Conflit à Radio-Canada - "My husband is tough!"
Réplique à Michèle Fortin et à Sylvain Lafrance, vice-présidents à la radio et à la télévision de Radio-Canada.
Signature collective - membres du comité de direction du Syndicat des communications de Radio-Canada
7 avril 2010 09h37
My husband is tough! He won't give up!" "Your negociators from CSN don't tell you the truth!" "It's a strike!"
En quelques phrases lapidaires, l'épouse de notre président-directeur général Robert Rabinovitch a résumé, au cours d'une conversation avec quelques collègues syndiquées, le discours véhiculé par les gestionnaire de Radio-Canada depuis le début de la mise sous cadenas des 1400 employés membres de notre syndicat.
Nous serions "en grève" parce que mal informés, pire, manipulés par la CSN. Discours mis au point et véhiculé depuis le jour 1 du lock-out, discours que le conseil d'administration de CBC-Radio-Canada semble appuyer, discours que le directeur des programmes, Daniel Gourd, a aussi tenu devant des députés du Parti libéral à Ottawa, bref, discours déculpabilisant pour une société publique en quelque sorte kidnappée par des gestionnaires qui ont apparemment décidé de mettre au pas des employés trop exigeants. Et M. Rabinovitch est un dur, son épouse nous le confirme, il ne lâchera pas le morceau.
Comment laisser passer ces affirmations gratuites? Manipulés par la CSN, les professionnels de l'information de Radio-Canada? C'est faire insulte à leur intelligence, à leur esprit critique, à leur sens de l'analyse, que Radio-Canada vante pourtant à grand renfort de publicité quand vient le temps de lancer sa programmation saisonnière. C'est ignorer un vote démocratique de 90 % des syndiqués pour soutenir les demandes présentées à la table de négociations [...].
Qui manipule la vérité? Qui manipule le public? Des demandes d'augmentations salariales de 25 %, affirment les vice-présidents radio et télé dans une lettre publiée dans ces pages. Un: les questions salariales n'ont pas encore été abordées à la table de négociations après six semaines de lock-out et les syndiqués ont fait savoir depuis longtemps que les demandes d'augmentations de salaire sont liées à l'ensemble des clauses négociées, donc négociables. Deux: les employés ont fait plus que leur part pendant les années de compressions: mises à pied, mises à la retraite massives, gels des salaires, fermeture des stations régionales. Trois: au cours des trois dernières années, le budget institutionnel de CBC-Radio-Canada est passé de 795 à 916 millions de dollars. Ajoutez à cela 51 millions de dollars en financement du Fonds canadien de la télévision pour la production privée, près de 300 millions de dollars en revenus publicitaires... Où vont tous ces dollars? Notamment dans les bâtisses, dont le nouveau Centre d'information de Montréal [...]. Par ailleurs, n'y a-t-il pas toujours des centaines de milliers de dollars en réserve pour arracher à la concurrence des "vedettes" dont les performances dépendront bien souvent de la qualité des équipes qui les encadrent, équipes précaires et sous-payées pour cause de compressions?
Autres faussetés: 141 demandes syndicales. La vérité: dix points en négociations, comme l'ont décidé plus de 90 % des syndiqués réunis en assemblée générale le 26 mars dernier. "Permanence de tous les contractuels"? Faux: nous demandons de réduire de façon raisonnable une masse de précaires représentant 50 % de nos syndiqués, dont certains sont à l'emploi de Radio-Canada depuis plus d'une décennie. Radio-Canada réclame une "souplesse de gestion [...] parce que ses budgets sont reliés à des projets qui ont un début et une fin dans le temps". Or, sur 291 contractuels de plus de 13 semaines, un très petit nombre est relié à des émissions limitées dans le temps, comme le dit la SRC... Les autres, la très grande majorité, oeuvrent dans des secteurs qui ne sont pas soumis aux "fluctuations liées à des projets dont la durée est limitée dans le temps".
Il y a les demi-vérités, les faussetés mais surtout les omissions dans cette lettre de nos vice-présidents. Il y a ce sondage exigé par le Vérificateur général du Canada auprès des employés de la CBC-Radio-Canada. Plus de 5000 "sondés" et des taux d'insatisfaction du personnel à tous égards tellement désastreux pour les patrons de Radio-Canada que les résultats n'ont jamais pu être obtenus par nos syndicats. [...]
Conflit de société aussi en ce qu'un public majoritairement francophone est privé depuis six semaines d'une programmation pour laquelle il paie et dont le public anglophone des autres provinces continue de profiter. [...] Deux solitudes! Deux sensibilités! Cecil Rabinovitch a raison. Her husband is tough! Et la langue employée pour répondre à nos collègues est elle aussi révélatrice.
