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La fin du bipartisme

Bernard Descôteaux   23 mars 2007 
Les Québécois qui exerceront leur droit de vote le 26 mars sont à ce point partagés qu'il est possible que sorte des urnes ce jour-là un gouvernement minoritaire. Impossible, à quelques jours du vote, de prédire quelle en sera la couleur. Une telle perspective devrait inciter les électeurs à bien soupeser le choix qu'ils feront et à se rendre nombreux pour l'exprimer lundi. Afin de contribuer à cette réflexion, Le Devoir propose en deux temps les conclusions qu'il tire de ces cinq semaines de campagne.

Beaucoup de qualificatifs ont été employés pour décrire le déroulement de cette campagne. On a dit qu'elle était terne, ennuyeuse, qu'on ne débattait pas des grands enjeux auxquels le Québec fait face alors que, tout autour de lui, le monde change. Cela est vrai à bien des égards.

De l'avenir politique du Québec, on n'a ainsi guère parlé. La question n'a été qu'effleurée lorsque le premier ministre Jean Charest a évoqué des scénarios catastrophe en cas de victoire du OUI à un éventuel référendum sur la souveraineté tandis qu'André Boisclair s'est contenté de réitérer la volonté de son parti de tenir un tel référendum et que Mario Dumont a rappelé la plate-forme autonomiste du sien. Mais ce que serait le Québec indépendant du PQ, on ne le sait pas. Non plus ce que seraient l'État autonome du Québec de l'ADQ et le fédéralisme renouvelé du PLQ. Décevant!

De l'avenir économique du Québec, on n'a pas non plus eu de vision nouvelle de la part des trois partis de tête dans cette course. La mondialisation de l'économie jette à terre tout le secteur manufacturier, mais on ne nous a présenté que des mesures d'aide ponctuelles, notamment pour les régions. Aucun n'avait la feuille de route qu'on attend pour moderniser ce secteur et lui donner un nouveau souffle. Le taux de chômage a baissé, pourquoi donc se préoccuper de cela? Plutôt à courte vue, comme réaction!

Du système de soins de santé et du maintien de son caractère public, gratuit et universel, on n'a pas dit mot non plus. Pourtant, on sait que nombreux sont ceux qui brûlent de le remettre en question. Tôt ou tard, le problème se posera. Déjà, l'ADQ a ouvert la porte à un système à deux vitesses, mais au cours de cette campagne, on n'a vu se lever aucun champion pour dire «pas touche!».

Des problèmes quotidiens que vivent les Québécois, on aura par contre beaucoup parlé. Parmi ceux-là, il y a eu le statut des régions et leur capacité à garder leurs citoyens et, bien sûr, la longueur infinie des listes d'attente pour les chirurgies. La seule réponse à ce problème alarmant aura été qu'il faut «attendre» que sortent de nouvelles cohortes de médecins et d'infirmières.

***

Qu'il en ait été ainsi est révélateur non seulement de ce que sont devenus nos partis politiques mais peut-être plus encore de l'état d'esprit des électeurs. Le désintérêt des partis pour certains sujets correspond tout simplement au désintérêt des citoyens pour ces mêmes sujets, marketing politique oblige. Si on n'a pas débattu de l'avenir politique du Québec, c'est tout simplement parce que le sujet ne soulève pas de passions. André Boisclair aura beau avoir souligné sa volonté de tenir un nouveau référendum, il a pu constater que le goût pour un tel exercice n'y est pas.

Ce qu'aura révélé cette campagne, c'est un Québec qui se transforme. Plusieurs valeurs qui lui ont servi de repères ne sont plus sacrées. Le confirme certainement le fait que personne ne soit monté au créneau pour pourfendre la volonté de Mario Dumont d'instituer des cliniques privées de santé. Aux élections de 2003, libéraux et péquistes avaient fait front commun contre des projets du genre. La société progressiste qu'a voulu être le Québec depuis la Révolution tranquille l'est moins, dirait-on. Sur beaucoup de questions, l'opinion publique se fractionne. Les jeunes voient l'avenir différemment de leurs aînés, les régions autrement que les citoyens des grandes villes; tous n'ont plus les mêmes attentes envers l'État.

