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Les médecins manquants

Jean-Robert Sansfaçon   3 mai 2007 
Aux dernières nouvelles, il y aurait quelque 170 médecins formés à l'extérieur du Québec en attente d'une place en résidence dans nos hôpitaux. Malgré le fait qu'au moins 87 étudiants formés dans nos facultés de médecine aient choisi d'aller faire leur résidence à l'extérieur du Québec, libérant ainsi des places, les médecins étrangers ne parviennent pas à se faire admettre dans les facultés pour accéder aux hôpitaux. Du moins pas tous, faut-il préciser, puisque 58 aspirants ont été acceptés cette année, selon les données fournies par les universités.

Entendons-nous: toutes les facultés de médecine du monde n'offrent pas une formation équivalente, tant s'en faut. Il est donc fort probable qu'un certain nombre d'aspirants médecins n'aient pas les compétences requises pour être admis en résidence. Pourtant, des témoignages entendus au cours des derniers jours tendent à démontrer que certains sont refusés malgré le fait qu'ils aient franchi les étapes qui mènent à la résidence.

Qui dit vrai? On ne sait trop qui, des facultés, des hôpitaux ou du Collège des médecins, est responsable de cette situation, chacun relançant la balle à son voisin. Impossible donc de répondre sans faire de démagogie. D'où l'urgence d'améliorer la concertation entre les intervenants, une tâche qui revient au ministre de la Santé. Car s'il y a parmi nous une centaine de médecins déjà formés et compétents à qui on refuse le diplôme par résistance corporatiste ou par simple blocage bureaucratique, il faut agir.

Cela étant, un problème plus préoccupant est celui de ces dizaines de jeunes diplômés qui, année après année, choisissent l'étranger pour faire leur résidence. Le phénomène n'est pas nouveau mais son ampleur est croissante, au point où les universités ont décidé de se pencher sur la question.

Poursuivre ses études à l'étranger est une excellente façon d'acquérir des connaissances supplémentaires tout en s'ouvrant à une réalité différente. Mais dans le cas de la médecine et d'autres professions scientifiques, le risque est élevé que ces jeunes ne reviennent pas pratiquer au Québec.

Mardi, le président de la Fédération des médecins spécialistes, le Dr Gaétan Barrette, n'a pas hésité à faire le lien entre la rémunération, les conditions de pratique et le départ de ces jeunes. Il est évidemment trop tôt pour conclure de façon aussi catégorique, un grand nombre de jeunes de toutes les disciplines universitaires étant attirés par des études à l'étranger. Mais le fait est qu'un écart considérable existe entre la rémunération de nos médecins et celle de leurs homologues du reste du continent. Sans parler des conditions de pratique, très souvent plus intéressantes ailleurs.

Malgré l'augmentation récente du nombre d'admissions dans les facultés, la pénurie de médecins est bien réelle et durera encore plusieurs années, ne serait-ce qu'à cause des départs prochains à la retraite. Nos universités sont en mesure de former plus de médecins, encore faut-il que ceux-ci soient incités à pratiquer chez nous. Car ce ne sont pas les quelques dizaines de médecins formés à l'étranger, en attente d'une place en résidence, qui sont la solution à ce problème.

j-rsansfacon@ledevoir.com
 
 
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  • Jean-Pierre Lusignan - Abonné
    3 mai 2007 04 h 38
    Médecins, infirmières, infirmiers et travailleurs de la santé provenant de pays dits en voie de développement économique
    Rimouski, ce 3 mai 2007,

    Dans le cas de médecins, infirmières, infirmiers et travailleurs de la santé provenant de pays dits en voie de développement économique, nous pourrions peut-être nous poser la question suivante: comment se fait-il qu'ils quittent probablement un pays qui, aux dires de l'O.M.S., a probablement beaucoup plus besoin d'eux que le nôtre pour rencontrer des besoins de santé priorisés par sa population ou encore par ses dirigeants? Je ne dis pas qu'il faille automatiquement les empêcher d'agir ainsi, mais les soins de santé ne sont pas, à mon avis, un bien de consommation comme les autres, c'est-à-dire laissable aux seules lois nationales et internationales de l'offre et de la demande: "déshabiller le pauvre pour mieux vêtir le riche d'ici et d'ailleurs" n'est peut-être pas moralement bien.

