Lettres: Haro sur le privé
Maude Tousignant - R1 en médecine familiale. Rimouski, le 17 avril 2007
20 avril 2007
Je suis une résidente en médecine familiale et je reçois régulièrement de la publicité à propos de ma profession. Récemment, j'ai cependant reçu une invitation particulièrement frappante.
En effet, on me demandait de me joindre à une clinique médicale privée de Saint-Sauveur, dans les Laurentides, et, ce faisant, on m'encourageait à me désaffilier du régime public de santé. Or je crois profondément en ce régime et je déplore la montée du système privé, qu'on présente comme le remède à tous les problèmes que connaît actuellement le système public alors que bon nombre d'études ont démontré qu'il n'en est rien. Mais ce qui est le plus déplorable, c'est de voir la vitesse à laquelle le privé s'installe au Québec alors que nos élus et autres universitaires en sont encore à débattre de la place éventuelle du privé dans notre système de soins de santé.
Pendant qu'on s'interroge en haut lieu, dans notre système de santé se produisent d'insidieux changements sans que personne semble réagir. En tant que futur médecin, je suis à même de constater ces changements et je crois qu'il est de mon devoir d'en aviser l'opinion publique afin qu'on réagisse enfin.
Oui, il existe peut-être une place pour le secteur privé, mais tant que nous fermerons les yeux sur la situation actuelle, nous ne pourrons pas légiférer afin de contrôler l'arrivée du privé (qui est en train de se tailler une place enviable sur l'échiquier de la santé, et ce, sans aucun obstacle... ). Demandons-nous si c'est vraiment ce que nous voulons pour le Québec de demain: un système à deux vitesses où le choix de rejoindre l'«autre côté» pourrait devenir une option de plus en plus alléchante pour les jeunes médecins...
En effet, on me demandait de me joindre à une clinique médicale privée de Saint-Sauveur, dans les Laurentides, et, ce faisant, on m'encourageait à me désaffilier du régime public de santé. Or je crois profondément en ce régime et je déplore la montée du système privé, qu'on présente comme le remède à tous les problèmes que connaît actuellement le système public alors que bon nombre d'études ont démontré qu'il n'en est rien. Mais ce qui est le plus déplorable, c'est de voir la vitesse à laquelle le privé s'installe au Québec alors que nos élus et autres universitaires en sont encore à débattre de la place éventuelle du privé dans notre système de soins de santé.
Pendant qu'on s'interroge en haut lieu, dans notre système de santé se produisent d'insidieux changements sans que personne semble réagir. En tant que futur médecin, je suis à même de constater ces changements et je crois qu'il est de mon devoir d'en aviser l'opinion publique afin qu'on réagisse enfin.
Oui, il existe peut-être une place pour le secteur privé, mais tant que nous fermerons les yeux sur la situation actuelle, nous ne pourrons pas légiférer afin de contrôler l'arrivée du privé (qui est en train de se tailler une place enviable sur l'échiquier de la santé, et ce, sans aucun obstacle... ). Demandons-nous si c'est vraiment ce que nous voulons pour le Québec de demain: un système à deux vitesses où le choix de rejoindre l'«autre côté» pourrait devenir une option de plus en plus alléchante pour les jeunes médecins...
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