Les Québécois n'ont jamais été unanimes sur tout, mais ils ont déjà recherché davantage qu'aujourd'hui les consensus, au point de les ériger parfois en valeur absolue. Le Parti libéral comme le Parti québécois auront beaucoup contribué à cela par le passé. Tous deux se sont toujours vus comme des partis de coalition réunissant diverses tendances dont ils arrivaient à faire la synthèse. Mais ils ne sont plus ces partis de coalition. Le Parti libéral a perdu son aile autonomiste qui avait donné naissance à l'Action démocratique tandis que le Parti québécois a perdu son aile gauchiste, qui se retrouve aujourd'hui à Québec solidaire.

Pendant cette campagne électorale, le Québec a exprimé ses opinions de façon beaucoup plus diverse et beaucoup plus ouverte. La montée de l'ADQ et le succès relatif du Parti vert et de Québec solidaire sonnent la fin du bipartisme tel qu'on l'a connu depuis un siècle. Notre pratique de la politique et la gestion des affaires publiques en seront transformées. Plutôt qu'au sein du PLQ et du PQ, c'est à l'Assemblée nationale que se forgeront les coalitions et les consensus. Ce sera beaucoup plus sain, car les débats se feront à la vue de tous.

Cette transformation de l'échiquier politique a pris de court les deux vieux partis, qui n'avaient pas vu venir la fin de leur monopole sur la vie politique. Ils se sont vite retrouvés sur la défensive après seulement quelques jours de cette campagne qu'ils ont la plupart du temps menée en réaction au discours et au programme de l'Action démocratique. Propulsé à l'avant-scène par l'appui que lui apportait un lot d'électeurs désabusés ou protestataires, ce parti aura donné le ton. Pas étonnant qu'on ait mis de côté les débats de fond pour laisser place à une surenchère de solutions à nos petits problèmes de la vie quotidienne et à une démonisation de l'adversaire.

Certes, la campagne se termine sur un suspense qui lui donne un certain piquant, mais il serait pour le moins surprenant que nous retrouvions l'Action démocratique en première place au fil d'arrivée. Il ne faudrait surtout pas que cela se produise. La chose a été dite plusieurs fois: l'ADQ n'a qu'un chef et pas d'équipe. Elle n'est pas prête à prendre la direction des affaires publiques; ses tentatives de mettre en oeuvre son programme conduiraient à des catastrophes en chaîne et à des tensions sociales inutiles. Que l'ADQ arrive à se faufiler à la première place serait la pire chose qui puisse arriver. Ne jouons pas les apprentis sorciers!

Il faut bien sûr prendre acte de la force que représente maintenant ce parti, mais voyons d'abord s'il sera capable d'acquérir la maturité qui lui manque. Voyons si le ras-le-bol qui fait une partie de son succès persistera. Pour l'instant, il est certain que notre destin collectif sera mieux assuré en le confiant au Parti québécois ou au Parti libéral. La meilleure place pour l'Action démocratique est sur les banquettes de l'opposition.

Demain: le choix du Devoir

bdescoteaux@ledevoir.ca
 
 
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  • David Litvak - Inscrit
    23 mars 2007 00 h 21
    Un scrutin qui n'est plus conforme au Québec 2007
    Il est clair, comme le constate M. Descôteaux, que le Québec a changé, que la donne politique s'est fractionnée. Cela relève de la pluralisation de la société québécoise. Ce qui frappe surtout, et je tiens compte de plusieurs commentaires de citoyens dans Le Devoir ou ailleurs, c'est que le mode de scrutin est, je dirais, dangereusement, inadapté à cette réalité sociétale, pourtant si évidente.

    Il me semble que la réforme du scrutin devrait être entreprise maintenant, pour assurer que le Québec politique reflète l'image du Québec société.

