Libre opinion: Un autre point de vue sur la chasse aux phoques
Rodrigue Leblanc - Cap-aux-Meules, îles de la Madeleine
30 mars 2007
Il est dur de croire qu'un Madelinot puisse être opposé à la chasse aux phoques. Et pourtant, ça existe! Seulement, dans un environnement comme les Îles, où presque tout le monde est en faveur de la chasse aux phoques, il est difficile et dangereux de se faire entendre. Personne n'ose donc s'élever contre cette chasse.
J'entendais ces derniers jours à la radio des Îles les animateurs du matin, se croyant plus malins l'un que l'autre, trouver toutes les bonnes raisons à cette chasse pour répliquer aux opposants. Et ça y allait d'arguments de plus en plus stupides: les phoques mangent maintenant les saumons, encore une nouvelle bonne raison de tuer les phoques, etc. Il est facile de prêcher pour sa paroisse à l'intérieur de l'église.
Je crois fermement que cette chasse est complètement inutile, absurde et d'un autre âge. S'il est vrai que certaines communautés autochtones isolées du Grand Nord ou du Labrador, où il est difficile de se faire livrer de la nourriture, peuvent ressentir le besoin de chasser le phoque, ou un autre animal, pour se nourrir (et non pas pour en faire le commerce), le fait de chasser le phoque aux Îles en 2007 est insensé. Qui a besoin de chasser le phoque pour se nourrir? Les marchés d'alimentation n'existent-ils pas aux Îles? On n'est plus en 1920!
En plus, il y a des animaux d'élevage qui se font tuer quotidiennement par milliers pour satisfaire expressément les gens qui mangent de la viande, alors pourquoi tuer des animaux «sauvages» (moins sauvages que beaucoup d'humains qui ne pensent qu'à faire des guerres)?
On me répond que c'est pour faire vivre la tradition... mais alors, pourquoi utiliser une auto, un VTT ou une motoneige? Et pourtant, il y a de plus en plus de ces véhicules polluants aux Îles. Pourquoi ne pas s'éclairer à la chandelle, tant qu'à faire? C'est incohérent!
Le plaisir de tuer
Le seul plaisir de la chasse aux phoques, c'est de tuer un animal. L'homme a depuis longtemps cette fâcheuse habitude de tuer les animaux qui lui font concurrence et les gros animaux. Comme les phoques et les hommes mangent tous les deux de la morue, on tue notre adversaire, comme ça les poissons seront tous pour nous. C'est la loi du plus fort.
Et l'homme se croit maître des animaux. Mais qui donc a fait disparaître les morues ces dernières décennies? Ce ne sont pas les phoques, c'est la surpêche des hommes!
Ce n'est pas parce que le phoque mange de la morue qu'il faut le tuer. Ce n'est pas parce que le phoque ne sent rien quand on le tue qu'il faut le tuer. Ce n'est pas parce que certains s'enrichissent par la transformation des produits dérivés du phoque qu'il faut le tuer. Ce n'est pas parce que certains défenseurs de la chasse aux phoques font mal leur travail (comme le montre le documentaire de Raoul Jomphe) qu'il faut tuer des phoques en représailles. Ce n'est pas parce qu'il y a six millions de phoques dans le golfe du Saint-Laurent et à Terre-Neuve qu'il faut en tuer un seul.
Soyons un peu plus objectifs aux Îles. Il n'y a aucune raison valable de tuer un phoque, quel que soit son âge.
Les gouvernements fédéral et provinciaux pourraient très facilement dédommager les chasseurs qui revendent les peaux de phoques et les usines de transformation des produits dérivés de cette chasse pour qu'on n'en parle plus.
Quant à la chasse aux blanchons, prétendument interdite, tout le monde sait aux Îles que le braconnage existe et que les chasseurs ne se privent jamais de tuer un blanchon lorsqu'ils le peuvent. La police et la garde côtière le savent, mais c'est le silence absolu. Et quand on les appelle pour dénoncer les faits, ils ne bougent pas.
