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La différence

Josée Boileau   3 mars 2007 
Grâce à Michel Tremblay, Claude Charron, Clémence DesRochers et Daniel Pinard; grâce à l'État sorti des chambres à coucher par Pierre Elliott Trudeau, au Bernie de Jamais deux sans toi, au film C.R.A.Z.Y., aux mariages gais..., il est bien plus facile aujourd'hui d'être homosexuel au Québec. Mais ce n'est pas un acquis pour tout le monde, comme le prouvent les données sur le suicide des jeunes homosexuels et le tabou qui sévit encore dans bien des familles et des milieux de travail.

Dans cette veine, André Boisclair fait figure de pionnier. Il n'est pas le premier politicien à afficher son homosexualité (Pierre Bourgault, par exemple, n'en a jamais fait mystère), mais il est le premier à porter «sa différence», comme il dit, à un aussi haut niveau. Il serait Noir, femme ou autre qu'un «de souche» qu'il en serait au même point. Ségolène Royal, Hillary Clinton, Barack Obama font actuellement face à la même curiosité populaire et médiatique: est-on prêt à avoir une femme ou un Noir à la tête de l'État?

La «différence» peut d'ailleurs se décliner de bien des manières. Aux États-Unis, par exemple, il faut ajouter les questions religieuses: le catholique John Kennedy reste le seul président non protestant qu'aient eu les Américains, et sa religion fut pour lui un handicap.

Il est clair que ces facteurs jouent chez une partie de l'électorat. À quelle hauteur? Difficile à dire parce que la pression sociale joue ici un grand rôle. Lors de la campagne au leadership du Parti québécois, un impressionnant taux de 92 % des électeurs disaient que l'homosexualité d'André Boisclair n'influencerait pas leur choix. Mais récemment, à la question «Par qui feriez-vous garder vos enfants?», seuls 8 % des répondants ont opté pour M. Boisclair. Le fait qu'il n'ait pas d'enfant a sans doute joué, mais les quelques éducateurs en garderie qui sont mâles et gais pourraient longuement parler de la méfiance qui règne chez certains parents à leur endroit...

Derrière les discours socialement acceptables, l'homophobie existe, à divers degrés, et un parti important qui présente le premier chef ouvertement gai ferait preuve de naïveté s'il n'en tenait pas compte. Les propos grossiers d'un Louis Champagne ont leur relais dans la société. Il faut savoir y répondre, et M. Boisclair a passé avec brio le test qui, c'était inévitable, devait finir par lui être imposé.

Quel sera le poids réel de l'homophobie, une fois l'électeur dans l'isoloir? Il est possible que M. Boisclair en souffre, notamment parce qu'il brise la glace. Il est possible aussi que les attaques le servent, parce que les Québécois n'aiment pas l'injustice. Ce qui est sûr, toutefois, c'est que les stratèges péquistes feraient une bien mauvaise analyse en posant leur chef en victime. Les problèmes actuels de M. Boisclair dépassent largement la seule question de sa différence: ils tiennent à l'ensemble de sa personnalité et à ses idées.

jboileau@ledevoir.ca
 
 
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  • mala - Abonné
    2 mars 2007 23 h 40
    Seul mérite
    Le passage de M. Boisclair comme chef de parti aura peut-être eu le mérite de poser clairement la capacité de notre société à accepter la différence entre : hétéro ou homo. Pas négligeable comme progrès.
    Pour le reste, M. Boisclair, ne se distingue pas de manière particulière. Brillant, certes, pour le contenu, la profondeur, on repassera.

    Mario Laprise

    Québec
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  • l poisson - Inscrite
    3 mars 2007 00 h 42
    M. Champagne et la discrétion... de sa députée
    Bonne fin de semaine,
    J'ignore si M. Champagne ou ses propos sont "homophobes" pcq mon "Petit Larousse en couleurs" ne contient pas ce mot et que la "phobie" suggère une peur ou une aversion "dont le sujet reconnaît le caractère injustifié, mais qu'il ne peut surmonter" .

