Les purs et durs du Parti québécois - Quand cesseront-ils?
Denis Faucher - Montréal
31 mars 2007
Lors de la course à la direction du Parti québécois, il y a quelque temps, je suis devenu membre de ce parti (que j'ai toujours appuyé depuis que je suis en âge de voter). Au dernier jour de la campagne de cette course à la direction, après mûre réflexion, lectures, points de presse et autres sources de cet acabit, j'ai appuyé André Boisclair, qui a gagné cette course à la direction.
Pendant cette campagne électorale, j'ai pu constater que M. Boisclair prenait du poil de la bête et que ses grands discours littéraires faisaient place à une langue plus directe, plus personnelle. J'ai vu qu'il connaissait bien ses dossiers et savait composer avec les attaques personnelles tout en gardant une campagne non pas basée sur des arguments de peur et des attaques gratuites contre les autres partis mais bel et bien sur le fond. Le 26 mars, j'ai voté PQ avec André Boisclair comme chef de parti.
Ensuite, les résultats sont sortis, avec les innombrables analyses des chroniqueurs, journalistes et éditorialistes.
Les «trop-puristes»
«Où s'en va André Boisclair?»: c'était le gros titre du journal Le Québécois. En fait, je dirais que c'est le journal des purs et durs.
Je suis souverainiste et exerce mon droit de vote mais n'entre pas dans l'option souverainiste comme un bélier dans une porte pour en forcer les gonds. Un référendum, ça se prépare: il faut du temps, savoir reconnaître que les pièces sont bien placées sur l'échiquier pour sa tenue et surtout planifier cette consultation populaire en regard de l'activité gouvernementale provinciale et fédérale et de la volonté du peuple québécois. À ce sujet, je ne vous apprends rien.
Là où j'en ai ras le bol, là où je commence à réévaluer mon appartenance au PQ (et non pas à
son chef), ce sont les discours et les actions de la vieille garde du parti, ces purs et durs qui viennent cristalliser l'évolution du parti, rendant difficile son rajeunissement. Ces «trop-puristes» empêchent qu'on s'occupe du Québec parce qu'ils tiennent trop à un référendum «le plus vite possible dans un prochain mandat».
Mais surtout, je suis dépassé par le manque de maturité de ces bouledogues à la mâchoire barrée sur le référendum, qui finiront encore par déchirer un chef sous prétexte que (choisissez ce qui vous convient):
- il n'est pas rassembleur;
- il manque de charisme;
- il a d'autre priorités que de faire un pays;
- il a fait un piètre score aux dernières élections;
- il est hautain;
- il ne rejoint pas la masse;
- il n'a pas d'expérience;
- il est trop à droite;
- il est trop au centre;
- il est trop à gauche;
- il ne sait pas où il s'en va;
- il n'a pas de leadership;
- il n'a pas aimé le sucre à la crème que mon épouse a fait au dernier congrès.
Même Lucien Bouchard s'est sauvé du parti en leur disant de la faire, la souveraineté, si c'était si facile que ça. Et Bernard Landry s'est viré lui-même.
Ces purs et durs voient sans doute le projet de leur vie — la création d'un pays — passer à la génération suivante et peut-être ont-ils peur de ne pas voir ce pays de leur vivant. On déchire les chefs parce qu'ils ne répondent pas aux désirs immédiats de la vieille garde, qui refuse un projet qui va de concert avec les autres partis. «Quand cesseront-ils?», demandais-je plus tôt. Jamais, j'en ai bien peur, même au-delà du trépas.
Tous s'accordent pour dire que la façon de faire de la politique au Québec doit être revue en profondeur. Pendant ce temps, les purs et durs devraient lire cette pièce de Shakespeare, au titre si évocateur: La Mégère apprivoisée.
Pendant cette campagne électorale, j'ai pu constater que M. Boisclair prenait du poil de la bête et que ses grands discours littéraires faisaient place à une langue plus directe, plus personnelle. J'ai vu qu'il connaissait bien ses dossiers et savait composer avec les attaques personnelles tout en gardant une campagne non pas basée sur des arguments de peur et des attaques gratuites contre les autres partis mais bel et bien sur le fond. Le 26 mars, j'ai voté PQ avec André Boisclair comme chef de parti.
Ensuite, les résultats sont sortis, avec les innombrables analyses des chroniqueurs, journalistes et éditorialistes.
Les «trop-puristes»
«Où s'en va André Boisclair?»: c'était le gros titre du journal Le Québécois. En fait, je dirais que c'est le journal des purs et durs.
Je suis souverainiste et exerce mon droit de vote mais n'entre pas dans l'option souverainiste comme un bélier dans une porte pour en forcer les gonds. Un référendum, ça se prépare: il faut du temps, savoir reconnaître que les pièces sont bien placées sur l'échiquier pour sa tenue et surtout planifier cette consultation populaire en regard de l'activité gouvernementale provinciale et fédérale et de la volonté du peuple québécois. À ce sujet, je ne vous apprends rien.
Là où j'en ai ras le bol, là où je commence à réévaluer mon appartenance au PQ (et non pas à
son chef), ce sont les discours et les actions de la vieille garde du parti, ces purs et durs qui viennent cristalliser l'évolution du parti, rendant difficile son rajeunissement. Ces «trop-puristes» empêchent qu'on s'occupe du Québec parce qu'ils tiennent trop à un référendum «le plus vite possible dans un prochain mandat».
Mais surtout, je suis dépassé par le manque de maturité de ces bouledogues à la mâchoire barrée sur le référendum, qui finiront encore par déchirer un chef sous prétexte que (choisissez ce qui vous convient):
- il n'est pas rassembleur;
- il manque de charisme;
- il a d'autre priorités que de faire un pays;
- il a fait un piètre score aux dernières élections;
- il est hautain;
- il ne rejoint pas la masse;
- il n'a pas d'expérience;
- il est trop à droite;
- il est trop au centre;
- il est trop à gauche;
- il ne sait pas où il s'en va;
- il n'a pas de leadership;
- il n'a pas aimé le sucre à la crème que mon épouse a fait au dernier congrès.
Même Lucien Bouchard s'est sauvé du parti en leur disant de la faire, la souveraineté, si c'était si facile que ça. Et Bernard Landry s'est viré lui-même.
Ces purs et durs voient sans doute le projet de leur vie — la création d'un pays — passer à la génération suivante et peut-être ont-ils peur de ne pas voir ce pays de leur vivant. On déchire les chefs parce qu'ils ne répondent pas aux désirs immédiats de la vieille garde, qui refuse un projet qui va de concert avec les autres partis. «Quand cesseront-ils?», demandais-je plus tôt. Jamais, j'en ai bien peur, même au-delà du trépas.
Tous s'accordent pour dire que la façon de faire de la politique au Québec doit être revue en profondeur. Pendant ce temps, les purs et durs devraient lire cette pièce de Shakespeare, au titre si évocateur: La Mégère apprivoisée.
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