Lettres: Les débats «spectacles»
Robert Aird - Montréal, le 4 novembre 2002
19 novembre 2002
À la télévision, il arrive parfois que nous puissions assister à des débats. Or, les questions profondes, les idées de fond sont pratiquement toujours ignorées. On mise sur la polémique pour la polémique pour faire un bon show. Pour bien comprendre, il suffit de ressortir les prémisses que partagent les protagonistes et non l'inverse.
Par exemple, Gilbert Rozon à l'émission Franc-tireurs. Martineau s'est acharné comme un diable dans l'eau bénite sur Micheline Charest, engagée par Rozon. Ensuite, il a questionné celui-ci à propos de ses liens avec les gouvernements. Rozon s'est très bien défendu et pour cause. Il n'est qu'un homme d'affaires, un entrepreneur qui a très bien réussi et qui joue simplement le jeu du libéralisme économique.
Or, les véritables travers de l'humour n'ont pas été soulevés: sa marchandisation, son institutionnalisation et l'humour comme valeur commerciale. Ces phénomènes contribuent à instaurer une censure qui ne semble pourtant pas se manifester, puisque ceux qui oeuvrent dans l'industrie du rire ont complètement intériorisé les normes, valeurs et représentations du libéralisme économique.
L'humour, par définition iconoclaste, est un acte de résistance devant l'ordre établi, demeure un produit commandité par les entreprises et subventionné par les gouvernements. On ne peut alors se surprendre que l'humour traite seulement du quotidien banal de la vie sans rien brasser, sans porter de véritable critique politique et sociale. Tout ça n'a pas été mentionné aux Franc-tireurs. On s'attaque aux personnes comme Rozon, alors que le problème est structurel et beaucoup plus complexe. Mais l'important est de transformer la discussion en match de boxe. Vive la société de spectacle!
Par exemple, Gilbert Rozon à l'émission Franc-tireurs. Martineau s'est acharné comme un diable dans l'eau bénite sur Micheline Charest, engagée par Rozon. Ensuite, il a questionné celui-ci à propos de ses liens avec les gouvernements. Rozon s'est très bien défendu et pour cause. Il n'est qu'un homme d'affaires, un entrepreneur qui a très bien réussi et qui joue simplement le jeu du libéralisme économique.
Or, les véritables travers de l'humour n'ont pas été soulevés: sa marchandisation, son institutionnalisation et l'humour comme valeur commerciale. Ces phénomènes contribuent à instaurer une censure qui ne semble pourtant pas se manifester, puisque ceux qui oeuvrent dans l'industrie du rire ont complètement intériorisé les normes, valeurs et représentations du libéralisme économique.
L'humour, par définition iconoclaste, est un acte de résistance devant l'ordre établi, demeure un produit commandité par les entreprises et subventionné par les gouvernements. On ne peut alors se surprendre que l'humour traite seulement du quotidien banal de la vie sans rien brasser, sans porter de véritable critique politique et sociale. Tout ça n'a pas été mentionné aux Franc-tireurs. On s'attaque aux personnes comme Rozon, alors que le problème est structurel et beaucoup plus complexe. Mais l'important est de transformer la discussion en match de boxe. Vive la société de spectacle!
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