Lettres: Indigne d'une société évoluée
Nicolas Lefebvre Legault - Québec, le 19 avril 2007
20 avril 2007
Depuis deux jours, Le Devoir lève le voile sur une partie du scandale de l'aide sociale. Des gens qui reçoivent un coup de main régulier de proches ou d'amis, même si c'est en nature, se font couper leurs chèques. L'État tolère la charité institutionnalisée mais pas la solidarité bêtement humaine, celle des amis ou de la famille. «Impossible d'avoir une solidarité sociale dans la dignité», en a conclu le Front commun des personnes assistées sociales.
Je dirai qu'il n'y a pas de dignité possible à l'aide sociale. Le scandale que dénonce Le Devoir n'est que la pointe de l'iceberg. Il y a aussi les mères monoparentales qui se font couper leur pension alimentaire, ceux qui partagent un logement avec de la parenté et dont on met fin aux prestations, et combien d'autres situations.
Mais il y a plus: le gouvernement divise les personnes assistées sociales entre «bons pauvres», soit les personnes inaptes au travail qui ont droit au «gros chèque», et «mauvais pauvres», soit les personnes aptes au travail qui n'y ont pas droit. Celles-là, on va leur donner moins que le strict minimum, de peur qu'une prestation décente les «désincite» au travail.
Ce qu'on fait vivre aux personnes assistées sociales est inacceptable et indigne d'une société évoluée. On stigmatise les gens, on ne leur donne pas les moyens de s'en sortir et on les force à survivre de peine et de misère. On les punit pour ne pas avoir réussi à s'intégrer au marché du travail. Au Québec, on déteste les perdants et on s'amuse à cogner dessus.
Il y aurait bien des choses à changer à l'aide sociale. À commencer par la distinction entre «aptes» et «inaptes» au travail. Mais le coeur du problème reste l'insuffisance des prestations. À 548 $ par mois, il est impossible d'arriver et de chercher activement un emploi.
Je dirai qu'il n'y a pas de dignité possible à l'aide sociale. Le scandale que dénonce Le Devoir n'est que la pointe de l'iceberg. Il y a aussi les mères monoparentales qui se font couper leur pension alimentaire, ceux qui partagent un logement avec de la parenté et dont on met fin aux prestations, et combien d'autres situations.
Mais il y a plus: le gouvernement divise les personnes assistées sociales entre «bons pauvres», soit les personnes inaptes au travail qui ont droit au «gros chèque», et «mauvais pauvres», soit les personnes aptes au travail qui n'y ont pas droit. Celles-là, on va leur donner moins que le strict minimum, de peur qu'une prestation décente les «désincite» au travail.
Ce qu'on fait vivre aux personnes assistées sociales est inacceptable et indigne d'une société évoluée. On stigmatise les gens, on ne leur donne pas les moyens de s'en sortir et on les force à survivre de peine et de misère. On les punit pour ne pas avoir réussi à s'intégrer au marché du travail. Au Québec, on déteste les perdants et on s'amuse à cogner dessus.
Il y aurait bien des choses à changer à l'aide sociale. À commencer par la distinction entre «aptes» et «inaptes» au travail. Mais le coeur du problème reste l'insuffisance des prestations. À 548 $ par mois, il est impossible d'arriver et de chercher activement un emploi.
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