Traverser la Gaspésie en hiver et mieux connaître les Gaspésiens
Benoît Lacroix - Père dominicain et collaborateur au Devoir*
31 mars 2007
Je dirais que le peuple à Gaspé est comme l'eau et le feu: fort, courageux, énergique et indomptable! Les lieux qu'il habite y sont pour quelque chose: la mer, le fleuve, la baie des Chaleurs, la baie de Gaspé, des montagnes, douces ou abruptes, toutes spectaculaires, des suites et des suites de paysages enivrants, des vallées doublées de forêts où cohabitent des caribous, des chevreuils, des orignaux et autres quadrupèdes, par centaines, par milliers. Paraît-il! Et les oiseaux? N'en parlons pas. Des milliers, qui circulent, piaillent et animent la blanche et silencieuse immensité de l'hiver.
Dans ces lieux longtemps inaccessibles et réservés aux courageux travailleurs de la forêt et de la mer habitent aussi des hommes, des femmes et des enfants d'une beauté d'âme et de corps que la distance, l'isolement et parfois la pauvreté ont rendus uniques en leur genre. C'est qu'ils ne connaissent pas les interdits urbains. Leur enfance est toute simple et protégée. Moins d'interdits, plus de liberté!
En ces lieux qui invitent autant à la poésie qu'à la mythologie se déroule annuellement depuis cinq ans la Grande Traversée de la Gaspésie en ski de fond, la TDLG. J'ai vécu, en tant qu'observateur, conférencier et discoureur, la version 2007 de cette aventure unique en son genre.
De toutes les générations
Unique! 250 skieurs et skieuses. Toutes les générations y sont. Hugo et Laurier, trois ans (aux moments de la fête et du repos); Clovis, 11 ans; Delphine, 10 ans; son frère Laurent, 16 ans... Ils sont là, au milieu de ce beau monde énergique que la traversée enivre et honore.
C'est l'événement le plus sérieux de l'hiver, pour ne pas dire de toute l'année touristique. Nous en sommes à la mi-février, et ce qui domine entre nous, c'est une tradition orale tenace, alternant avec le silence des espaces sauvages et celui des nuits de profond repos. Des kilomètres, des kilomètres! Plus de 300 en moins d'une semaine!
La motivation, dans cet événement haut en couleur, varie selon les individus. J'ai posé des questions et on m'a fait des confidences comme celles-ci: «Le défi des ascensions en forêt me passionne»; «La joie de glisser sur la neige, sur de la vraie neige»; «La bonne humeur qu'inspire une longue randonnée qui exige de l'endurance»; «Le privilège de skier durant des heures et des heures à côté de mon amoureux»; «La route me parle et je l'écoute»; «Moi, j'aime prier avec les rochers»; «Ah! les espaces blancs!... » Et ainsi de suite...
En ces lieux qualitatifs, on rencontre des Gaspésiens qui ont le sens du récit autant que de l'hospitalité. Une ambiance fraternelle partout. Surtout, le plaisir évident de vaincre au besoin le froid, l'espace, le sentier tortueux, la neige, le vent, la fatigue...
Et à qui doit-on ce privilège des traversées où la générosité, la franche amitié et la fraternité sont si omniprésentes que nous en sommes tous émus, comblés, ébahis? À une certaine Claudine et à un certain Thierry.
Autour de ces êtres d'une noblesse à toute épreuve circulent des centaines de bénévoles enthousiastes. Christian, le conjoint de Claudine, est là, souriant, discret, efficace. Leur fils Clovis est un des meilleurs skieurs de la semaine. Il vient d'avoir 11 ans, me dit-on. Quel sourire! Quelle joie de vivre!
* L'auteur revient de la Grande Traversée de la Gaspésie, dont il était un invité «moins pour skier (à 91 ans!) que pour partager des expériences de vie avec la population locale, par conférences, échanges, visites aux écoles».
Dans ces lieux longtemps inaccessibles et réservés aux courageux travailleurs de la forêt et de la mer habitent aussi des hommes, des femmes et des enfants d'une beauté d'âme et de corps que la distance, l'isolement et parfois la pauvreté ont rendus uniques en leur genre. C'est qu'ils ne connaissent pas les interdits urbains. Leur enfance est toute simple et protégée. Moins d'interdits, plus de liberté!
En ces lieux qui invitent autant à la poésie qu'à la mythologie se déroule annuellement depuis cinq ans la Grande Traversée de la Gaspésie en ski de fond, la TDLG. J'ai vécu, en tant qu'observateur, conférencier et discoureur, la version 2007 de cette aventure unique en son genre.
De toutes les générations
Unique! 250 skieurs et skieuses. Toutes les générations y sont. Hugo et Laurier, trois ans (aux moments de la fête et du repos); Clovis, 11 ans; Delphine, 10 ans; son frère Laurent, 16 ans... Ils sont là, au milieu de ce beau monde énergique que la traversée enivre et honore.
C'est l'événement le plus sérieux de l'hiver, pour ne pas dire de toute l'année touristique. Nous en sommes à la mi-février, et ce qui domine entre nous, c'est une tradition orale tenace, alternant avec le silence des espaces sauvages et celui des nuits de profond repos. Des kilomètres, des kilomètres! Plus de 300 en moins d'une semaine!
La motivation, dans cet événement haut en couleur, varie selon les individus. J'ai posé des questions et on m'a fait des confidences comme celles-ci: «Le défi des ascensions en forêt me passionne»; «La joie de glisser sur la neige, sur de la vraie neige»; «La bonne humeur qu'inspire une longue randonnée qui exige de l'endurance»; «Le privilège de skier durant des heures et des heures à côté de mon amoureux»; «La route me parle et je l'écoute»; «Moi, j'aime prier avec les rochers»; «Ah! les espaces blancs!... » Et ainsi de suite...
En ces lieux qualitatifs, on rencontre des Gaspésiens qui ont le sens du récit autant que de l'hospitalité. Une ambiance fraternelle partout. Surtout, le plaisir évident de vaincre au besoin le froid, l'espace, le sentier tortueux, la neige, le vent, la fatigue...
Et à qui doit-on ce privilège des traversées où la générosité, la franche amitié et la fraternité sont si omniprésentes que nous en sommes tous émus, comblés, ébahis? À une certaine Claudine et à un certain Thierry.
Autour de ces êtres d'une noblesse à toute épreuve circulent des centaines de bénévoles enthousiastes. Christian, le conjoint de Claudine, est là, souriant, discret, efficace. Leur fils Clovis est un des meilleurs skieurs de la semaine. Il vient d'avoir 11 ans, me dit-on. Quel sourire! Quelle joie de vivre!
* L'auteur revient de la Grande Traversée de la Gaspésie, dont il était un invité «moins pour skier (à 91 ans!) que pour partager des expériences de vie avec la population locale, par conférences, échanges, visites aux écoles».
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