C'est ça, le désavantage d'un petit milieu fermé comme les Îles. Surtout, on n'en parle pas à la presse extérieure ou étrangère, ça ferait tellement pas sérieux!
J'entendais ces derniers jours à la radio des Îles les animateurs du matin, se croyant plus malins l'un que l'autre, trouver toutes les bonnes raisons à cette chasse pour répliquer aux opposants. Et ça y allait d'arguments de plus en plus stupides: les phoques mangent maintenant les saumons, encore une nouvelle bonne raison de tuer les phoques, etc. Il est facile de prêcher pour sa paroisse à l'intérieur de l'église.
Je crois fermement que cette chasse est complètement inutile, absurde et d'un autre âge. S'il est vrai que certaines communautés autochtones isolées du Grand Nord ou du Labrador, où il est difficile de se faire livrer de la nourriture, peuvent ressentir le besoin de chasser le phoque, ou un autre animal, pour se nourrir (et non pas pour en faire le commerce), le fait de chasser le phoque aux Îles en 2007 est insensé. Qui a besoin de chasser le phoque pour se nourrir? Les marchés d'alimentation n'existent-ils pas aux Îles? On n'est plus en 1920!
En plus, il y a des animaux d'élevage qui se font tuer quotidiennement par milliers pour satisfaire expressément les gens qui mangent de la viande, alors pourquoi tuer des animaux «sauvages» (moins sauvages que beaucoup d'humains qui ne pensent qu'à faire des guerres)?
On me répond que c'est pour faire vivre la tradition... mais alors, pourquoi utiliser une auto, un VTT ou une motoneige? Et pourtant, il y a de plus en plus de ces véhicules polluants aux Îles. Pourquoi ne pas s'éclairer à la chandelle, tant qu'à faire? C'est incohérent!
Le plaisir de tuer
Le seul plaisir de la chasse aux phoques, c'est de tuer un animal. L'homme a depuis longtemps cette fâcheuse habitude de tuer les animaux qui lui font concurrence et les gros animaux. Comme les phoques et les hommes mangent tous les deux de la morue, on tue notre adversaire, comme ça les poissons seront tous pour nous. C'est la loi du plus fort.
Et l'homme se croit maître des animaux. Mais qui donc a fait disparaître les morues ces dernières décennies? Ce ne sont pas les phoques, c'est la surpêche des hommes!
Ce n'est pas parce que le phoque mange de la morue qu'il faut le tuer. Ce n'est pas parce que le phoque ne sent rien quand on le tue qu'il faut le tuer. Ce n'est pas parce que certains s'enrichissent par la transformation des produits dérivés du phoque qu'il faut le tuer. Ce n'est pas parce que certains défenseurs de la chasse aux phoques font mal leur travail (comme le montre le documentaire de Raoul Jomphe) qu'il faut tuer des phoques en représailles. Ce n'est pas parce qu'il y a six millions de phoques dans le golfe du Saint-Laurent et à Terre-Neuve qu'il faut en tuer un seul.
Soyons un peu plus objectifs aux Îles. Il n'y a aucune raison valable de tuer un phoque, quel que soit son âge.
Les gouvernements fédéral et provinciaux pourraient très facilement dédommager les chasseurs qui revendent les peaux de phoques et les usines de transformation des produits dérivés de cette chasse pour qu'on n'en parle plus.
Quant à la chasse aux blanchons, prétendument interdite, tout le monde sait aux Îles que le braconnage existe et que les chasseurs ne se privent jamais de tuer un blanchon lorsqu'ils le peuvent. La police et la garde côtière le savent, mais c'est le silence absolu. Et quand on les appelle pour dénoncer les faits, ils ne bougent pas.
C'est ça, le désavantage d'un petit milieu fermé comme les Îles. Surtout, on n'en parle pas à la presse extérieure ou étrangère, ça ferait tellement pas sérieux!
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