    Par ailleurs, j'ai lu que certains pays dits en voie de développement, par exemple les Philippines, forment un très grand nombre d'infirmières ou d'infirmiers, beaucoup plus qu'ils en ont besoin localement, à seule fin de satisfaire les besoins provenant de l'étranger, par exemple de la Grande-Bretagne.Ils exportent donc de la main-d'oeuvre hautement qualifiée et compétitive. Dans ce cas-ci, ces infirmières ou infirmiers comblent non seulement les besoins en santé de populations marginalisées en Grande-Bretagne, mais ils réduisent aussi le "phénomène de rareté de la main-d'oeuvre qualifiée" à la source de l'octroi de privilèges aux médecins britanniques. De plus et surtout, ils envoient des sommes d'argent énormes aux pays dont ils sont originaires, contribuant ainsi massivement à réduire la pauvreté.

    La situation est donc à la fois complexe et compliquée, autant ici qu'ailleurs. Il s'agit simplement de se donner les bons critères et de les faire appliquer au profit des populations concernées, ici et ailleurs. J'espère que le Gouvernement du Québec s'attachera à le faire.
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  • Zach Gebello - Inscrit
    3 mai 2007 06 h 45
    La tête dans le sable.
    M. Sansfaçon,

    Sur ces 87 étudiants "Québécois" qui sont partis, 43 sont anglophones et 50 sont de l'université anglaise, McGill.

    Seulement 37 de ces 87 étudiants proviennent des universités francophones du Québec qui forment 70% des médecins!

    Bien que McGill (subventionnée à 40% par Québec) forme 30% de médecins du Québec, il n'y a que 5% de médecins anglophones au Québec.

    Universités francophones du Québec 70% de formation = 30% des pertes.

    Universités anglophones du Québec 30% de formation = 60% des pertes.

    Pas besoin d'être Einstein.
    Nos universités doivent êtres francophones dans un Québec français. C'est une question de cohésion et d'attachement culturel. Un question nationale. Identitaire.

    De respect de soi.
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  • Zach Gebello - Inscrit
    3 mai 2007 07 h 01
    Respect de soi
    On va continuer de former d'excellents médecins anglophones pour les hôpitaux d'Ontario et États-Unis et pour compenser cette perte on va prendre des médecins formés au tiers-monde pour soigner les Québécois?!
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  • lherbier christophe - Inscrit
    3 mai 2007 08 h 42
    un poste à pourvoir?
    je suis médecin français
    vous m'acceptez au Québec??
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  • Normand Chaput - Abonné
    3 mai 2007 08 h 50
    un probleme cree de toutes pieces
    c est pas magique la medecine ca s apprend comme la navigation ou la plomberie. Mais tout le monde sait que si on en forme trop, la valeur de chaqu un va baisser
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  • emeri - Abonné
    3 mai 2007 10 h 51
    Ils leurs faut connaître le français
    Évidemment, je ne me prononcerez pas sur le fond du litige.
    A savoir: sont-ils, oui ou non compétents?

    Si oui, ils leurs faut absolument connaître le français aussi
    bien que le français du Québec. Une mauvaise expérience, il
    y a quelques années, a failli virer au drame simplement
    parce que le médecin ne m'avait pas compris. Et pourtant,
    je cause un français correct.
    Il faudra donc, que le roi Couillard mettre le poing sur la table et introduire ces médecins dans giron du «sacré collège». Surtout que certains de nos bons québécois nous faussent compagnie pour s'exiler aux USA et même en Ontario.
    Celle-là elle me turlupine, surtout que ce sont les deniers
    des Québécois qui leurs ont permis d'accéder à la résidence.
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  • Bruno Giroux - Abonné
    3 mai 2007 11 h 30
    Qui gouverne le Québec ?
    L'impossibilité pour des médecins formés à l'étranger d'accéder au Québec à la pratique de la médecine lève le voile sur de graves lacunes de notre système d'éducation universitaire (et collégiale dans certains cas).

