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Dure est la vérité

Denise Bombardier   10 mars 2007 
Seuls les naïfs ou les militants aveuglés se scandaliseront des arguments présentés par ceux qui s'opposent à la sécession du Québec et qui mettent en lumière les risques et les perturbations que cela entraînerait. Les indépendantistes responsables et lucides le savent, eux, et cela ajoute à la gravité avec laquelle ils défendent leur option. Pauline Marois a payé cher sa franchise lorsqu'elle s'est refusée à banaliser les conséquences d'un OUI au référendum. Elle a parlé de turbulences et sa déclaration lui a retiré des appuis dans la campagne à la direction du parti. On ne dira jamais assez à quel point René Lévesque était habité par cette lourde responsabilité de faire accéder son peuple à la souveraineté. Il en connaissait les risques, il avait peur aussi, mais il misait sur l'espoir et croyait que la dignité de son petit peuple qui était un grand peuple, comme il l'a dit le soir du 15 novembre 1976, justifiait les turbulences et les perturbations momentanées. Il n'a jamais tenté de banaliser le prix qu'il fallait payer. Il estimait — et, en cela, certains adversaires le croyaient lui-même naïf — que la volonté démocratique exprimée au référendum imposerait au Canada anglais et au reste du monde la reconnaissance officielle d'un Québec souverain.
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  • Marc A. Vallée - Abonné
    9 mars 2007 22 h 12
    Le Canada et les États-Unis
    Les souverainistes, indépendantistes ou séparatistes, assument que dans le cas d'un vote pour la séparation du Québec, la négociation avec le reste du Canada sera facile. Au contraire, comme le dit Jean Charest, c'est un trou noir. Une des raisons pour lesquelles c'est un trou noir, c'est que, contrairement à la conception de nombreux Québécois, le Canada hors Québec n'est pas monolithique comme l'est le Québec. Il y a les Maritimes à l'Est, l'Ontario à l'ouest du Québec, mais au centre du Canada, et les provinces de l'Ouest, qui se sentent plus près des Etats-Unis que de l'Europe. Je ne parle pas des territoires au nord. Dans le cas où le Québec votait pour sa séparation, personne ne peut dire à l'heure actuelle qui serait autorisé pour négocier la séparation du Québec d'avec le reste du Canada.

    D'ailleurs, qui dit que le Canada hors Québec seul pourrait négocier. Les Etats-Unis, dans le cadre de la sécurité du continent nord-américain, pourraient vouloir affirmer leurs droits.
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  • Georges Paquet - Abonné
    10 mars 2007 05 h 06
    Rassurer qui ?
    Chère madame,
    Il me semble que vous avez évité d'écrire la dernière partie de votre conclusion qui aurait pu souligner que pour rassurer des adultes qui savent lire et compter, il faut répondre à leurs questions. Et dans le cas présent, les réponses aux questions qui préoccupent ne peuvent pas être rassurantes. Vous avez constaté vous-même que celui ou celle qui dit, ne serait-ce qu'une parcelle de ce qu'il faut prévoir, comme Madame Marois, risque d'en mécontenter plusieurs.
    Vous savez bien qu'en plus des questions sur le nombre d'années de turbulence, sur la dimension du déficit fiscal et sur la partition du territoire, il demeure encore de nombreuses questions sur lesquelles les chefs du Parti souhaitent ne pas avoir à se prononcer s'il veulent tenter de rassurer les adultes. Peut-être y reviendrez-vous un peu plus tard.

    Alors, combien de référendun, encore?
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  • Gilles Delisle - Abonné
    10 mars 2007 07 h 08
    Les peurs québécoises se renouvellent et se raffinent
    Je suis fatigué d'entendre toujours les mêmes peurs refairent surface à chaque élection d'un peuple toujours craintif de sa prise en charge, et ce, même avec le concours de nos intellectuels. Quand on voit d'autres peuples qui sont devenus indépendants dans le monde depuis quelques années, force est de constater que nous demeurons un peuple peureux et trop frileux de perdre notre confort bien établi! Pourtant, un des peuples les plus capables de réaliser son indépendance dans le monde entier serait justement le peuple québécois! Qu'on arrête de nous casser les oreilles avec ces histoires de partition et de non-reconnaissance de nos voisins, une seule chose compte dans ce merveilleux monde d'une mondialisation effrénée, c'est l'économie, l'argent! Alors qui, de nos voisins auraient intérêt à cesser les échanges commerciaux avec nous: les autochtones, les inuits, les ontariens, les américains? Je crois que nos peurs sont crées et entretenues par ceux, justement qui ne peuvent se passer de nous dans ce merveilleux Canada, qui n'est plus le nôtre depuis longtemps!
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  • Dany voisine - Abonné
    10 mars 2007 11 h 44
    Triste réalité
    C'est pas mal vrai. Malheureusement on est une société qui a PEUR du changement même quand il est nécessaire. En plus, on est paresseux ainsi, la victoire appartiendra a celui qui rassurera le plus via l'image que les médias véhiculeront de sa campagne, puisque les québécois sont trop paresseux pour lire entre les lignes ou aller chercher une information complète.
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  • Jacques Gagnon - Abonné
    10 mars 2007 14 h 42
    Mais qui fait peur ?
    La victoire appartiendra à celui qui rassurera davantage qu'il fait peur. Voilà enfin la solution ! Merci madame Bombardier de nous sortir de notre épaisseur encore une fois. Vous êtes notre Pic à nous. Bien que cela soit une vérité impopulaire, elle le deviendra peut-être et cela rejaillira sur vous.