    David Litvak
    Campagne pour une Assemblée citoyenne sur la réforme du mode de scrutin
    Site web et pétition: www.assemblee-citoyenne.qc.ca
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  • Léandre Nadeau - Abonné
    23 mars 2007 01 h 44
    Je suis un peu beaucoup déçu de votre analyse
    Je suis un peu beaucoup déçu de votre analyse. Vous déplorez que des discussions de fonds n'aient pas été tenues durant cette campagne. À en juger par les reportages qu'on a vus à la télévision et dans la presse écrite, vous avez raison. Mais la presse écrite porte une lourde responsabilité à cet égard. J'aurais aimé que vous analysiez un peu le rôle des médias dans cette campagne. Ils n'ont pas du tout contribué aux débats de fonds que vous auriez aimé voir. Au contraire. Les reportages des médias ne portaient trop souvent que sur les aspects anecdotiques de la campagne. On peut accepter une telle chose de la part des médias électroniques. Mais un tel traitement de la nouvelle par la presse écrite est tout à fait inacceptable, surtout du Devoir. Je comprends les journalistes de ne pas vouloir jouer les courroies de transmission. Mais, le travail devrait pouvoir se partager en deux volets : un travail de transmission du message des partis et un travail de mise en contexte et d'analyse. Trop souvent, le public n'a pas eu accès à l'information de base que voulaient transmettre les partis. Les reportages portaient sur des anecdotes (les journalistes rivalisaient pour celui qui trouverait l'anecdote la plus juteuse) ou sur l'engagement du jour de l'ADQ. À mon avis, la presse écrite doit faire de la place pour une information de base plus fournie. Et elle doit s'organiser pour que les analyses aillent plus en profondeur, en favorisant diverses perspectives, quitte à faire appel à des experts de l'extérieur. Au lieu de cela, nous avons eu affaire à peu d'informations de base, à un traitement peu rigoureux de la nouvelle et à beaucoup d'anecdotes insignifiantes. Je vous comprends d'être un peu désabusé. Personnellement, j'ai plus appris et senti les choses en parcourant les blogues. Et je ne suis pas désabusé.
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  • Georges Paquet - Abonné
    23 mars 2007 05 h 28
    Demain...
    Puisque nous sommes dans un exercice de prédictions, je vais me risquer à dire que je ne serais pas surpris d'apprendre demain que Le Devoir souhaite l'élection d'un gouvernement péquiste en émettant, sans doute, un second souhait, qu'il ne tienne pas de référendum. On ne voit pas Le Devoir renoncer à forcer une évolution de "la question nationale" par tous les moyens en soutenant que les libéraux et les adéquistes ne s'y engagent pas résolument. Mais Le Devoir ne sera sans doute pas prêt à prendre le risque qu'un troisième référendum soit perdu. D'ailleurs les chances qu'il y ait un référendum d'ici à une prochaine campagne électorale sont très minces. L'élection d'un gouvernement libéral, même minoritaire, exclut totalement cette possibilité. L'élection d'un gouvernement minoritaire péquiste l'exclut également. On ne voit pas les libéraux et les adéquistes donner leur accord à une telle démarche. Un gouvernement péquiste majoritaire, que l'éditorialise lui-même ne voit pas venir, trouverait probablement une expresssion équivalente aux "conditions gagnantes" pour remettre constamment à plus tard la tenue d'un référendum qu'une grande majorité de Québécois ne souhaite pas. "Le goût pour un tel exercice n'y est pas" lit-on. Il serait surprenant d'ailleurs que les Québécois se décident a élire majoritairement un parti qui laisserait planer un doute, durant plusieurs années encore, sur une possibilité qu'il ne souhaitent pas voir se réaliser.

    Georges Paquet
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  • Gilles Laterrière - Inscrit
    23 mars 2007 06 h 47
    La fin du bipartisme n'est pas souhaitable
    J'espère que nous n'assistons pas à la fin du bipartisme car il n'y aurait pas lieu de s'en réjouir. Les gouvernements minoritaires sont en général inaptes pour diriger les affaires publiques et les joutes partisanes, suceptibles d'alimenter les débats parlementaires, n'éclaireront pas davantage la population.
    La fin de la coalition dans les grands partis n'aportera pas grand chose de bon, particulièrement du côté des idées progressistes qui sont nécessaires pour influer de véritables changements. Il est remarquable que les idées progressives mises en place dans notre société ont été réalisées tantôt par les libéraux et tantôt par le Parti Québécois. Cette amalgame a surtout permis d'inscrire ces idées progressives dans la durée parve qu'elles ont reçu la caution tour à tour des eléments conservateurs des deux formations. L'alignement politique que cette fin du bipartisme annonce produirait peut être davantage de débats satisfaisants au plan intellectuel mais plus de confusion au plan de l'action.