Michel Couturier, président; Célestin Hubert, secrétaire général; Sylvain Racette, trésorier; les directrices Cécile Larouche (Québec) et Hélène Branch (Moncton), membres du comité de direction du Syndicat des communications de Radio-Canada
En quelques phrases lapidaires, l'épouse de notre président-directeur général Robert Rabinovitch a résumé, au cours d'une conversation avec quelques collègues syndiquées, le discours véhiculé par les gestionnaire de Radio-Canada depuis le début de la mise sous cadenas des 1400 employés membres de notre syndicat.
Nous serions "en grève" parce que mal informés, pire, manipulés par la CSN. Discours mis au point et véhiculé depuis le jour 1 du lock-out, discours que le conseil d'administration de CBC-Radio-Canada semble appuyer, discours que le directeur des programmes, Daniel Gourd, a aussi tenu devant des députés du Parti libéral à Ottawa, bref, discours déculpabilisant pour une société publique en quelque sorte kidnappée par des gestionnaires qui ont apparemment décidé de mettre au pas des employés trop exigeants. Et M. Rabinovitch est un dur, son épouse nous le confirme, il ne lâchera pas le morceau.
Comment laisser passer ces affirmations gratuites? Manipulés par la CSN, les professionnels de l'information de Radio-Canada? C'est faire insulte à leur intelligence, à leur esprit critique, à leur sens de l'analyse, que Radio-Canada vante pourtant à grand renfort de publicité quand vient le temps de lancer sa programmation saisonnière. C'est ignorer un vote démocratique de 90 % des syndiqués pour soutenir les demandes présentées à la table de négociations [...].
Qui manipule la vérité? Qui manipule le public? Des demandes d'augmentations salariales de 25 %, affirment les vice-présidents radio et télé dans une lettre publiée dans ces pages. Un: les questions salariales n'ont pas encore été abordées à la table de négociations après six semaines de lock-out et les syndiqués ont fait savoir depuis longtemps que les demandes d'augmentations de salaire sont liées à l'ensemble des clauses négociées, donc négociables. Deux: les employés ont fait plus que leur part pendant les années de compressions: mises à pied, mises à la retraite massives, gels des salaires, fermeture des stations régionales. Trois: au cours des trois dernières années, le budget institutionnel de CBC-Radio-Canada est passé de 795 à 916 millions de dollars. Ajoutez à cela 51 millions de dollars en financement du Fonds canadien de la télévision pour la production privée, près de 300 millions de dollars en revenus publicitaires... Où vont tous ces dollars? Notamment dans les bâtisses, dont le nouveau Centre d'information de Montréal [...]. Par ailleurs, n'y a-t-il pas toujours des centaines de milliers de dollars en réserve pour arracher à la concurrence des "vedettes" dont les performances dépendront bien souvent de la qualité des équipes qui les encadrent, équipes précaires et sous-payées pour cause de compressions?
Autres faussetés: 141 demandes syndicales. La vérité: dix points en négociations, comme l'ont décidé plus de 90 % des syndiqués réunis en assemblée générale le 26 mars dernier. "Permanence de tous les contractuels"? Faux: nous demandons de réduire de façon raisonnable une masse de précaires représentant 50 % de nos syndiqués, dont certains sont à l'emploi de Radio-Canada depuis plus d'une décennie. Radio-Canada réclame une "souplesse de gestion [...] parce que ses budgets sont reliés à des projets qui ont un début et une fin dans le temps". Or, sur 291 contractuels de plus de 13 semaines, un très petit nombre est relié à des émissions limitées dans le temps, comme le dit la SRC... Les autres, la très grande majorité, oeuvrent dans des secteurs qui ne sont pas soumis aux "fluctuations liées à des projets dont la durée est limitée dans le temps".
Il y a les demi-vérités, les faussetés mais surtout les omissions dans cette lettre de nos vice-présidents. Il y a ce sondage exigé par le Vérificateur général du Canada auprès des employés de la CBC-Radio-Canada. Plus de 5000 "sondés" et des taux d'insatisfaction du personnel à tous égards tellement désastreux pour les patrons de Radio-Canada que les résultats n'ont jamais pu être obtenus par nos syndicats. [...]
Conflit de société aussi en ce qu'un public majoritairement francophone est privé depuis six semaines d'une programmation pour laquelle il paie et dont le public anglophone des autres provinces continue de profiter. [...] Deux solitudes! Deux sensibilités! Cecil Rabinovitch a raison. Her husband is tough! Et la langue employée pour répondre à nos collègues est elle aussi révélatrice.
Michel Couturier, président; Célestin Hubert, secrétaire général; Sylvain Racette, trésorier; les directrices Cécile Larouche (Québec) et Hélène Branch (Moncton), membres du comité de direction du Syndicat des communications de Radio-Canada
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