    Vous qui êtes interrogeable de omni re scibili, notre Google francophone, vous ne voyez pas que votre énoncé est un peu court.

    Qui fait peur madame Bombardier ? Est-ce un peuple qui veut se prendre en main et discuter en adulte ou des gens qui refusent tout net toute proposition d'évolution en lui lançant au visage une liste sans fin de menaces. N'a-t-on pas envoyé l'armée déjà pour cela ? Il faut nettoyer la question de ces comportements irresponsables.
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  • Linda Hart - Abonnée
    11 mars 2007 13 h 35
    La partition : l'envers de la médaille
    Il est vrai que l'appui aux autochtones relève aujourd'hui du discours "politically correct", mais entre le discours et la réalité, il y a une marge. Les autochtones reçoivent bien souvent des appuis de gens qui ne connaissent pas la situation et dans un contexte où leurs revendications ne vont pas jusqu'à exiger un pays. Les autochtones ne sont pas Canadiens parce qu'ils apprécient cela particulièrement, ils le sont parce qu'ils ne veulent pas être soumis à l'arbitraire de chacune des provinces, ils préfèrent l'arbitraire d'Ottawa. Ils sont donc Canadiens bien plus par intérêt que par conviction. Dans le contexte d'un oui majoritaire, rien n'interdit de penser que les autochtones du Québec ne seraient pas intéressés à demeurer Québécois, si cela leur permettait d'obtenir plus d'autonomie que ce dont ils bénéficient actuellement avec Ottawa. Je pense au contraire que les autochtones du Québec pencheront en faveur de ce qui est le plus avantageux pour eux et que le Québec sera en mesure de leur faire des offres plus avantageuses car il n'aura pas à consulter et à s'entendre avec le fédéral et les neuf autres provinces pour le faire. Le fédéral n'aura pas la tâche aussi facile car il devra prendre en considération les intérêts et opinions des provinces dont certaines sont particulièrement réfractaires à une quelconque autonomie pour les autochtones.

    Le statut d'autochtone tel que défini par le fédéral est arbitraire et pourrait être remis en question. Il y a eu au Québec beaucoup de métissage entre les français et les autochtones, ce qui, je pense, n'est pas le cas dans les provinces anglophones. Je serais curieuse de savoir combien de Québécois ont des ancêtres autochtones. Personnellement, j'en connais beaucoup dont c'est le cas. La provenance des autochtones est une autre question complexe car certaines populations ont été déplacées et d'autres ont essaimé. Enfin le fondement légal de leurs prétentions territoriales ne fait pas l'unanimité parmi les spécialistes.

    Pour en revenir à leurs appuis internationaux, il est loin d'être certain qu'ils seraient tous au rendez-vous, advenant que les autochtones du Québec revendiquent des territoires, afin d'en priver un Québec souverain pour les remettre au Canada. Dans une telle éventualité, le Canada n'aurait pas d'autre choix que de recourir à la Cour Internationale de Justice. Cela l'obligerait à plaider la divisibilité du territoire et je doute que les autres provinces et le fédéral lui-même seraient très chauds à créer un tel précédent. Il faut aussi prendre en compte la situation de nombreux pays comme l'Indonésie, la Suède, la Norvège, la Finlande, la Russie et dans une certaine mesure les États-Unis qui eux non plus, n'ont pas intérêt à ce que la Cour de La Haye s'intéresse à cette question.