    Gilles Laterrière
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  • Hélène Perras - Inscrite
    23 mars 2007 07 h 57
    Envers et contre tout : voter PQ
    Cher monsieur,
    Votre regard sur la situation politique actuelle me semble juste quoique cartésien ! Mais, je ne suis pas d'accord quand vous vous inquiétez du <Québec indépendant du PQ>, ce sera plutôt le Québec indépendant des Québécois, non ? Justement, parce qu'on en paie le prix sans l'avoir, on devrait finir de tergiverser et prendre en mains les commandes :donc voter PQ. À ces raisons s'ajoute la question du français. Comme c'est à M Lévesque qu'on doit dire merci, il faudrait le faire par PQ interposé : donc voter PQ. Envers et contre toutle reste !
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  • Jean-Claude Couture - Abonné
    23 mars 2007 09 h 49
    La fin du bipartisme
    Excellent texte mais qui occulte,à mon avis, le rôle des médias face à l'absence de débats de fonds. Quand les jounalistes se péoccupent plus de petits scandales et autres insignifiances que d'idées et d'orientations fondamentales pour la société québécoise on évitera de parler des vrais problèmes. Si les médias sont un rouage essentiel à la démocratie faisont en sorte qu'elle soit à la hauteur.
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  • nilo - Inscrit
    23 mars 2007 09 h 56
    des élections au printemps...
    Dumont selon bien des observateurs défie la loi de la gravité?... La plupart des électeurs s'en réjouissent. La gravitation mène pourtant l'univers. Donc, il faut composer avec, sinon on part dans l'espace.

    Charest avance avec son aimant dans sa poche. Cela explique bien des succès et de ses revirements réussis. Son aimant est sur une boussole et la boussole est dans sa poche. Avec Dumont dans l'environnement, sa boussole devient folle, parce que Dumont est déroutant, de là sa force. Charest le plus souvent est sans réponse. Regardez son visage. Pour une phrase qu'il dit, on voit défiler 3 phrases sur son visage qu'il choisit de ne pas dire, parce que sa boussole cafouille. Ca se voit. Comment peut-il ne pas être tanné de cette campagne? Mettez-vous à sa place, cet homme qui, il y a 15 ans, était vice-premier ministre d'un Canada conservateur, doit se sentir en mission commandée au travers de ces jeunes loups. C'est un peu ça sa campagne, en plein printemps de la nature comme du pays.

    Boisclerc n'a pas la boussole de Charest. Cependant, il a un éclaireur unique et expérimenté dans l'équipe bloquiste qui a quand même près de 50 députés sur l'autre rive...

    Boisclerc n'est pas l'électron libre qu'est Dumont qui fait feu de tout bois, flèche de toute branche, et cible de tout obstacle, mais à chaque déclaration, Boisclerc doit imaginer qu'il pourrait être obligé de mettre en oeuvre chaque mesure tout en regardant la conséquence sur le Pays, si le pouvoir lui tombait dans les mains. C'est pas rien. Qui pouvait dire que le fruit était mûr en 1976?

    La plus belle nouvelle de la campagne, c'est que tous les partis ont une commission jeunesse dirigée chacune par des jeunes. J'entends présentement leurs leaders échanger entre eux à la radio de Radio-Canada comme des jeunes pros. J'ai 60 ans et je m'en réjouis infiniment parce que cela me rend encore plus fier d'être québécois, parce qu'ils sont tous pacifiants, autant que le trio des ex qui nous commentent l'actualité à la télévision.

    Oneil Bouchard
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  • Baptiste1 - Abonné
    23 mars 2007 09 h 57
    Un bon changement
    Je partage votre analyse et j'espère qu'il émergera de cette élection un réalignement des forces politiques au Québec. L'éternelle polarisation des débats entre la souveraineté et le fédéralisme doit cesser car elle nous éloigne des vrais problèmes depuis 40 ans. Deux référendums c'est assez. Passons à autre chose.
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  • Jacques Léger - Inscrit
    23 mars 2007 10 h 17
    LES VOIX DE L'AVENIR
    Je ne sais monsieur Descôteaux où nous entraînera votre éditorial de demain. Si La Presse opte pour un gouvernement libéral majoritaire on peut soupçonner que Le Devoir proposera un gouvernement minoritaire sous la direction du Parti québécois. Ces deux journaux, après les contorsions d'usage, nous ramènent à la fin dans les mêmes vieilles ornières. Pour moi , face aux défis plus qu'urgents que cette planète en dérive nous invite à relever, j'aurais préféré que "nos penseurs" éditorialistes nous invitent à rejoindre davantage le Parti vert du Québec malgré la faiblesse organisationnel de cette formation politique. JACQUES LÉGER, MONTRÉAL
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  • réal rodrigue - Inscrit
    23 mars 2007 10 h 57
    La fracture
    Cher monsieur,

