Le vote à deux piastres
Michel Goudreau - Pointe-à-la-Croix, Gaspésie
24 mars 2007
Saviez-vous que le vote de chaque électeur inscrit au Québec vaudra 2 $ aux partis politiques au cours d'un mandat de quatre ans? Si vous votez pour un parti, votre vote vaudra même davantage, car les «deux piastres» de ceux qui n'iront pas voter s'ajouteront aux «deux piastres» de ceux qui ont voté, selon la proportion des votes obtenus par chacun des partis.
D'abord, il faut savoir que ces «deux piastres» proviennent de vos taxes et impôts et sont versées en vertu de la Loi électorale sous forme d'allocations aux partis politiques. L'an dernier, toutes ces «deux piastres» ont rapporté 2 745 275 $ aux partis politiques et plus de 97 % de cette somme est allée aux trois grands partis (PLQ, PQ et ADQ) en fonction des votes qu'ils ont obtenus. Quand on sait que moins de 5 % de la population contribue aux partis politiques, le financement à même nos impôts devient très important.
Si on tient compte du fait que trois électeurs sur 10 n'ont pas voté en 2003, cela signifie que 97 % de toutes ces «deux piastres» des gens qui n'ont pas voté lors des dernières élections ont été redistribuées aux trois grands partis, ce qui a fait grimper leur allocation de 2 $ à 2,60 $ par vote obtenu.
Si jeunesse savait...
Chez les jeunes électeurs, la situation est pire encore. Selon une étude réalisée au niveau fédéral en 2004, 57 % des jeunes Québécois de 18 à 24 ans n'avaient pas exercé leur droit de vote. Ce faisant, ils se «tirent dans le pied».
Premier exemple: deux partis politiques (le PLQ et l'ADQ) qui ont reçu 64,3 % des votes aux élections de 2003 veulent augmenter les droits de scolarité s'ils sont élus, et ce, au grand dam des étudiants. Les jeunes qui n'ont pas voté aux élections de 2003 ont financé malgré eux ces deux partis à raison de la proportion des votes qu'ils ont obtenus, soit 64,3 % de leurs «deux piastres». En ne votant pas, ces jeunes maintiennent au pouvoir des partis politiques dont ils désavouent les politiques mais, pis encore, ils contribuent à leur financement. Pas très brillant!
Deuxième exemple: plusieurs électeurs (et je suis de ceux-ci) pensent que les trois principaux partis qui ont récolté 97 % du vote aux dernières élections sont tous devenus «conservateurs» ou de centre-droite. Une bonne part de ces électeurs voudraient appuyer un petit parti alternatif, comme Québec Solidaire ou le Parti vert, mais ils pensent que leur vote n'aura aucun effet et qu'il est «perdu» s'ils votent pour eux. Si seulement ils savaient...
Combien savent qu'en ne votant pas leurs «deux piastres» iront à 97 % à des partis dont ils ne veulent pas? Combien savent qu'avec 30 % des électeurs inscrits qui ne votent pas, il faut plutôt parler de deux piastres et soixante (2,60 $) qui iront à ces partis qu'on voudrait bien remplacer.
C'est pourquoi à ces élections-ci mon vote et mes 2,60 $ iront à un des deux seuls partis alternatifs sérieux que nous ayons au Québec: Québec solidaire ou le Parti vert.
D'abord, il faut savoir que ces «deux piastres» proviennent de vos taxes et impôts et sont versées en vertu de la Loi électorale sous forme d'allocations aux partis politiques. L'an dernier, toutes ces «deux piastres» ont rapporté 2 745 275 $ aux partis politiques et plus de 97 % de cette somme est allée aux trois grands partis (PLQ, PQ et ADQ) en fonction des votes qu'ils ont obtenus. Quand on sait que moins de 5 % de la population contribue aux partis politiques, le financement à même nos impôts devient très important.
Si on tient compte du fait que trois électeurs sur 10 n'ont pas voté en 2003, cela signifie que 97 % de toutes ces «deux piastres» des gens qui n'ont pas voté lors des dernières élections ont été redistribuées aux trois grands partis, ce qui a fait grimper leur allocation de 2 $ à 2,60 $ par vote obtenu.
Si jeunesse savait...
Chez les jeunes électeurs, la situation est pire encore. Selon une étude réalisée au niveau fédéral en 2004, 57 % des jeunes Québécois de 18 à 24 ans n'avaient pas exercé leur droit de vote. Ce faisant, ils se «tirent dans le pied».
Premier exemple: deux partis politiques (le PLQ et l'ADQ) qui ont reçu 64,3 % des votes aux élections de 2003 veulent augmenter les droits de scolarité s'ils sont élus, et ce, au grand dam des étudiants. Les jeunes qui n'ont pas voté aux élections de 2003 ont financé malgré eux ces deux partis à raison de la proportion des votes qu'ils ont obtenus, soit 64,3 % de leurs «deux piastres». En ne votant pas, ces jeunes maintiennent au pouvoir des partis politiques dont ils désavouent les politiques mais, pis encore, ils contribuent à leur financement. Pas très brillant!
Deuxième exemple: plusieurs électeurs (et je suis de ceux-ci) pensent que les trois principaux partis qui ont récolté 97 % du vote aux dernières élections sont tous devenus «conservateurs» ou de centre-droite. Une bonne part de ces électeurs voudraient appuyer un petit parti alternatif, comme Québec Solidaire ou le Parti vert, mais ils pensent que leur vote n'aura aucun effet et qu'il est «perdu» s'ils votent pour eux. Si seulement ils savaient...
Combien savent qu'en ne votant pas leurs «deux piastres» iront à 97 % à des partis dont ils ne veulent pas? Combien savent qu'avec 30 % des électeurs inscrits qui ne votent pas, il faut plutôt parler de deux piastres et soixante (2,60 $) qui iront à ces partis qu'on voudrait bien remplacer.
C'est pourquoi à ces élections-ci mon vote et mes 2,60 $ iront à un des deux seuls partis alternatifs sérieux que nous ayons au Québec: Québec solidaire ou le Parti vert.
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