Lettres: Construire un égrégore de beauté
Jean-Paul Michon - Architecte français Le 24 avril 2007
27 avril 2007
Aujourd'hui, quelques professionnels et urbanistes, dont les membres de la chaire UNESCO de l'Université de Montréal, ont choisi de tirer la sonnette d'alarme à propos de l'architecture du paysage urbain de nos banlieues. L'architecture est avant tout un art visuel tandis que l'urbanisme serait plutôt scientifique et rationnel. Il faut donc que les urbanistes aient une double formation pour imposer un changement de culture à nos municipalités.
Il faut sortir du «chacun pour soi» afin d'imposer un urbanisme basé sur un grand sens de l'esthétique. Un changement de mentalité s'impose comme dans le cas du protocole de Kyoto. Les individus qui ont construit les grandes banlieues n'ont pas été guidés par un urbanisme très poussé. Cette mentalité du laisser-faire, très répandue en Amérique du Nord, est loin d'être spirituelle. C'est donc avant tout la culture du moi qu'il faut changer. Le résultat du laisser-faire actuel est une cacophonie d'enseignes toutes plus grosses et plus laides les unes que les autres.
Les grandes artères de nos banlieues doivent avant tout être traitées sur le plan visuel en construisant des élévations graphiques représentant un état des lieux de la situation actuelle. Une politique globale pourra alors être mise en place. Des interventions dans trois grands domaines devront être réalisées. Dans un premier temps, tout ce qui touche le domaine public, le réseau d'Hydro-Québec, le mobilier urbain, l'urbanisme de la voirie, l'éclairage public et les plantations, peut être amélioré sans que cela pose problème à qui que ce soit. Il faut ensuite mettre en place une politique globale sur les enseignes en changeant les habitudes de façon radicale. En dernier lieu, il faut encourager des interventions sur l'architecture des édifices. Là encore, la culture architecturale doit changer. Les municipalités devront savoir imposer des matériaux nobles, des couleurs moins criardes et, surtout, une volumétrie plus humaine.
Le temps est venu où les municipalités devront parler plus fort que les intérêts privés. Les objectifs sont énormes et difficiles à réaliser. C'est pour cela que je parle d'égrégore de beauté, car cela ne peut pas se réaliser sans une volonté forte de chacun des intervenants, contrairement à ce qui s'est fait jusqu'à aujourd'hui.
Le gouvernement provincial devrait créer une commission d'urbanisation de ces grandes artères avec un droit de veto sur tout ce qui se construit, comme cela existe dans d'autres pays, sans quoi rien ne changera.
Il faut sortir du «chacun pour soi» afin d'imposer un urbanisme basé sur un grand sens de l'esthétique. Un changement de mentalité s'impose comme dans le cas du protocole de Kyoto. Les individus qui ont construit les grandes banlieues n'ont pas été guidés par un urbanisme très poussé. Cette mentalité du laisser-faire, très répandue en Amérique du Nord, est loin d'être spirituelle. C'est donc avant tout la culture du moi qu'il faut changer. Le résultat du laisser-faire actuel est une cacophonie d'enseignes toutes plus grosses et plus laides les unes que les autres.
Les grandes artères de nos banlieues doivent avant tout être traitées sur le plan visuel en construisant des élévations graphiques représentant un état des lieux de la situation actuelle. Une politique globale pourra alors être mise en place. Des interventions dans trois grands domaines devront être réalisées. Dans un premier temps, tout ce qui touche le domaine public, le réseau d'Hydro-Québec, le mobilier urbain, l'urbanisme de la voirie, l'éclairage public et les plantations, peut être amélioré sans que cela pose problème à qui que ce soit. Il faut ensuite mettre en place une politique globale sur les enseignes en changeant les habitudes de façon radicale. En dernier lieu, il faut encourager des interventions sur l'architecture des édifices. Là encore, la culture architecturale doit changer. Les municipalités devront savoir imposer des matériaux nobles, des couleurs moins criardes et, surtout, une volumétrie plus humaine.
Le temps est venu où les municipalités devront parler plus fort que les intérêts privés. Les objectifs sont énormes et difficiles à réaliser. C'est pour cela que je parle d'égrégore de beauté, car cela ne peut pas se réaliser sans une volonté forte de chacun des intervenants, contrairement à ce qui s'est fait jusqu'à aujourd'hui.
Le gouvernement provincial devrait créer une commission d'urbanisation de ces grandes artères avec un droit de veto sur tout ce qui se construit, comme cela existe dans d'autres pays, sans quoi rien ne changera.
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