    D'une part, les universités ont beaucoup trop de pouvoirs. J'accepte le fait que l'aspect pédagogique de la gestion des universités doit être dépourvue d'ingérence politique mais je n'accepte pas qu'elles aient le pouvoir d'accepter qui elles veulent dans leurs institutions financées presque à 100 % par les impôts des citoyens pas plus qu'elles ne devraient avoir le pouvoir de dépenser sans droit de regard du gouvernement. Cela donne les aberrations que l'on voit dans le cas de la formation des médecins et dans les travaux immobiliers auxqueles est associée l'UQAM mais il y en d'autres moins plubicisées. Il s'agit des facultés, des écoles, où l'on accepte un très grande nombre d'étudiants tout en sachant bien que ces derniers ne trouveront pas de travail à la fin de leurs études : ils sont acceptés parce qu'il ne coûtent pas cher à former mais qu'ils rapportent gros en « subventions » du gouvernement. Même si la situation, aberrante, est connue, le gouvernement ne fait rien.

    Le fait que des étudiants en médecine, une fois gradués, quittent le Québec, pourrait en partie être solutionné si l'on voulait agir. D'une part, les frais de scolarité en médecine devraient mieux correspondre à ce qu'il en coûte pour former un médecin; d'aupres part, des mécanismes devraient mis en placer pour obtenir de la part des gradués le remboursement du coût de leur formation s'ils ne pratiquent pas au Québec pendant un certain nombre d'années.

    Si nous avions des élus avec des couilles, ce serait l'opposition qui devrait présenter un projet de loi pour régler en partie ces problèmes si le gouvernement n'ose pas le faire.
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  • Michel Rheault - Inscrit
    3 mai 2007 13 h 09
    Médecine ou sciences comptables?
    Depuis des années qu'on maintiend à chaud les savantes commissions pluridisciplinaires et multifactorielles sur: " La gestion comparée de la santé au Québec ", la majeure partie du discours concerne les $$$$, le beton,les menaces de réduire les services, déjà insuffisants, etc...

    Pour entendre parler de la maladie, des mlades eux-mêmes, il faut s'asseoir devant sa T.V. et visionner les 4 ou 5 téléthons qu'on nous concocte, avec tous leurs fla, fla, une fois l'an.

    Ce ne sont plus les médecins qui pratiquent la médecine, mais bien les fonctionnaires de tout acabit qui dictent ce que les praticiens peuvent et doivent prescrire et appliquer dans leurs acter médicales.

    Depuis quand les gestionnaires et administrateurs d'hopitaux ou de cliniques médicales recoivent-ils une formation qui les rend compétents à prendre des décisions qui relèvent d'une longue préparation à la dispensation des soins de santé?

    Nos ancêtres décédaient plus jeunes, j'en conviens, parce qu'on ne s'acharnait pas à les inscrire sur des listes d'attente de 5 ans, les laissant vieillir et dégénérer jusqu'à ce que leur état ne soit plus récupérable, ne fut-ce qu'un temps, avec une qualité de vie quasi nulle!

    Vive les progrès de la science qui ne rapportent pratiquement qu'à l'économie...si peu, ou même pas, à l'humain!!!


    des soins de santé?
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  • camelot - Inscrit
    3 mai 2007 13 h 22
    Attention DANGER
    Il est naïf de croire que le premier médecin arrivé de l'étranger possède les compétences pour travailler au Québec. Trop possèdent des priorités et des valeurs opposées aux nôtres. Leurs traditions et leur culture ne peut satisfaire les québécois en besoin de santé. Plusieurs de mes proches ont étés soignés par des nouveaux arrivants avec des résultats catastrophiques. Bien sûr, les directeurs d'hôpitaux relativisent ces erreurs : les comités de surveillance sont composés eux aussi d'émigrés. Quelques-unes des erreurs qu'ils ont commises ? Ne pas avoir soigné une malade pendant dix jours, sans qu'elle dorme mange ou se lave dans des douleurs atroces. Un anesthésiste qui "oublie" une intervention pour se rendre à la fête de son enfant. De jeunes infirmières totalement incompétentes : elles posent des questions idiotes du genre "comment peux-t-on aider le patient" pendant que celui-ci attend son anti-douleur depuis plus d'une heure.Et j'en passe. et j'en passe.

