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Le prochain budget

Jean-Robert Sansfaçon   30 mars 2007 
L'avènement d'un gouvernement minoritaire à Québec obligera l'équipe libérale à modifier le dernier budget du ministre Michel Audet, qui n'a pas encore été adopté. Pour ne pas être renversé, le gouvernement devra tenir compte des démarches des partis d'opposition, mais puisque personne ne veut d'élections, ceux-ci devront aussi mettre de l'eau dans leur vin.

Grâce à l'intervention d'Ottawa, le Québec se retrouve avec au moins un milliard de dollars de plus que prévu pour l'année fiscale 2007-08, qui commence lundi. À cela s'ajoutent les 422 millions de dollars de nouvelles mesures contenues dans le budget.

Parmi les mesures déjà annoncées par M. Audet, la plupart sont entrées en vigueur le soir même du budget ou seraient difficilement remplaçables sans causer de tort aux groupes visés ainsi qu'aux politiciens. En fait, seules les promesses de baisses d'impôt de 950 millions à partir de janvier prochain et d'abolition de la taxe sur le capital des institutions financières sont vraiment menacées.

Tant le PQ que l'ADQ s'opposent à une réduction récurrente de l'impôt des particuliers, mais seul le PQ s'est prononcé contre une diminution d'impôt pour les banques. Tous deux souhaitent plutôt qu'on efface les déficits de centaines de millions des hôpitaux et des universités pour présenter la véritable situation des finances publiques. Voilà donc des concessions que devra faire M. Charest au PQ, à l'ADQ ou aux deux partis pour se maintenir au pouvoir.

La promesse de l'ADQ de verser 100 $ par semaine par jeune enfant qui ne fréquente pas la garderie ne se retrouvera pas non plus dans le budget. M. Dumont sait que cette mesure qui coûterait 800 millions par année exige de revoir le cadre financier du gouvernement. Il devra donc se contenter de mesures plus légères pour les familles afin d'éviter que les libéraux négocient... avec le PQ.

En matière de dépenses, tous les partis s'entendent pour placer les deux grandes missions de l'État à l'avant-scène. Voilà qui est rassurant.

Le Parti québécois souhaiterait qu'on ajoute 1,1 milliard en éducation et 1,2 milliard en santé d'ici cinq ans. Les libéraux ont aussi promis d'investir en éducation mais, comme les adéquistes, ils comptent récupérer une petite partie de l'argent en haussant les droits de scolarité. Les manifestations d'hier nous rappellent que ces deux partis auront besoin l'un de l'autre pour faire entendre raison aux jeunes, qui n'attendaient que le retour du beau temps pour fermer les collèges et les universités au nom du sacro-saint principe du gel des droits.

Dans le domaine de la santé, les adéquistes souhaitent faire plus de place au privé afin d'améliorer le système et réduire les coûts. Voilà un principe beaucoup plus simple à énoncer qu'à réaliser quand on veut vraiment améliorer la situation. Et puis, soyons sérieux: il n'est pas encore né, le chef de l'opposition ou de gouvernement qui osera implanter un système dans lequel les riches seront soignés plus vite que les autres dans le seul but de réduire la croissance des dépenses.

Quoi qu'il en soit, il faudra plus d'argent, beaucoup plus d'argent pour les soins à domicile, l'embauche de personnel et l'achat d'équipements spécialisés, sans oublier la hausse récurrente de 1,3 milliard (6 %) des coûts de système. À l'évidence, ce ne sont pas les 300 millions de plus du fédéral en santé qui suffiront, même complétés par la péréquation!

Il est encore trop tôt pour prévoir la dynamique qui s'installera entre le gouvernement et les partis d'opposition. Ce qu'on sait cependant, c'est que même si certains ont célébré la fin du déséquilibre fiscal, il est loin, le jour où on pourra chanter la fin des difficultés financières du Québec.

j-rsansfacon@ledevoir.com
 
 
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  • jean claude pomerleau - Inscrit
    30 mars 2007 08 h 13
    Le PQ doit sortir de l'approche provincialiste.
    Le PQ n'a pas à jouer la « game » des partis provincialistes qui auront à se tortiller dans une situation budgétaire impossible dans le cadre du fédéralisme. Ces deux partis provincialistes qui nous vendent le fédéralisme comme un bienfait pour le Québec auront à se rendre au bout de la logique du fédéralisme et nous faire la démonstration de son bienfait pour le Québec. Le PQ n'a pas à participer à cet exercice. Il doit plutôt rester sur son quant à soit indépendantiste.