    Concernant une éventuelle partition du territoire québécois dans son ensemble, c'est bien facile pour le gouvernement fédéral et pour M. Charest de l'utiliser pour faire peur aux Québécois. D'après ce que je lis, il semble évident que la grande majorité des anglophones soit réfractaire à l'idée de partition et que celle-ci n'est soulevée que par une minorité d'extrémistes. Quoi qu'il en soit, la partition est une arme à deux tranchants qui, si elle vaut pour les anglophones du Québec, vaut aussi pour les francophones de l'Ontario et pour les Acadiens du Nouveau-Brunswick. Je ne serais pas contre la partition pour Westmount et peut-être pour Pointe-Claire, si les anglophones y sont majoritaires, en échange pour la récupération des comtés de Prescott et de Russell en Ontario, qui sont limitrophes et majoritairement francophones et aussi de l'Acadie. Je trouve dommage que tout ce que je lis, dans le cadre de l'actuelle campagne, concernant la partition soit systématiquement envisagé comme détrimentaire au Québec, sans que personne s'intéresse à considérer l'envers de la médaille. Pourquoi cette tendance majoritaire chez les journalistes et chroniqueurs à prendre le parti de ceux qui nous menacent, sans jamais considérer que ces menaces pourraient se retourner contre eux.
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  • Linda Hart - Abonnée
    11 mars 2007 13 h 58
    M. Paquet veut savoir et nous aussi
    M. Paquet, vous voulez la fin des référendums, allez faire un tour à Ottawa et ramenez-nous des propositions intéressantes et il nous fera plaisir de nous y intéresser. Ce n'est pas en questionnant de manière stérile que vous aller empêcher les événements de se produire, c'est en nous expliquant en quoi le fait de demeurer canadiens est plus avantageux que de faire la souveraineté. Si votre seul argument réside dans les zones grises qui sont inhérentes au processus d'accession au statut de pays, vous perdez votre temps, car il viendra un moment où l'absence totale d'un quelconque embryon de projet du côté canadien emportera toutes les hésitations des Québécois et ce jour-là, vous otiendrez les réponses à vos questions. Votre démarche, comme celle des fédéralistes, est illogique et dangereuse. En effet, celui qui n'a rien à proposer, parce qu'il ne veut absolument pas faire un quelconque compromis, est bien mal placé pour questionner ceux qui offrent un projet. Il peut certes le faire, mais il n'empêchera pas ceux qui proposent une alternative autre que le statu quo de finalement parvenir à leurs fins et ce jour-là, les fédéralistes comme vous qui ont choisi un statu quo stérile et déprimant, un statut de quêteux pour les Québécois et l'utilisation de menaces, plutôt que de rechercher une solution qui permette au Québec de devenir partie prenante dans ce pays, récolteront ce qu'ils ont semé.
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  • Christian Rheault - Abonné
    11 mars 2007 15 h 33
    L'indépendance du Québec se fera avec des crayons de plomb ...
    J'ai lu et relu votre texte. Vous y dites que les Québécois sont trop faibles pour réclamer leur pays. Qu'ils ont besoin d'un berger galactique scintillant à la voix tonitruante pour les prendre un à un par la main.

    Moi, pourtant, j'ai bon espoir que depuis toute ces années, les gens auront compris que ce sera eux qui feront l'indépendance. Nous ne méritons pas l'indépendance si nous n'avons pas encore compris cela.

    Alors peut être que, justement, la présence d'un chef moins galactique que les précédents mais tout autant honnête et dévoué aura cet effet de prise en charge collective, de responsabilité les uns envers les autres.

    Moi j'y crois à l'indépendance Québec.
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  • Linda Hart - Abonnée
    11 mars 2007 21 h 45
    M. Vallée dans la vallée des avalés
    M. Vallée devrait écrire un scénario de film de science-fiction, avec plein de trous noirs et des masses d'Américains bien camouflés derrière des lunettes noires et des masses de Canadiens du fédéral, de toutes les provinces et territoires portant eux aussi des lunettes noires (tout le monde sait que lorsqu'on porte des lunettes noires on devient invisible), afin qu'on ne sache pas exactement avec qui négocier et qu'on finisse par se demander s'il ne faudrait pas aussi consulter le Mexique qui est un partenaire dans l'ALENA, sans oublier les pays membres de l'OTAN et du G8, il y aurait peut-être lieu de consulter aussi tous les pays d'origine de nos immigrants, cela permettrait aux négociateurs invisibles et inconnus de faire le tour du monde aux frais des contribuables (tout le monde sait que les voyages sont formateurs). J'espère n'avoir oublié personne, mais pour faire bonne mesure, ajoutons le FBI, la CIA et INTERPOL pour la sécurité et pour la recherche et l'identification des négociateurs, sans oublier la NASA et l'Agence spatiale européenne pour leur expertise dans le domaine des trous noirs.
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