L'assaut démocrate
Serge Truffaut
5 avril 2007
Leader de la majorité démocrate au Congrès, Nancy Pelosi est allée à la rencontre du président syrien Bachar al-Assad, au grand déplaisir du président Bush. Son ambition? Faire justement ce que Bush se refuse à faire, soit amorcer un dialogue avec l'un des acteurs influant sur le cours de la guerre en Irak.
Qu'on ne se méprenne pas, la discussion que Pelosi a eue avec Assad ne fut pas réduite à la communication par la première d'un message portant la signature du chef du gouvernement israélien Éhoud Olmert. Pour en finir avec cet aspect du dossier sur lequel on s'est trop appesanti, Pelosi a réitéré la proposition formulée par Olmert récemment. À savoir qu'Olmert est prêt à rencontrer ses homologues des nations arabes. Passons au principal sujet débattu hier à Damas.
Tout d'abord, il faut signaler que cette visite a eu lieu au lendemain d'un vif débat entre Bush et les leaders du Congrès. Ces derniers sont parvenus ces jours-ci à faire adopter par un contingent d'élus, incluant des républicains, une loi liant le financement de l'effort de guerre en Irak au retour des troupes américaines en 2008. En termes ne laissant aucune place à une possible négociation avec les démocrates, Bush a indiqué qu'il userait de son droit de veto.
Sans cynisme aucun, on peut comprendre la position de Bush car s'il avait accepté que le retrait des soldats soit fixé dans le temps, il serait aujourd'hui dans l'obligation de décliner un très long acte de contrition pour justifier la politique qu'il s'entête à suivre depuis le milieu de 2005. Ce serait surtout admettre ce qu'il ne veut pas admettre, soit que l'Irak est en proie à une guerre civile. Visiblement, ce tabou, il ne veut pas le lever. Pourtant...
Pourtant, ce qui caractérise la situation qui prévaut aujourd'hui ne peut se résumer qu'ainsi: une guerre civile qui n'en est pas une de basse intensité. À ses débuts, grosso modo au printemps 2005, ce conflit opposait des sunnites aux chiites. Depuis lors, il s'est pour ainsi dire atomisé. Surtout du côté des chiites, divisés en plusieurs clans chiites s'entretuant.
Pour l'administration Bush, le problème a ceci de très complexe présentement qu'il soutient un de ces clans. Lequel? Celui que dirige le premier ministre Nouri al-Maliki, soutenu également par les autorités... iraniennes! Ce doit être ce qu'on appelle une ironie de l'histoire, mais qui risque ici de tourner en une vaste tragédie.
Selon une longue analyse que signe dans la dernière livraison de Foreign Affairs le professeur James Dearon de l'université Stanford, l'administration Bush est dans un cul-de-sac. Car le duo qu'elle forme par défaut avec l'Iran agace de plus en plus toutes les nations sunnites, au point qu'elles commencent à se poser la question suivante: ne devrions-nous pas aider le réseau al-Qaïda en Irak puisqu'il est le principal défenseur des sunnites?
Évidemment conscients de l'état actuel des choses, les démocrates, Pelosi en tête, veulent littéralement bouleverser le modus operandi arrêté et suivi par Bush. Et ce, le plus rapidement et le plus énergiquement possible, parce que sa politique mine tous les efforts militaires et diplomatiques qui portent l'empreinte des États-Unis.
En allant à la rencontre du président syrien, Pelosi réalise en fait ce que préconisaient les membres du Irak Study Group. On se rappellera que ce comité suggérait au chef de l'exécutif d'établir le contact avec les autorités syriennes et iraniennes. On le sait, Bush a décidé d'ignorer leurs conseils. Résultat? On dit de ce dernier qu'il est le plus isolé des présidents ayant obtenu un deuxième mandat. Isolé et têtu comme un âne.
Qu'on ne se méprenne pas, la discussion que Pelosi a eue avec Assad ne fut pas réduite à la communication par la première d'un message portant la signature du chef du gouvernement israélien Éhoud Olmert. Pour en finir avec cet aspect du dossier sur lequel on s'est trop appesanti, Pelosi a réitéré la proposition formulée par Olmert récemment. À savoir qu'Olmert est prêt à rencontrer ses homologues des nations arabes. Passons au principal sujet débattu hier à Damas.
Tout d'abord, il faut signaler que cette visite a eu lieu au lendemain d'un vif débat entre Bush et les leaders du Congrès. Ces derniers sont parvenus ces jours-ci à faire adopter par un contingent d'élus, incluant des républicains, une loi liant le financement de l'effort de guerre en Irak au retour des troupes américaines en 2008. En termes ne laissant aucune place à une possible négociation avec les démocrates, Bush a indiqué qu'il userait de son droit de veto.
Sans cynisme aucun, on peut comprendre la position de Bush car s'il avait accepté que le retrait des soldats soit fixé dans le temps, il serait aujourd'hui dans l'obligation de décliner un très long acte de contrition pour justifier la politique qu'il s'entête à suivre depuis le milieu de 2005. Ce serait surtout admettre ce qu'il ne veut pas admettre, soit que l'Irak est en proie à une guerre civile. Visiblement, ce tabou, il ne veut pas le lever. Pourtant...
Pourtant, ce qui caractérise la situation qui prévaut aujourd'hui ne peut se résumer qu'ainsi: une guerre civile qui n'en est pas une de basse intensité. À ses débuts, grosso modo au printemps 2005, ce conflit opposait des sunnites aux chiites. Depuis lors, il s'est pour ainsi dire atomisé. Surtout du côté des chiites, divisés en plusieurs clans chiites s'entretuant.
Pour l'administration Bush, le problème a ceci de très complexe présentement qu'il soutient un de ces clans. Lequel? Celui que dirige le premier ministre Nouri al-Maliki, soutenu également par les autorités... iraniennes! Ce doit être ce qu'on appelle une ironie de l'histoire, mais qui risque ici de tourner en une vaste tragédie.
Selon une longue analyse que signe dans la dernière livraison de Foreign Affairs le professeur James Dearon de l'université Stanford, l'administration Bush est dans un cul-de-sac. Car le duo qu'elle forme par défaut avec l'Iran agace de plus en plus toutes les nations sunnites, au point qu'elles commencent à se poser la question suivante: ne devrions-nous pas aider le réseau al-Qaïda en Irak puisqu'il est le principal défenseur des sunnites?
Évidemment conscients de l'état actuel des choses, les démocrates, Pelosi en tête, veulent littéralement bouleverser le modus operandi arrêté et suivi par Bush. Et ce, le plus rapidement et le plus énergiquement possible, parce que sa politique mine tous les efforts militaires et diplomatiques qui portent l'empreinte des États-Unis.
En allant à la rencontre du président syrien, Pelosi réalise en fait ce que préconisaient les membres du Irak Study Group. On se rappellera que ce comité suggérait au chef de l'exécutif d'établir le contact avec les autorités syriennes et iraniennes. On le sait, Bush a décidé d'ignorer leurs conseils. Résultat? On dit de ce dernier qu'il est le plus isolé des présidents ayant obtenu un deuxième mandat. Isolé et têtu comme un âne.
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