus tributaire du savoir.

Un redressement s'impose

Il importe de rappeler que l'écart des revenus annuels entre les établissements du Québec et la moyenne de ceux des autres provinces canadiennes se chiffre à plus de 375 millions de dollars; c'est ce que révélait une étude conjointe du ministère de l'Éducation et de la CREPUQ en 2003 qui fait largement consensus. Pendant que le Québec sous-finance son réseau universitaire, les gouvernements des autres provinces investissent massivement dans les leurs. Ce qui fait que, chaque année qui passe, nous perdons du terrain. Cette situation ne peut plus durer.

À l'heure où les universités doivent penser et agir à la fois mondialement et localement, les institutions québécoises sont confrontées au manque de moyens matériels et de ressources humaines, à la détérioration inquiétante des infrastructures et des immeubles et à une paucité d'espaces.

Les conséquences du sous-financement se ressentent au quotidien et auront des répercussions à long terme. En ce qui concerne les effectifs, la différence de revenus entre le Québec et le reste du Canada se traduit par quelque 1500 professeurs en moins. Autre exemple, les bibliothèques manquent de ressources documentaires et humaines pour répondre aux besoins actuels et maintenir leur patrimoine.

Des solutions à notre portée et à celle du nouveau gouvernement!

Des sommes ont été prévues dans le récent budget du gouvernement fédéral sous la forme d'un rétablissement des paiements de transfert dévolus à l'éducation postsecondaire. Quelque 120 millions à compter de 2008 pour les universités québécoises.

Il convient de rappeler la nécessité, pour le gouvernement du Québec, d'assurer dès cette année un rehaussement du financement afin de combler l'écart qui sépare les universités québécoises de leurs homologues canadiennes pour ce qui est du budget de fonctionnement.

Ces réinvestissements, le gouvernement québécois a la marge de manoeuvre pour les réaliser, et nous croyons qu'ils sont absolument vitaux pour assurer la pérennité et l'excellence de nos universités. Nous l'exhortons donc à utiliser une partie du nouvel apport de péréquation pour soutenir ses universités.

Il est tout aussi nécessaire d'investir les sommes requises pour l'entretien trop longtemps différé et la mise à niveau des infrastructures universitaires.

Aujourd'hui, la leader étudiante et le recteur de l'Université de Montréal demandent d'une même voix au gouvernement de faire le choix du savoir et de l'innovation, de faire audacieusement et stratégiquement le choix des universités, bref de faire le choix de l'avenir.

Le prochain budget est le moment d'exprimer le leadership requis et d'offrir à la population un signal en résonance avec ses aspirations.
 
 
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