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Une bénédiction

Josée Boileau   8 mars 2007 
Ne voyons pas toujours la vie en noir, reproche souvent fait aux féministes, et disons-le tout net: découvrir les propos d'un Jean-François Plante en pleine semaine du 8 mars est une bénédiction. Si les femmes pensaient que tout était réglé, voici les points remis sur les i. Mesurer la discrimination dans sa globalité prend du temps, et l'avantage des raccourcis de M. Plante, c'est qu'ils nous en font sauver beaucoup.

Voyons d'abord la mécanique à l'oeuvre. Dans un premier temps, quand les femmes atteignent le plafond de verre dans leur domaine, elles ne le voient pas. Elles se convainquent ensuite que ce sont elles, personnellement, qui ne sont pas assez fortes pour le soulever. Puis elles se fouettent et cherchent à imiter les gars. Et, un jour, la vérité leur saute aux yeux: ce n'est pas que le plafond soit si lourd, c'est qu'il est vissé par des obstacles qui ont pour nom réflexes, réseaux et préjugés.

La démarche des réalisatrices, dont nous publions aujourd'hui l'appel en page Idées et qui a été exposée samedi par Odile Tremblay, illustre parfaitement cette dynamique. Il n'y a pas de problème sur les bancs d'école, et on se lance en cinéma forte de tout son enthousiasme, agacée des mises en garde des aînées. Mais le temps passe et on tourne peu, alors que les collègues masculins s'épanouissent, récoltant projets, budgets, honneurs. Et on finit par dire comme la réalisatrice Isabelle Hayeur, qui l'a longtemps nié: «À 40 ans, je suis obligée de constater qu'il y a un gros problème.» Il est long, le chemin de la prise de conscience collective!

Grâce au candidat adéquiste, on va plutôt droit au but. Quand il assimile la discrimination positive à un «apartheid» pour les hommes, la rareté des femmes dans de nombreux secteurs saute soudain aux yeux. En politique par exemple, où leur nombre stagne, et à l'ADQ en particulier, où il est en recul. Quand M. Plante en rajoute en notant que personne ne devrait devoir une nomination à son sexe, on pense aussitôt à toutes celles (même en politique... ) dont le sexe a nui à leurs ambitions.

Quant au prétendu sexisme de la société à l'encontre des hommes, il fait bien sourire. Notre collègue Éric Desrosiers ne soulignait-il pas lundi que, selon Statistique Canada, une Canadienne doit en général gagner au moins 100 000 $ par année pour que les tâches domestiques soient partagés à égalité dans son couple? Le salaire moyen des Québécoises en 2003: 24 000 $ (34 000 $ si elles travaillaient à temps plein toute l'année)...

On ne reviendra pas non plus sur la violence faite aux femmes, «le crime le plus courant et le moins sanctionné dans le monde», comme le résumait hier Louise Arbour, haut-commissaire des Nations unies pour les droits de la personne. Le candidat adéquiste peut bien la jouer chiffres contre chiffres, la violence des hommes contre les femmes n'est pas de même nature que celle qui existe à l'inverse: elle fait plus mal, comme en témoignent les études... et la vraie vie.

Aujourd'hui, M. Plante se dit mal interprété. Au contraire, on a très bien compris qu'encore en 2007, il est hélas toujours possible de vouloir représenter une population dont on méprise la composante «citoyennes». D'où le 8 mars.






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  • Michelle Bergeron
    Abonné
    mercredi 7 mars 2007 23h46
    La montée de la droite et le sexisme.
    « Bravo pour votre article qui représente la réalité et je me demandais pourquoi personne en parlait. Simplement à écouter Mailloux, Proulx Drolet les tendances sont bien là. La tendance à doite amènent un lot de déjà vue comme le sexiste. Soyons vigilantes et vigilants.Merci! »

  • Benoît Gagnon
    Abonné
    jeudi 8 mars 2007 05h37
    L`esprit est chez la femme. par Benoît Gagnon
    « Historiquement c`est la femme qui a éduqué l`humanité. C`est la femme qui a joué le rôle de transmette les valeurs qui font durer l`humanité. Dans cette vision, on peut comprendre que la discrimination qui est faite aux femmes, relève de la bêtise du mâle devant la puissance de la femme qui porte le devenir de l`humanité. »

  • Sylvie Provost
    Inscrite
    jeudi 8 mars 2007 06h17
    La différence,
    « c'est que les hommes ont le pouvoir, pas les femmes. Le pouvoir vient avec l'argent, qui est contrôlé encore par un monde d'hommes qui exclut les femmes, et avec la force du nombre. Les hommes ont le pouvoir et ne le laisseront pas. Dans tous les pays, les femmes sont dénigrées, reléguées à la maison. Une femme épuisée par ses multiples rôles non partagées n'ira pas aussi loin qu'un homme dont l'épouse fait tout pour le libérer. Il peut ainsi se consacrer tout entier à exercer son pouvoir. Les femmes ont besoin d'une femme à la maison, encore en 2007. Et les cours d'arts martiaux devraient être gratuits pour les femmes, pour leur redonner un certain pouvoir, au moins pour se défendre. »