    Mercredi, dans les pages du Devoir, M. Gravel se réjouissait du temps nouveau qui s'annonçait dans le Québec politique d'aujourd'hui. Il déplorait le bipartisme parce qu'il aboutissait selon lui à la stagnation, et dans ce contexte il célébrait le « nationalisme d'autonomie » qu'incarnerait l'ADQ.
    Pareille analyse, à mon sens, escamote la difficile situation que le Québec a à vivre au sein d'un Canada qui supporte mal la différence que représente notre nation. Le ras-le-bol s'explique bien par le peu de marge de manoeuvre dont dispose la Province. C'est un combat éreintant que mènent « les vieux partis » pour reprendre une expression qui permet de flétrir le PLQ et le PQ sans aller au fond des choses. La réalité c'est que le combat qu'ils mènent se heurte à des résistances qui découragent les impatients, comme le dossier de la péréquation le prouve ou encore la reconnaissance tardive que les Québécois forment une nation - une reconnaissance qui se voudrait purement symbolique comme l'ont dit tous les commentateurs.
    Il faudrait donc, avant toute chose, tâcher de comprendre d'où vient l'actuelle fracture dans l'électorat. En toute hypothèse, on peut penser qu'elle tient à l'impatience que plusieurs ressentent en constatant le peu de progrès réel obtenu par le PQ et cette fois-ci par le PLQ. On peut leur décocher des flèches parfois avec raison comme nous le faisons ici dans notre région à propos de la privatisation du Mont-Orford, mais il faut avouer que les problèmes économiques auxquels notre société se trouve confronté ne se laisse pas résoudre sans l'accord du Fédéral en bien des domaines, par exemple en ce qui touche la forêt, l'industrie agro-alimentaire, les accords de Kyoto. Le PQ a l'avantage d'un discours clair, mais son option plafonne de telle sorte que le rêve du pays s'estompe, alors que le PLQ et l'ADQ misent tous deux sur un fédéralisme d'ouverture qui sera toujours à la discrétion des partis fédéraux.
    En bref, ce que je dis c'est un peu ce que Hubert Aquin appelait « la fatigue culturelle du Canada-français ». Mais, aujourd'hui, on atteint un point de fracture qui fait que les consensus d'hier paraissent s'effriter. Le vent qui souffle et favorise présentement l'ADQ m'a tout l'air de provenir d'une déception dont on accuse à tort le bipartisme de s'être rendu coupable.
    Réal Rodrigue
    Mansonville, canton de Potton (Estrie)
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  • Michel Simard - Abonné
    23 mars 2007 12 h 14
    Occulter la question nationale, c'est être pour le statu quo
    À tous ceux qui affirment être fatigués des débats relatifs à la question nationale, il faudrait qu'ils comprennent bien que faire semblant que cette question n'existe pas, c'est de facto accepter le fédéralisme de statu quo, c'est accepter de livrer le destin aux aléas des décisions personnelles de premiers ministres à Ottawa. Faut-il le rappeler : ne pas communiquer, c'est communiquer! Avoir peur de s'affirmer comme Québécois, c'est être Canadien! Jean Charest en est la preuve vivante.
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  • Richard Lavoie - Abonné
    23 mars 2007 12 h 49
    Un journal indépendant?
    Tout au long de la campagne j'ai suivi les éditoriaux du journal Le Devoir en tant que lecteur assidu. J'ai longtemps considéré que c'est le seul vrai journal indépendant dont la qualité des analyses permet de rehausser le débat au-dessus de basses considérations partisanes. Force m'est de constater que la campagne électorale aura mis cette réputation à rude épreuve. Si l'on ne peut qualifier les tendances du journal en faveur d'aucun parti, il est maintenant clair, qu'au fil des semaines, ses éditorialistes et chroniqueurs politiques auront clairement révélé leur position anti-ADQ. D'ailleurs il y a absence quasi-totale de commentaires des lecteurs en faveur de ce parti, qui recueille tout de même l'approbation d'une frange substantielle de la population. Aurait-on été jusqu'à l'indécence de donner des directives internes à cet effet?