    Jean-Marie Francoeur,
    Montréal
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  • Hélène Tremblay - Abonnée
    3 mai 2007 13 h 53
    Contrer les défections
    J'abonde dans le sens de M. Giroux. Il est grand temps d'agir et de mettre en place des mécanismes qui dissuaderont les jeunes médecins de déserter le Québec après que nous les avons formés à grands frais.

    J'irais même plus loin en exigeant d'eux qu'ils fournissent un nombre minimum d'années de service. L'accès aux écoles de médecine, comme chacun sait, est des plus contingentés. Je trouve proprement scandaleux, surtout dans la situation de pénurie actuelle, que ces jeunes puissent prendre la place d'autres étudiants qui eux seraient bien prêts à servir les gens d'ici. Réagissons!

    Hélène Tremblay
    Sherbrooke
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  • Michel Rheault - Inscrit
    3 mai 2007 14 h 04
    Sommes-nous accueillants?
    Discrimination tacite, sélection implicitement biaisée, préjugés plus ou moins avoués, autant de facteurs qui influencent le jugement favorable ou non pour un nouvel arrivant qui sollicite un emploi dans le domaine des soins mécicaux au Québec, n'ayant pas acquis sa compétence ici.
    Jugerions-nous l'expérience acquise ailleurs, non valable?


    Pourquoi pas la chance égale à tous (toutes) ?
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  • Claude L'Heureux - Abonné
    3 mai 2007 21 h 42
    Deux CHUM tralalère!
    J'abonde dans le sens de ceux qui s'interrogent sur la fuite des diplômés anglophones et m'interroge sur le silence à propos du 2e CHUM. Alors, monsieur Sansfaçon, vous en parlerez la prochaine fois? Qu'en est-il de ce 2e CHUM, sa taille correspond-elle à la proportion d'anglophones au Québec?
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  • Roland Berger - Abonné
    3 mai 2007 23 h 16
    Le syndrome du triangle
    La question de l'accès des médecins étrangers à la pratique dans les hôpitaux québécois ne se réglera qu'au moment où le gouvernement mettra ses culottes. La liberté académique des universités et l'influence exagérée du Collège des médecins doivent être contrôlées. Les services de santé à la population doivent primer.
    Roland Berger
    London, Ontario
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  • Ken Denton - Inscrit
    4 mai 2007 02 h 56
    comment abandonner son élite médicale
    j'ai bien apprécié votre article aujourd'hui sur les médecins manquants. Vous avez parlé des médecins étrangers qui attendent une formation ici pour pouvoir pratiquer, et les médecins québécois qui ont choisi de s'expatrier. Il y a une autre catégorie de médecins que vous avez oublié, les médecins Québécois formés au Québec qui à cause d'un blocage bureaucratique ont été forcés de quitter le Québec pour poursuivre leur carrière médicale à l'étranger, malgré un désir de rester au Québec.

    Je connais personellement un médecin québécois francophone, qui après avoir fait sa formation médicale au Québec, s'est vu offrir la bourse de recherche médicale la plus prestigieuse au pays pour aller faire un PhD aus Etats-Unis avec des gens très réputés, incluant un lauréat Nobel. Lors de son retour au Québec après son PhD pour compléter sa résidence médicale, on l'a considéré inéligible à l'accès au système médical post-gradué Canadien à cause de nouvelles restrictions gouvernementales. Après un cauchemard bureaucratique ayant duré deux années, pendant laquelle il a du abandonner complètement sa carrière médicale, il a pu obtenir une carte verte pour émigrer aux Etats-Unis pour y compléter sa formation post-graduée médicale et y poursuivre sa carrière. Il travaille maintenant dans un centre académique americain prestigieux, et est supporté par des millions de dollars du NIH.

    Forcer notre élite médicale à quitter le pays à cause de blocage bureaucratique est inacceptable et complètement absurde.

    Ken
    Californie
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