    Il est temps que le PQ sorte du confinement provincialiste et s'assume comme parti qui propose clairement l'indépendance comme solution au déclin politique et économique du Québec. Et que par conséquent, qu' il se concentre sur ce qui lui a tellement fait défaut depuis trop longtemps : le développement de l'argumentaire de la nécessaire indépendance du Québec.
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  • André Doré - Abonné
    30 mars 2007 08 h 45
    De quel côté est Jean Charest...???
    1- Il paraît que la moitié des gens, au Québec, ne paient pas d'impôts. Une chose est certaine, donc... en promettant de baisser les impôts, Charest ne pense certainement pas à la classe la plus pauvre... Ce n'est sûrement pas les plus pauvres qui vont en profiter...!!!

    2- Au Québec, nous payons plus d'impôts que les contribuables des autres provinces. C'est un choix de société. Nous nous donnons des services qu'on ne retrouve pas ailleurs ou qu'on se donne à de meilleurs coûts. Statistiques Canada nous a montré récemment qu'il y a, dans l'Outaouais, un mouvement démographique d'Ottawa vers Gatineau: le Québec est donc attrayant pour certains. En diminuant les impôts des québécois au même niveau que ceux des ontariens, il est clair que nous ne pourrons plus nous payer la société plus sociale-démocrate que nous souhaitons.

    Considérant ces orientations, je me demande si Charest ne met pas en péril les fondements-mêmes de la société dans laquelle nous voulons vivre comme peuple différent des autres canadiens...
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  • Jean-Pierre Aubry - Abonné
    30 mars 2007 10 h 06
    PARTIR DU BON PIED
    Doit-on dépenser plus ? Dans quels programmes ? Doit-on baisser les impôts ? Avant de prendre des décisions reliées à ces questions, le nouveau gouvernement doit mieux définir sa situation financière.

    La première étape est d'accroître les standards de qualité de sa comptabilité tel que demandé par le Vérificateur général du Québec, en adoptant les Principes comptables généralement reconnus.

    La seconde étape est de faire des prévisions budgétaires de cinq ans en tenant compte de a) ces principes comptables, b) des nouvelles informations sur les transferts fédéraux et c) des mesures (au niveau des dépenses et des revenus) incluses dans le dernier budget Audet et en incluant une provision annuelle minimale pour imprévus de 500 $ millions.

    Cette information permettra alors au gouvernement de voir la marge de manoeuvre qu'il a et il pourra définir un véritable plan budgétaire de cinq ans. Son premier budget annuel sera alors ce qui est inclus dans la première année de ce plan. Il faut cesser de gére la province sur un trop court horizon, d'un budget annuel à un autre.

    Il est fort possible qu'en adoptant les Principes comptables généralement reconnus, le nouveau gouvernement soit en déficit. Il devra alors faire face à une telle situation plutôt que de se fermer les yeux et donner l'impression qu'il a une marge de manoeuvre de un ou deux milliards de dollars.

    Jean-Pierre Aubry
    Président du Comité des politiques publiques
    Association des économistes québécois
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  • Jean-Pierre Emond - Abonné
    30 mars 2007 14 h 41
    Pour des institutions banquaires en santé
    La situation en santé au Québec est critique. La capacité d'hébergement à long terme pour les patients et les personnes agées est "souffrante". Les offres de services de santé sont déficientes. La pression budgétaire sur le développement des services diagnostiques et leur adéquate supervision professionnelle est constante depuis nombre d'années. Sans vouloir amoindrir l'importance de l'apport financier des institutions bancaires à la structure économique de la société, il me faut toutefois reconnaître qu'il y a souvent une ligne de décence qu'il faut éviter de franchir. Que de bien social saurait apporter une efficiente réaffectation dans notre système de santé, des quelques centaines de millions de dollars prévus aux banques. Révisons nos priorités, révisions nos valeurs. J'ose croire à une juste révision des priorités budgétaires du gouvernement récemment élu ainsi qu'à une collaboration altruiste des intermédiaires du réseau, gestionnaires et syndicats. Jean-Pierre Émond (jpemond@sympatico.ca)
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