    L'éditorial du 23 mars de Bernard Descôteaux aura fait paraître au grand jour toute la suffisance et la condescendance de son discours envers l'ADQ. Il semble juger le choix des sympatisants adéquistes comme motivé strictement par le désabus et la contestation, et à aucun moment n'a l'honnêteté intellectuelle élémentaire d'y accorder la moindre intelligence. S'est-il même posé la question que le choix envers l'ADQ puisse être motivé par la conviction qu'il est le parti qui représente le mieux les préoccupations des citoyens, qu'il est le mieux habilité à faire avancer le Québec?

    Certes cette attitude de l'élite journaliste est navrante, surtout provenant d'un journal de qualité tel Le Devoir. Cela me conforte néanmoins dans ma décision d'appuyer l'ADQ. Ce parti dérange l'establishment et cela en soit est raison valable pour leur accorder mon appui.

    Richard Lavoie
    Montréal
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  • Fernand Bélair - Inscrit
    23 mars 2007 14 h 45
    Meilleure analyse que monsieur Pratte de La Presse, en tous les cas!
    Il y a quelques jours, monsieur Pratte de La Presse, en bon serviteur de son employeur, mentionnait que l'ADQ n'avait pas d'équipe mais qu'il fallait lui assurer une présence significative à l'Assemblée Nationale. Belle logique si on pense que l'Assemblée Nationale n'est rien d'autre qu'un dépotoir pour opinions sans base et pour solutions sans structure. Toutefois, si notre démocratie veut encore dire quelque chose et si notre système de représentation veut au moins assurer que le rôle de député soit bien assuré, je pense qu'il faut un peu plus de jugement! Heureusement qu'il y a d'autres partis qui peuvent porter le flambeau!
    Fernand Bélair, Québec
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  • - Abonné
    23 mars 2007 14 h 47
    Moi! Moi! Je, me, moi!
    Il ne suffit que de troquer l'ordinateur pour le contact direct avec l'INDIVIDU la rue et de le faire parler. Je vous assure qu'il n'y a rien de plus facile que de le faire parler, IL NE DEMANDE QUE ÇA! On dirait même qu'il s'était fermé depuis 4 ans et que l'élection lui ouvre la porte à un défoulement débridé. DES OPINIONS, L'INDIVIDU de la rue, il en a. Moi! Moi! Je, je, me, moi! De plus, il sait tout, comprend tout et il se s'en très fort, voir même infaillible. On appelle ça de la Démocratie. Quelques slogans, une vague populaire, du ras-le-bol, du cynisme et beaucoup de nombrilisme pour déterminer l'expression démocratique ultime.

    ET LE CHOIX SÉRIEUX D'UN GOUVERNEMENT POUR nous tous, LES QUÉBÉCOIS, il me semble que cela nécessite beaucoup plus, c'est à dire, de bien connaître les divers programmes et de leur faisabilité, de bien connaître les candidats et ce qu'ils représentent, de comprendre comment fonctionne le pouvoir et ses limites, de comprendre comment fonctionne l'économie, de voir les aspects sociaux, les autres individus participant à la société, les autres pouvoirs, etc.

    Ce n'est certainement pas par le visionnement des photos du Journal de Montréal (cynique pour un et pour le profit) avec un intéressement particulier pour la section des sports que l'INDIVIDU de la rue peut atteindre à une connaissance suffisante pour prendre une décision éclairée. C'est plutôt du côté des sentiments que la réponse doit se trouver, pour la formation d'une opinion permettant de faire un choix, ce lundi 26 mars 2007.

    Reconnaissez donc avec moi que c'est l'INDIVIDU de la rue qui déterminera le prochain gouvernement du Québec et que ce n'est certainement pas après de sérieuses réflexions, mais plutôt avec beaucoup de NOMBRILISME, d'ÉMOTIVITÉ, dans les bruits de la société et la dé-organisation de l'esprit. Moi! Moi! Je, je, me, moi!

