Lettres: La ville qui coupait des arbres
Serge G. Morin, ing. (ret.) - Le 30 mars 2007
3 avril 2007
Dans son article de vendredi dernier Louis-Gilles Francoeur relate la mort d'un pommetier, condamné par un fonctionnaire de la Ville de Montréal, «indigne du salaire que lui verse la collectivité». Malheureusement, le culte funeste du développeur «roi et maître» maintient toujours ses assises dans notre Ville. Mais la trahison envers le contribuable ne peut être attribuée uniquement aux fonctionnaires nonchalants. Nos élus sont tout aussi responsables par l'omission de leurs devoirs de protecteurs du patrimoine collectif.
En 1995, je me suis rendu à Paris pour diriger les études préparatoires au projet de la relocalisation de l'OCDE, projet qui se chiffrait à plusieurs centaines de millions d'euros. En plus d'établir la programmation des besoins pour le prochain quart de siècle, nous devions évaluer divers sites. Un site potentiel se situait en bord de Seine à Bercy. Le gratte-ciel qui s'y trouvait pouvait être transformé et accéder aux normes d'espace et de confort du personnel de l'organisme international. Par contre, les exigences de sécurité en matière de protection périphérique du site obligeaient l'abattage de six platanes quasi centenaires. Lors d'une rencontre avec les responsables politiques et les gestionnaires de la Ville de Paris, le problème précis des arbres fut abordé. La réponse fut tout simplement: «Cela a pris 100 ans pour faire croître ces arbres. Relocaliser votre projet ne prendra que quelques mois.»
À Montréal, trop souvent l'attitude officielle semble s'appuyer sur une analyse superficielle permissive, sur la dissimulation des dérogations à la réglementation, et sur une réclame politique qui favorise le promoteur et lui permet de maximiser les retombés économiques mêmes si elles se font au détriment du bien commun. Les citoyens de Montréal veulent des actes concrets concernant le plan d'urbanisme et la protection du patrimoine. Ils demandent aussi des actions autres que des voeux pieux ou de la propagande pour l'embellissement et la propreté de leur ville, et ce, dans tous les quartiers.
En 1995, je me suis rendu à Paris pour diriger les études préparatoires au projet de la relocalisation de l'OCDE, projet qui se chiffrait à plusieurs centaines de millions d'euros. En plus d'établir la programmation des besoins pour le prochain quart de siècle, nous devions évaluer divers sites. Un site potentiel se situait en bord de Seine à Bercy. Le gratte-ciel qui s'y trouvait pouvait être transformé et accéder aux normes d'espace et de confort du personnel de l'organisme international. Par contre, les exigences de sécurité en matière de protection périphérique du site obligeaient l'abattage de six platanes quasi centenaires. Lors d'une rencontre avec les responsables politiques et les gestionnaires de la Ville de Paris, le problème précis des arbres fut abordé. La réponse fut tout simplement: «Cela a pris 100 ans pour faire croître ces arbres. Relocaliser votre projet ne prendra que quelques mois.»
À Montréal, trop souvent l'attitude officielle semble s'appuyer sur une analyse superficielle permissive, sur la dissimulation des dérogations à la réglementation, et sur une réclame politique qui favorise le promoteur et lui permet de maximiser les retombés économiques mêmes si elles se font au détriment du bien commun. Les citoyens de Montréal veulent des actes concrets concernant le plan d'urbanisme et la protection du patrimoine. Ils demandent aussi des actions autres que des voeux pieux ou de la propagande pour l'embellissement et la propreté de leur ville, et ce, dans tous les quartiers.
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