Lettres: L'UQAM n'est pas sortie du bois
Jacques Pelletier - Ancien président du Syndicat des professeurs de l'UQAM, Montréal, le 2 mai 2007
3 mai 2007
Lettre à Marie-Andrée Chouinard
J'ai lu les articles du Devoir et votre éditorial de [cette semaine] sur la crise à l'UQAM. Une chance que nous avons les journaux pour savoir un peu ce qui se trafique dans l'ombre et dans le silence dans cette institution.
Je crois toutefois que votre éditorial n'insiste pas suffisamment sur les données suivantes.
- La situation actuelle avait déjà été anticipée et critiquée très vivement dès l'année 2005-06 par le Syndicat des professeurs de l'UQAM (SPUQ), qui dénonçait la dérive immobilière de l'UQAM et en particulier le recours à la formule des PPP dans le projet de l'îlot Voyageur.
- Cette dérive avait été rendue possible par le style de direction qui existait à l'UQAM sous Roch Denis, où chaque membre de la direction avait son petit royaume, sa chasse gardée, et donnait toute latitude au recteur dans la gestion immobilière. Cette direction s'est réveillée lorsqu'elle s'est rendu compte que l'établissement courait vers la catastrophe et Roch Denis a été désigné comme bouc émissaire, la direction se refaisant ainsi une vertu sur son dos. Disons qu'elle aurait mieux fait de le contrôler bien plus tôt.
- Au moment de son entrée en fonction, cette direction avait promis la transparence la plus totale. Or elle impose le huis clos aux réunions du conseil d'administration, dépose des documents à la dernière minute (lorsqu'elle les dépose) et exige un silence total de ses participants sous prétexte que l'intérêt supérieur de l'UQAM l'exigerait, laissant ainsi libre cours à toutes les conjectures et ne tenant pas compte du caractère public de cette institution et de la nécessité d'y débattre démocratiquement des grands enjeux qui la traversent.
- Cette direction nie ainsi dans la pratique ce qu'elle proclame de manière ostentatoire dans les discours à propos de l'importance de l'esprit critique, vertu guère encouragée dans l'établissement et qu'on est prié de pratiquer ailleurs. [...] Cette université manque d'esprits rebelles déterminés à en faire une critique radicale qui puisse transformer cette culture du consensus et du consentement et favoriser véritablement un débat démocratique et public vigoureux.
Pour toutes ces raisons, je crois bien que l'UQAM n'est pas sortie du bois.
J'ai lu les articles du Devoir et votre éditorial de [cette semaine] sur la crise à l'UQAM. Une chance que nous avons les journaux pour savoir un peu ce qui se trafique dans l'ombre et dans le silence dans cette institution.
Je crois toutefois que votre éditorial n'insiste pas suffisamment sur les données suivantes.
- La situation actuelle avait déjà été anticipée et critiquée très vivement dès l'année 2005-06 par le Syndicat des professeurs de l'UQAM (SPUQ), qui dénonçait la dérive immobilière de l'UQAM et en particulier le recours à la formule des PPP dans le projet de l'îlot Voyageur.
- Cette dérive avait été rendue possible par le style de direction qui existait à l'UQAM sous Roch Denis, où chaque membre de la direction avait son petit royaume, sa chasse gardée, et donnait toute latitude au recteur dans la gestion immobilière. Cette direction s'est réveillée lorsqu'elle s'est rendu compte que l'établissement courait vers la catastrophe et Roch Denis a été désigné comme bouc émissaire, la direction se refaisant ainsi une vertu sur son dos. Disons qu'elle aurait mieux fait de le contrôler bien plus tôt.
- Au moment de son entrée en fonction, cette direction avait promis la transparence la plus totale. Or elle impose le huis clos aux réunions du conseil d'administration, dépose des documents à la dernière minute (lorsqu'elle les dépose) et exige un silence total de ses participants sous prétexte que l'intérêt supérieur de l'UQAM l'exigerait, laissant ainsi libre cours à toutes les conjectures et ne tenant pas compte du caractère public de cette institution et de la nécessité d'y débattre démocratiquement des grands enjeux qui la traversent.
- Cette direction nie ainsi dans la pratique ce qu'elle proclame de manière ostentatoire dans les discours à propos de l'importance de l'esprit critique, vertu guère encouragée dans l'établissement et qu'on est prié de pratiquer ailleurs. [...] Cette université manque d'esprits rebelles déterminés à en faire une critique radicale qui puisse transformer cette culture du consensus et du consentement et favoriser véritablement un débat démocratique et public vigoureux.
Pour toutes ces raisons, je crois bien que l'UQAM n'est pas sortie du bois.
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