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Un cri pour la paix venu du froid

Isabelle Paré   18 novembre 2002 
Ce n’est pas la neige, mais la possibilité d’une guerre en sol irakien, qui donne froid dans le dos aux centaines de manifestants qui ont dénoncé hier à Montréal et à Québec une éventuelle agression armée des États-Unis contre Badgad. En d
Photo : Jacques Grenier
Ce n’est pas la neige, mais la possibilité d’une guerre en sol irakien, qui donne froid dans le dos aux centaines de manifestants qui ont dénoncé hier à Montréal et à Québec une éventuelle agression armée des États-Unis contre Badgad. En d
La giboulée qui s'est abattue sur le Québec hier n'a pas refroidi les ardeurs de centaines de manifestants qui, à Montréal et à Québec, ont appelé le gouvernement fédéral à s'opposer fermement à une intervention armée des États-Unis en Irak.

Alors que les inspecteurs de l'ONU amorcent leur mission en Irak et que la menace d'une attaque américaine se concrétise, les manifestants de Montréal et Québec ont joint leur voix au mouvement mondial qui s'organise contre une agression éventuelle des États-Unis contre Bagdad. Des rassemblements similaires ont aussi eu lieu tout au cours de la fin de semaine dans 25 villes canadiennes, notamment à Toronto.

Malgré un froid de canard et la neige fondante, des centaines de personnes ont convergé vers le parc Lafontaine pour participer au rassemblement pour la paix organisé par la Coalition Échec à la guerre, qui réunit une cinquantaine d'organisations syndicales, d'associations communautaires et d'organismes de communautés culturelles, laïques et religieux. À Québec, le rassemblement avait lieu devant le Musée de Québec, sur les Plaines d'Abraham, balayées par un vent glacial.

Après des discours enflammés, le cortège de protestataires réunis au parc Lafontaine s'est mis en branle vers le centre-ville de Montréal, pour terminer sa marche pour la paix devant le complexe Guy-Favreau, une des principaux édifices fédéraux au coeur de Montréal.

Comme dans le reste du Canada, les manifestants, farouchement opposés à une nouvelle incursion de l'armée américaine en sol irakien, ont réclamé une prise de position ferme de la part d'Ottawa.

«On sent que la population du Québec est très sensible à ce qui se passe actuellement. Avec 5000 personnes dans les rues avec une température pareille, ça confirme aujourd'hui que les gens veulent vraiment que le gouvernement fédéral intervienne auprès de l'ONU. On n'a pas mis des organismes internationaux sur pied pour les laisser ne rien dire», a déclaré hier Monique Richard, présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).

Tout autour d'elle on pouvait entendre les militants scander: «Non à la guerre, oui à la paix!» et «Paix, peace, shalom, salam!» Pancartes à la main, ils s'en sont pris à Bush et à Blair, principaux instigateurs d'une nouvelle offensive contre le régime de Saddam Hussein. Des représentants d'organisations arabes, dont l'Association des organisations charismatiques musulmanes, ont aussi pris part à cette démonstration pacifique.

La présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, a elle aussi insisté sur l'importance que la population s'élève contre le «projet guerrier» des États-Unis. «L'attitude américaine est en train de bouleverser l'ordre international et de faire consacrer un droit à des guerres préventives. C'est tout à fait inadmissible», a-t-elle souligné.

Selon cette dernière, une attaque américaine ne réglera rien et plongera de nouveau le peuple irakien dans la misère et la désolation. «Derrière la guerre, il y a des milliers de personnes qui souffrent. On peut bien rêver de tout détruire en Irak, mais, ce faisant, on risque de mettre à mal les forces du progrès qui pourraient permettre une avancée et un redressement de la situation dans ce pays-là», estime la chef syndicale.

L'offensive militaire des États-Unis est d'autant plus scandaleuse, croit-elle, quand on pense aux milliards de dollars qui y seront engloutis, comparativement aux sommes dérisoires consacrées à l'aide internationale.

À ses côtés, on pouvait voir également des représentants du plus grand syndicat infirmier, la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec (FIIQ), de même que la présidente de la Fédération des femmes du Québec, Viviane Barbot.

«Même si les États-Unis ont réussi à arracher un consentement aux Nations unies, on voit qu'ils sont vraiment prêts à faire la guerre, et on veut attirer l'attention du monde entier sur le fait que c'est totalement injustifié de plonger le peuple irakien à nouveau dans la guerre et la désolation. C'est une défaite pour les droits de l'homme», a lancé la porte-parole de l'organisme de défense des droits des femmes.

Selon Mme Barbot, une nouvelle guerre en Irak serait non seulement un recul pour la démocratie, mais aussi un net recul pour les droits de l'homme.

«Ce sera aussi un recul pour les femmes, car dans toutes les guerres, ce sont toujours les femmes qui paient le prix le plus fort», dit-elle.

Hier, des manifestations semblables ont aussi eu lieu à Bruxelles, en Belgique, où près de 7000 personnes ont protesté contre une possible guerre en Irak. La veille, au Canada, environ 2500 militants anti-guerre étaient aussi allés protester devant la législature ontarienne, à Toronto, et des rassemblements similaires ont aussi eu lieu à Hamilton et Kingston en Ontario, à Calgary en Alberta, à Brandon au Manitoba, à Sydney en Nouvelle-Écosse et dans plusieurs villes de Colombie-Britannique.






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