    Jean DuClair, autono-sépara-fédéraliste, partisan des Canadiens de Montréal du Québec des régions au Canada.
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  • Fernand Bélair - Inscrit
    23 mars 2007 16 h 05
    Oui, la fracture demeure possible!
    Je conviens que les médias ont porté beaucoup plus d'attention aux faits divers qu'aux enjeux fondamentaux posés par cette campagne électorale. Il me semble, en effet, qu'ils auraient pu faire oeuvre utile de soulever les risques d'une fracture sociale potentielle. Les gens plus âgés ont peur; ils s'engagent donc à soutenir que la santé doit être la priorité numéro 1 du gouvernement; les jeunes électeurs adéquistes s'inquiètent de la part de revenus qu'on leur enlève pour financer des programmes publics et insistent pour que tous les assistés sociaux, sans nuance, occupent un emploi et que tous les étudiants se débrouillent pour payer leurs études s'ils croient cela utile pour leur futur. Où se trouve la générosité intergénérationnelle? Il me semble qu'il y a là des questions intéressantes à poser aux partis politiques pour les inciter à développer des projets plus rassembleurs et généreux. Sinon, c'est le chacun pour soi qui se prépare et c'est assez inquiétant!
    Fernand Bélair, Québec
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  • André Julien - Inscrit
    23 mars 2007 16 h 32
    Le destin du borgne
    La possibilité d'un résultat multipartisme forcera le partisan pur et dur à ouvrir l'autre oeil pour reconnaitre les possibilités réelles s'offrant à son parti d'aller pêcher des alliés opportunistes dans les partis adverses pour réaliser ses objectifs.
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  • Jean Desjardins - Abonné
    23 mars 2007 18 h 00
    Une Société à construire...
    Monsieur Descôteaux.

    Je partage votre analyse de la campagne électorale en cours, notamment en regard de votre questionnement sur les thèmes de l'avenir politique du Québec ainsi que de son avenir économique. Deux thèmes largement escamotés qui sont les piliers de toute Société moderne qui se dit équilibrée. Une Société apte à faire face à de nombreux défis importants, certes, mais qui dépendent en grande partie des premiers. Qu'on parle d'identité culturelle, d'environnement, de santé, d'éducation, de culture, de répartition de la richesse, de prospérité, de mondialisation, etc. en effet, comment résoudre ces vastes problèmes sans convenir d'un projet de Société qui concilie aussi bien les enjeux sociaux que les impératifs économiques qui doivent les supporter ? Comment repérer le vrai projet de Société de chacun des partis en lice ? Désolé mais ce n'est certes pas par le peu de zèle des médias à pousser chacun des chefs de parti dans leurs retranchements respectifs qu'on s'y retrouvera.

    Les crypto-fédéralistes

    J'en veux infiniment aux crypto-fédéralistes qui, d'élections, en référendum et de nouveau en élections dévient cyniquement le débat de fond sans jamais aborder les vrais contenus. En effet, ces tristes sirènes ne trouvent rien à offrir que de montrer des épouvantails contre le projet de Souveraineté du Québec sans jamais expliquer leur propre option. En effet, en quoi le Canada démontre-il une assurance de prospérité culturelle, sociale et économique pour le Québec dans l'avenir ? Motus et bouche cousue. Sauf l'ultime nirvana de demeurer mendiants de la Confédération. On choisit une option de vie non pas parce qu'on a peur du changement mais bien parce qu'on y croît et surtout, qu'on est capable de la défendre par une argumentation appuyée, sans faux-fuyants. Choisir en adulte, quoi ! Je ne trouve pas ce désir chez nos ténors fédéralistes qui somme toute, ramènent systématiquement le débat au niveau des peccadilles et des enfantillages. À moins que ce ne soit le but ...

    Les indépendantistes-pressés et la go-gauche

    J'en veux tout autant aux indépendantistes-pressés qui, de congrès en congrès du PQ et en élections, ramènent au programme de ce parti la suicidaire et inutile contrainte d'aller en référendum (avec échéance ultra-courte, SVP, rien de trop beau !) indépendamment des conditions qui prévaudront tout au long du processus d'accession à la Souveraineté. Se tirer dans le pied avant de partir pour un marathon, quelle inconscience ! Eux-aussi réduisent un débat aussi fondamental que la Création d'un pays à une argumentation entêtée et infantile sur les moyens.