    M. Champagne, dans sa longue carrière, a dû travailler souvent avec des homosexuels sans réagir ainsi.

    Un de mes préjugés personnels c'est que la discrimination n'est pas gratuite et contient à sa base ( ou pas loin) un intérët économique, pratique et à court terme.
    Dans ce cas-ci voici un extrait (partiel et sélectif) de l'article "Gauthier reste à l'écart" par Louis Tremblay paru dans Le Quotidien du vendredi 2 mars et portant sur l'entreprise et l'évènement "Le Salon trouvailles et saveurs Inc.":

    "(...) L'entreprise dont Louis Champagne est actionnaire en compagnie de Jocelyn Brisson, France Fortin, Lise Gervais et Roger Tremblay a reçu des subventions de l'ordre de 34 000 $ en 2005 et 24 000 $ en 2006. (...)
    "Il s'agissait d'un événement qui amenait de l'activité à Jonquière. La première année, nous avons donné une subvention dans le cadre d'un programme normé et la seconde, le ministre Yvon Vallières a donné une subvention de 4000 $ et j'ai accordé une aide discrétionnaire de 20 000 $", a indiqué la ministre.(...)" ( dixit Mme Françoise Gauthier. également députée de Jonquière).

    Chaque député a une petite enveloppe pour des subventions discrétionnaires dans son comté. Mais en sortir 20,000 $ pour un seul organisme et un si bref évènement m'apparaît beaucoup. Suis-je dans l'erreur?

    Toute ressemblance avec une commandite ne serait que le fruit du hasard.
    Et ce n'est peut-ètre pas un hasard si le scandale des commandites a d'abord été documenté par un journal de Toronto ? M. Champagne ne mord pas la main qui le nourrit...comme bien d'autres, tout simplement.
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  • Benoît Gagnon - Abonné
    3 mars 2007 02 h 22
    Vivre sa différence. par Benoît Gagnon
    Il est évident que la tolérance est le principe fondamentale d`une société hétérogène(pluriel). Cependant l`inconscient collectif est en contradiction avec un premier ministre homosexuel. En effet comme concilier que le fondement d`un état est la reproduction de l`espèce et que le représentant de cette société soit l`arrêt même de la reproduction de l`espèce. Il y a comme un symbole de suicide collectif.
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  • Georges Paquet - Abonné
    3 mars 2007 05 h 09
    Tenir compte de tout
    Il n'y a pas si longtemps, un Premier ministre se permettait de dire que "les Évêques mangeaient dans sa main". Ce n'est évidemment plus le cas, si ce l'a déjà été, mais il me semble qu'il ne faudrait pas oublier, dans l'analyse des phénomènes politiques et sociaux d'aujourd'hui de tenir compte de "ce qu'il reste" de l'influence de la doctrine sociale de l'Église autant que de la culture religieuse dont les racines sont très profondes et les manifestations toujours bien visibles.

    La position de l'Église sur l'homosexualité et sur le mariage entre personnes de même sexe est assez connue pour qu'elle ne soit pas ignorée lorsqu'on analyse l'évolution de nos sociétés.

    Georges Paquet
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  • Normand Roy - Abonné
    3 mars 2007 09 h 03
    Homosexualité
    Bonjours Mme Boileau,
    Voici un site qui peut vous montrer une vision peut connu sur l'homosexualité: Narth, National association for the treatment and research of homosexuality.
    www.NARTH.com

    Bien à vous,
    Normand Roy
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  • Zach Gebello - Inscrit
    3 mars 2007 09 h 49
    Les choses en face.
    Si c'est pas la victimite des minorités ethniques avec les accusations de racisme, c'est la victimite des minorités sexuelles avec les accusations d'homophobie.

