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Libre opinion: Un leadership fort orienté vers l'avenir

Lise Bacon - Ancienne vice-première ministre du Québec et sénatrice  22 mars 2007 
Le Québec connaît un succès sans précédent au chapitre de sa vitalité culturelle avec des créateurs au talent indéniable et dont le succès est d'envergure planétaire. On n'a qu'à penser au Cirque du Soleil ou au cinéaste Denys Arcand pour s'en convaincre. Malgré tous les succès que nous connaissons à l'heure actuelle, et ce, dans de multiples domaines, la présente campagne électorale nous laisse tous sur notre appétit. Comment expliquer cela?

Il n'y a pas de formule magique pour exercer du leadership en politique. Mais pour parvenir à mobiliser la population et exercer un leadership efficace, deux ingrédients essentiels doivent être au rendez-vous: un projet de société cohérent, susceptible de générer de l'enthousiasme, et aussi — c'est très important — un leader capable d'incarner avec conviction et passion le projet d'avenir qui lui est cher.

Présentement, le Québec cherche la meilleure voie pour assurer son avenir. Les chefs des grands partis politiques ont l'avantage d'avoir l'expérience de la vie publique. Néanmoins, les Québécois sont toujours divisés sur la nature de leur prochain gouvernement, et ce, à quelques jours du scrutin. Tout semble encore possible.

Pour diriger, il faut certes tenir compte des besoins des gens qu'on aspire à représenter en formant leur gouvernement. Les sondages influencent de manière permanente la façon dont les décideurs orientent leurs choix, même s'ils sont récalcitrants à le reconnaître publiquement. Ainsi, on parle de santé et d'éducation, car cela touche le quotidien de beaucoup de gens. Les sondages confirment cela. On parle de soutien aux régions — oui, c'est important —, mais cela représente aussi des votes en grand nombre dans des comtés qui font la différence entre l'opposition et le pouvoir.

Le Québec, avec ses créateurs audacieux qui connaissent un succès mondial, recèle un potentiel incroyable non seulement au chapitre du dynamisme culturel mais aussi en recherche et développement, dans le secteur aérospatial, dans l'industrie pharmaceutique, etc. Nous devons être fiers de nos réalisations passées et faire preuve d'ambition pour relever avec succès les défis posés par l'avenir. Il importe aussi de faire les bons choix quant au style de gouvernement que nous souhaitons pour nous guider.

Le Québec n'est pas facile à gouverner. Les réflexes corporatifs sont puissants et les groupes de pression influents. Mais certaines réformes sont parfois nécessaires, par exemple le maigre dégel des droits de scolarité à l'université proposé par l'actuel parti gouvernemental. Pour changer les choses, il importe de sortir de la zone de confort dans laquelle nous sommes si nous voulons vaincre la résistance au changement qui constitue souvent notre premier réflexe.

La crise identitaire permanente que connaît le Québec de l'après-Révolution tranquille divise les forces génératrices de progrès économique et social en deux camps opposés. Cela monopolise aussi le débat politique, comme l'a prouvé une bonne partie de la campagne. Bien que notre statut minoritaire en Amérique du Nord nous invite à continuer à lutter pour exister, nous sommes incapables de nous entendre sur les moyens d'y parvenir.

Récemment, nous avons pu constater que le fédéralisme canadien peut avoir différents visages et qu'il demeure un arbre vivant capable d'évoluer. Les astres ne sont tout simplement pas alignés pour une nouvelle «consultation populaire» sur l'avenir constitutionnel du Québec en ce moment. Or c'est la pièce maîtresse du programme du Parti québécois d'André Boisclair. Mauvais timing...

L'Action démocratique du Québec demeure le parti d'un seul homme qui, bien qu'énergique et dévoué à son travail, ne pourra vraisemblablement pas occuper à lui tout seul tous les postes ministériels en l'absence d'une équipe plus solide et plus expérimentée. Et en l'absence d'un plan d'avenir plus convaincant sur le plan financier, nous courons un risque trop peu calculé en lui accordant notre appui dès maintenant.

Jean Charest et son équipe ont déjà fait leurs preuves. Ils peuvent mener le Québec à bon port. Ils sollicitent l'occasion de compléter un travail remarquable dont on néglige parfois de vanter les mérites. Nous laissons trop souvent l'arbre cacher la forêt quand il s'agit d'évaluer les réalisations et l'action de l'équipe dont Jean Charest est à la tête.

Pour bien saisir l'importance de l'action du gouvernement dirigé par M. Charest, il importe d'analyser la situation à travers le prisme des intérêts actuels et futurs du Québec. Le gouvernement de Jean Charest a bien géré les finances du Québec et la question du déséquilibre fiscal. Il a présidé à des accords d'importance historique pour le Québec, entre autres, avec le gouvernement de Paul Martin, une entente asymétrique sur la santé puis, avec celui de Stephen Harper, une entente permettant la représentation du Québec à l'UNESCO.

De plus, la nation québécoise a été reconnue par le Parlement fédéral à Ottawa. La portée symbolique de ce geste est considérable. Bref, le leadership indéniable de M. Charest au sein de la fédération de même que sa volonté de tout mettre en oeuvre pour que l'union canadienne fonctionne débouchent sur des résultats concrets dont les répercussions vont bien au-delà du court terme.

De tous les chefs en présence, Jean Charest est celui qui incarne le mieux les qualités de leadership qu'il importe de déployer dans l'action gouvernementale. Il a un projet d'avenir qui consiste à renforcer la place du Québec à l'intérieur de la fédération canadienne. Il est celui qui se présente devant la population avec des résultats tangibles en poche et une équipe expérimentée, aguerrie et diversifiée pour préparer l'avenir. Et cela doit compter à l'heure des choix.
 
 
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