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Déplacer des montagnes

Jean-Robert Sansfaçon   12 avril 2007 
À la une de ce journal hier, la manchette disait ceci: «Lucide ou solidaire? Bay Street entre dans le débat». L'étude dont il était question a été réalisée par des économistes de la Banque Toronto Dominion. Son titre, Convertir les atouts du Québec en une prospérité accrue, résume bien le contenu de ce document qui, pour une fois, n'est ni paternaliste ni moraliste. Cela étant, qui, aujourd'hui, est en mesure de porter l'étendard du changement dans ce Québec décapité?
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  • Roland Berger - Abonné
    12 avril 2007 07 h 55
    Gagner moins, vivre davantage
    Des recherches de type sociologique soulignent qu'il est de la culture des Québécois de gagner moins d'argent si cette privation volontaire peut se traduire par une meilleure qualité de vie, entre autres par la capacité à consacrer plus de temps à bien vivre qu'à faire rouler un système économique créé et maintenu par les «lucides». Il est à parier que tôt ou tard la culture de l'argent leur cassera les reins et qu'une fois correctement alignés sur la production et la consommation à tout prix, ils seront de moins en moins distincts du reste des Canadiens. L'assimilation a bien des trucs dans son sac !
    Roland Berger
    London, Ontario
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  • Jacques Gagnon - Abonné
    12 avril 2007 12 h 12
    Toujours les mêmes constrictions mentales
    Quel manque d'imagination, mais surtout de connaissance de la réalité !

    Les solutions ne viendront pas des économistes qui ne sont que des augures en fin de compte. D'ailleurs un des lucides, M. Pierre Foritn a avoué sur les ondes radio qu'il n'avait pas de solution au sous-développement économique. De plus, il a prouvé avec Bernard Derome l'autre soir qu'il pouvait être un piètre analyste.

    Les solutions passent par les entrepreneurs qui créeront des entreprises, de la valeur et de la richesse par l'argent neuf qu'ils apporteront à l'économie. Cependant, dans ce panthéon lucidophile, on cherche en vain ceux qui justement n'ont jamais été des sangsues de l'état.

    Débarassez le terrain de vos idées venues tout droit du think tank de l'IEDM. Ils sont presque tous membres de ce club de lobbyistes. C'est sûr qu'ils ont tous les mêmes idées M. Sansfaçon, ils s'arrogent la vérité économique et considèrent leurs solutions comme une loi de la nature. On n'écoute personne d'autre.

    On ne peut pas enrichir la société québécoise ou toute autre société en recyclant le même argent prélevé dans des taxes et des hausses de tarifs.

    De plus, on ne peut parler de revenu disponible à créer de la valeur quand ce revenu ne sert qu'à pouvoir choisir, et parfois mênme il n'y a pas de choix disponible, où on doit dépenser.

    Où est donc le changement significatif dans notre portefeuille quand le revenu disponible sert à acheter des biens essentiels comme l'électricité ? C'est comme les américains qui ont un revenu disponible plus élevé mais qui paient un bras pour l'assurance santé et l'électricité. Il est faux de dire qu'ils ont des vrais choix qui se résument au choix du fournisseur.

    Le principal problème que l'on a, c'est qu'on se demande à chaque fois quel est le rôle de l'état. Dans les pays qui s'enrichissent, on fait tout pour accaparer des marchés et on laisse faire la philosophie. Pouquoi, par exemple, est-il correct d'injecter 900 millions dans l'industrie aéronautique et que l'on annonce du même souffle l'abolition des programmes d'aide aux PME ?

    Il faut permettre, à ceux qui peuvent développer l'économie, de le faire. Ces gens ne sont pas ceux qui jappent actuellement
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  • Serge Bernier - Abonné
    12 avril 2007 13 h 05
    Pour un Québec plus juste
    Au Québec, l'on se sert de bas tarifs comme moyens de redistribution de richesse. En utilisant ce mécanisme, l'on n'aide pas les plus démunis de la société; l'on favorise plutôt des catégories de citoyens et l'on encourage une surconsommation de certains biens et services.

    L'électricité est un bon exemple. En ne chargeant le coût réel de l'électricité aux consommateurs, l'on décourage les économies d'énergie tout en reprochant au gouvernement de ne pas faire assez pour contrer le changement climatique. Si l'on veut encourager l'efficacité énergétique, le tarif de l'électricité doit refléter les coûts réels de production, incluant un taux de rentabilité raisonnable pour les investisseurs que nous sommes. Sinon, nous encourageons le gaspillage des ressources.

    De même, des études universitaires sont un investissement qui bénéficient essentiellement à ceux qui les suivent et plusieurs études ont démontré que des frais de scolarité plus élevés ne sont pas un obstacle majeur à poursuite d'études supérieures. Des frais de scolarité bas détournent de la richesse de ceux qui ne vont pas à l'université, la majorité, vers ceux qui y vont.

    Si le gouvernement du Québec exigeait des tarifs reflétant les coûts réels pour les biens et services qu'il dispense, il pourrait diminuer les impôts de sommmes équivalentes. Il pourrait aussi consacrer une partie de ces revenus additonnels pour aider les plus démunis.

    Nous aurions ainsi une société plus juste.

    Cela nous permettrait aussi d'allouer nos ressources plus efficacement et d'augmenter notre productivité.

    Le gouvernement a le devoir d'adopter des politiques qui favorisent l'amélioration du bien-être de la population. Les mesures énoncées ci-haut vont dans ce sens.
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