  • Parisien Jaque
    Abonné
    jeudi 8 mars 2007 06h37
    Un chemin encore plus long
    « J'ai le bonheur de cohabiter avec une femme intelligente, cultivée jusqu'au bout des doigts et féministe. Or, c'est justement son côté revendicateur qui me la rend si spéciale. Elle n'a de cesse de s'insurger contre les injustices commises envers les femmes et de décrier la violence à leur égard. En revanche, ses propos ne tombent pas dans une sourde oreille. J'ai toujours su que les hommes occupaient le haut du pavé.

    Si le chemin s'annonce long pour que les femmes atteignent l'égalité tant désirée, celui des hommes pour en arriver à les comprendre et à les respecter m'apparaît encore plus long. La recrudescence des propos sexistes, la montée du masculinisme, l'hypersexualisation de la femme sont tous autant de signes qui devraient nous alarmer. J'appuie les revendications des femmes et les encourage à poursuivre la lutte. Quant aux hommes qui se plaignent, je ne pourrais que leur recommander la lecture de Simone de Beauvoir, Le Deuxième sexe, ou l'essai très dur de Christine Ockrent, Le livre noir de la condition féminine. Il faut rompre l'ignorance masculine et rendre justice aux femmes une fois pour toutes. »

  • Jocelyne Lalonde
    Inscrite
    jeudi 8 mars 2007 08h46
    De mère en fille...
    « Moi qui suis mère d'une femme, elle-même mère d'une autre en devenir, je me prends parfois à rêver d'un temps, d'un monde, d'un espace où, ni moi ni elles, n'auront à penser en fonction de cette virtuelle et très sociale limite qu'est notre genre. Parce que nous avons beaucoup à offrir et encore plus à partager. Parce que nous sommes vivantes, curieuses, lucides, intelligentes, courageuses, déterminées. Féministes? Peut-être est-ce encore le seul mot capable de regrouper tous ces qualificatifs sans en diminuer ni le sens, ni la valeur. Alors je veux bien le porter, le temps qu'il faudra pour que ces préjugés, ces violences, ce mépris qui couvent encore trop et de trop souventes fois sous les portraits que l'on dresse de nous et de nos légitimes aspirations, soient enfin et définitivement perçus pour ce qu'ils sont. La peur de la différence. Celle-là même qui se tapit sous le racisme, la xénophobie, l'ostracisme, l'homophobie et tout ce qui crée malaise entre les Hommes. »

  • Roland Berger
    Abonné
    jeudi 8 mars 2007 09h03
    Même combat
    « Cessons de faire l'autruche. Quand un animateur de radio dit d'un homme qu'il est une « tapette ». il lui dit en fait qu'il n'est pas un vrai homme, donc qu'il est une femme. Le féminisme et la lutte contre l'homophobie ne sont qu'un seul et même combat.
    Roland Berger
    London, Ontario »

  • Denis Biron
    Inscrit
    jeudi 8 mars 2007 09h58
    Égalité et inégalité
    « Madame,

    Je suis d'accord avec les féministes à l'effet que les femmes ne sont pas "égales" aux hommes et qu'elles sont victimes de cruauté dans certaines régions de notre planète. Le combat devrait être davantage concentré dans ces pays.

    Cependant, les femmes peuvent occuper tous les emplois au Québec... même ceux qui étaient destinés aux hommes il y a 50 ans : chauffeuses d'autobus, éboueuses, policières, pompières, bouchères,conductrices de taxi, monteuses de lignes électriques, techniciennes de mécanique, etc...enfin, il faut ajouter : comptables, médecins, avocates et notaires, ingénieures civiles, etc.... en provenance de toutes les facultés universitaires.

    Cependant, voit-on l'inverse en faveur des les hommes ? Tous les postes de caissiers dans les banques ou les caisses Desjardins sont des femmes (hommes non-bienvenus), tous les postes de secrétariat dans les bureaux sont des femmes (hommes non-bienvenus) - (avez-vous déjà vu un jeune homme réceptionniste ou commis de bureau depuis 25 ou 30 ans ?), tous les postes de professeurs de la maternelle à la 6e année sont occupés par des femmes à 80% selon les statistiques. Et je pourrais ajouter des dizaines de domaines où les hommes ne sont plus les bienvenus, entièrement dévolus aux femmes.