    Même chose pour les sbires de la go-gauche qui empêchent obstinément le repositionnement du Parti Québécois vers le centre. Ce qui assurerait de maintenir un bon équilibre entre le conservatisme économique et le progressisme social dans le nouveau pays à construire. Mais non ! Il est urgent de faire la lutte des classes et de cracher sur tout ce qui peut s'apparenter à l'argumentaire visant la prospérité économique. À cet égard, on consultera l'éditorial de Alain Dubuc dans La Presse de ce matin. À mon avis, Alain Dubuc campe très bien les difficultés rencontrées par André Boisclair et le PQ tout au long de cette campagne électorale. Ce qui est fort, c'est que ce fédéraliste éclairé fournit un matériel exceptionnel au PQ et à tous les souverainistes ! Du moins ceux qui ont de grandes oreilles. C'est à espérer que le PQ fera un solide examen de conscience et s'ouvrira l'esprit en regard de sa difficulté à mobiliser ses appuis. C'est une erreur que de se limiter à récupérer les brebis égarées de gauche. Au PQ, il y a un bon nombre de brebis égarées de droite (qui sont au centre de l'échiquier québécois, à mon avis) qui ne s'y retrouvent plus. Plusieurs voteront malgré tout pour le PQ, non pas par stratégie à courte vue mais bien parce que ça a coûté trop d'efforts jusqu'à maintenant pour laisser tomber un projet aussi exaltant que la création du Pays du Québec. J'en suis ! Ce sera un oui, mais...

    Conclusion

    Malgré ses défauts et ses erreurs de parcours, je suis d'avis que le Parti Québécois est le parti qui s'approche le plus près des besoins des Québécois, présentement. Celui qui est le plus apte à livrer la marchandise. Aussi bien le contenu que l'équipe. Majoritaire ou minoritaire, peu importe.

    Référendum à court terme en moins, cependant. Il reste tellement de conditions à mettre en place, de toutes manières. Pas besoin de mettre la charrue devant les boeufs. Anyway, je crois au sens commun et au bon jugement d'André Boisclair et de ses candidats. Ils sauront ajuster le tir, le moment venu. Dans les circonstances, il est impossible que le prochain référendum ait lieu au cours du prochain mandat du PQ. Quoiqu'il arrive, il y aura toujours au rendez-vous des personnes sages qui empêcheront une minorité de têtes brûlées d'imposer des rendez-vous historiques suicidaires. J'en serai. Avec modestie. Souverainement et fermement.


    Jean Desjardins

    Laval
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  • Philippe Champagne - Inscrit
    24 mars 2007 18 h 50
    Mon analyse de celle de Bernard Descôteaux
    Monsieur Descôteaux,

    Dans l'ensemble, je suis relativement satisfait de votre texte du vendredi 23 mars 2007, intitulé LA FIN DU BIPARTISME.

    Vous dîtes de grandes vérités mais votre analyse est complètement faussée par une seule de vos phrases assassines, un peu comme ceux qui s'ils pèchent contre un seul commandement, sont coupables envers tous.

    Cette phrase lapidaire et sans fondement, aujourd'hui cliché dans la bouche d'un technicien de l'écrit comme vous êtes supposé l'être, est de mettre le parti québécois au rang de vieux parti.

    Cette réflexion en sourdine est indigne de vous. Ne vous imaginez pas que ce sont des imbéciles qui vous lisent.

    C'est ce genre de propos saugrenus, hypocrites, que les gens avisés s'empressent de dénoncer.

    Le seul lieu commun que vous auriez dû employer dans votre analyse souillée par cette réflexion vôtre, est qu'il n'y a qu'un seul vieux parti à l'Assemblée nationale, le parti libéral du Québec qui, je vous le signale, a 140 ans, 100 de plus que le parti québécois.

    Ne coupez pas si vite les ailes de nos deux jeunes tourtereaux à Québec par votre conformisme désobligeant, pour ne pas dire automatiste de votre part. Vos réflexes commencent à être rouillés.
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