Dure est la vérité
Denise Bombardier
10 mars 2007
Seuls les naïfs ou les militants aveuglés se scandaliseront des arguments présentés par ceux qui s'opposent à la sécession du Québec et qui mettent en lumière les risques et les perturbations que cela entraînerait. Les indépendantistes responsables et lucides le savent, eux, et cela ajoute à la gravité avec laquelle ils défendent leur option. Pauline Marois a payé cher sa franchise lorsqu'elle s'est refusée à banaliser les conséquences d'un OUI au référendum. Elle a parlé de turbulences et sa déclaration lui a retiré des appuis dans la campagne à la direction du parti. On ne dira jamais assez à quel point René Lévesque était habité par cette lourde responsabilité de faire accéder son peuple à la souveraineté. Il en connaissait les risques, il avait peur aussi, mais il misait sur l'espoir et croyait que la dignité de son petit peuple qui était un grand peuple, comme il l'a dit le soir du 15 novembre 1976, justifiait les turbulences et les perturbations momentanées. Il n'a jamais tenté de banaliser le prix qu'il fallait payer. Il estimait — et, en cela, certains adversaires le croyaient lui-même naïf — que la volonté démocratique exprimée au référendum imposerait au Canada anglais et au reste du monde la reconnaissance officielle d'un Québec souverain.
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