    Je reconnais qu'il peut y avoir des inégalités dans les postes supéreurs; mais avouez que l'écart se rétrécit avec les années. De plus, des postes dits "supérieurs" sont beaucoup plus restreints et moins en disponibilité que les emplois cités plus haut. La frustation devrait être chez les jeunes hommes qui se cherchent un emploi avec leurs diplômes de niveau secondaire, collégial et même universitaire dans certains cas.

    Quant à la politique, les femmes peuvent se présenter dans tous les comtés du Québec. On prétend que les femmes (majoritaires au Québec) ont plutôt tendance à voter pour un
    candidat masculin ... est-ce la faute des hommes ?

    Enfin, mesdames, je suis favorable à l'égalité entre les femmes et les hommes. AVOUEZ - cependant - qu'une femme sera toujours une femme et un homme sera toujours un homme.
    Heureusement - n'est-ce pas ?

    Nous avons été créés ainsi pour le bonheur de toutes et de tous.

    D. Biron »

  • Jacques Gagnon
    Abonné
    jeudi 8 mars 2007 10h37
    Ça repousse tout le temps
    « Comme l'hydre à sept têtes, le néoduplessisme de l'ADQ que j'appelerais mariodumontisme nous ramène en surface tout ce que l'on a déjà rejeté. Il remet en question des progrès sociaux, attise des débats conclus depuis des décennies et éveille les vieux démons et nie la réalité. Que les femmes goûtent à la médecine était prévisible.

    Sa politique de rémunération des femmes au foyer en est un exemple. La classe moyenne qu'il vise peine à joindre les deux bouts et les deux conjoints doivent travailler. Souvent la femme travaille pour être indépendante et ne pas être à la merci d'une rupture. On pourrait ajouter qu'ils devront aussi se payer les soins de santé privés que le mariodumontisme leur procurera. Cette philosophie ne comprend donc pas l'ombre du commencement du début du problème qui en un de places en garderie. »

  • Zach Gebello
    Inscrit
    jeudi 8 mars 2007 14h56
    Arrêtez de vous plaindre.
    « Vous n'allez pas améliorer votre situation en vous plaignant comme vous le faîtes. On dirais des pleureuses à un enterrement.

    La vérité est que vous-vous êtes relâchées. Vous avez accédé au travail que pour obtenir le pouvoir d'achat. La liberté de consommer. Et c'est pratiquement votre seule activité maintenant, à part vous regarder consommer.

    Ce sont toujours des hommes dans les usines qui produisent vos joujoux, vos réfrégirateurs, vos sofas et lits douillets, vos miroirs pour vous regarder, vos voitures pour aller travailler. Et pour bien faire rouler vos voitures, ce sont ces mêmes hommes qui asphaltent à 95degrés les routes, les ponts et voies rapides, construisent vos maisons, vos édifices, vos centres d'achats, et transportent de leurs bras tous vos joujoux d'un bout de cette ville à l'autre dans un interminable ballet suant.

    Et vous voudriez qu'en plus c'est vous qui soyez leur patron?

    Merci, mais on va s'en occuper nous-même.

    Non mais, regardez-vous un peu. D'objets de désir pour les hommes, vous-vous êtes faits des objets de désir qui se consomment eux-mêmes. Vous atteignez l'apothéose du narcissisme. La télé a fait de vous ses choux gras en transformant votre image comme objet de consommation pour vous-mêmes. Votre relation est totalement narcissique. Toute la "culture" est à vos pieds et se nourrie de ce narcissisme. Les livres, magazines, télé, cinéma, musique, etc...

    Les hommes ont besoin d'endroits tranquille, pour faire ce qui leur appartient de faire. Pas toujours, mais souvent. Loin du brouhaha des femmes. Respectez-donc ça au lieu d'essayer d'imposer des discriminations positives de toutes sortes.

    On dirait que les femmes ne savent plus vivre avec les hommes. »

  • CLAUDE JOANNETTE
    Inscrite
    vendredi 9 mars 2007 08h56
    @Zach le tit comique Gebello
    « Comme vous avez raison!! Enfin quelqu'un qui nous rappelle notre égoïsme!! Nous qui dormons seules dans ces lits douillets, envoyant au moindre prétexte notre pauve chéri dormir sur le tout aussi douillet sofa qu'un des siens a fabriqué à la sueur de son divin front mâle. Nous qui avons envahi sans vergogne universités, marché du travail, monde politique alors qu'il est clair que nous ne sommes ni jamais ne serons capables de penser aussi lucidement et intelligemment que nos maîtres!!

    Vous qui en êtes l'exemple parfait!

    Vivement que reviennent tavernes et autres endroits où vous pourrez vous gausser de notre naïveté et de notre candeur, de nos exigences sans fin, tout en gémissant sur votre sort de pauvre homme incompris de sa mère et de toutes toutes ces s... de pleureuses de femmes!!

    merci d'avoir remis les pendules à l'heure!!

    p.s. à quelle heure la prochaine fessée?? je m'en voudrais de passer tout droit... »

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