    C'est drôle que vous incluez le nom de Clémence Desrochers dans votre liste, car je ne me souviens pas d'avoir entendu une seule fois une accusation de lesbiennophobie au Québec. Et pendant qu'on y est, je ne crois pas qu'il y a d'équivalents aux argots "tapette" ou "lopette" pour les lesbiennes. On n'entend pas aux "nouvelles" du soir qu'une lesbienne s'est suicidée après qu'on l'ai traitée de "garçonne".

    Pourquoi les femmes ont'elles tendance à voter pour l'homme, même si une femme est en candidature? Parce que les hommes, pendant des sciècles de domination, ont imprimé ce réflexe chez la femme? Ou est-ce plutôt un trait psychologique chez la femme?

    Pourquoi des hommosexuels ne se suicident pas et vivent une vie heureuse et normale? Pourquoi Pierre Bourgault n'a jamais été publiquement traité de "tapette"? Faut'il aspirer à devenir Premier Ministre pour se faire traiter de tapette?

    Le suicide est encore plus élevé chez les autochtones. Est-ce que c'est parce qu'ils sont autochtones? Ou est-ce qu'ils sont l'objet d'une autochtonophobie dans leurs réserves?

    Pourquoi, l'orsque je pense à Pierre Bourgault, il me viens à l'esprit l'image d'un homme fort, puissant, d'un caractère si solide que je m'en sent petit? Que même si je sais qu'il était homosexuel, ce trait n'a pas la moindre influence sur l'image de puissance que j'ai de lui?

    Est-ce vraiment parce que Boisclair est homosexuel?

    Est-ce vraiment de l'homophobie?
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  • alain lavoie - Inscrit
    3 mars 2007 12 h 43
    L'in-différence
    Je crois que la question de l'homosexualité est une fausse réponse, c'est poser André Boisclair comme victime de préjugés populaires, susciter ainsi la culpabilité chez les électeurs, alors qu'on devrait plutôt se questionner sur la valeur réelle de la personne, non pas tant sa compétence que la pertinence de sa vision par rapport à ce que l'électorat attend d'un politicien d'aujourd'hui.
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  • Jean-G. Lengellé - Inscrit
    3 mars 2007 12 h 48
    Appelons un chat un chat!
    La meilleure façon d'éviter les ornières de la rectitude politique consiste à admettre froidement un certain nombre de choses. S'il est vrai par exemple que les terroristes sont en majorité des musulmans, il est absurde de penser que tous les musulmans sont des terroristes. Cependant, c'est bien au nom de l'Islam que ces actes terroristes sont commis, et par conséquent le doute est semé dans les esprits et crée la suspicion.

    Par analogie, cf l'article d'aujourd'hui sur les bombes ambulantes reliés au VIH, on se doit d'être prudent non pas envers les homosexuels mais envers les conséquences du comportement de certains d'entre eux qui ont été et sont encore à l'origine de la propagation de ce fléau en Amérique du Nord. Tous les homosexuels ne sont pas porteurs, mais tous peuvent le devenir dans l'imaginaire populaire, et donc une certaine prudence, une certaine suspicion est de mise.

    Rappelons nous: il y a maintenant longtemps, Brian Mulroney avait raillé Svend Robinson en disant en campagne électorale,je cite de mémoire: " pouvez-vous imaginer Svend en tant que Ministre de la Guerre?". Bien sûr le PM avait dû s'excuser de l'allusion un peu trop forte à l'orientation sexuelle de Svend Robinson devant le tollé général. Mais bien des années plus tard, Svend Robinson s'est retrouvé devant les tribunaux pour un comportement généré par un manque de jugement relié à son orientation sexuelle (Vol de bague pour offrir à son amant/conjoint. Difficile de généraliser, mais quand même...

    De ce fait, la vraie question à poser à André Boisclair devrait plutôt être du genre:" Êtes-vous prêt à sévir contre les gays qui propagent le VIH?", ou encore " Pensez-vous que les tests de dépistage contre le VIH devraient être universels comme l'ont été les tests de dépistage de la tuberculose?" etc

    Et l'on devrait aussi s'interroger sur le sérieux de le voir proposer une politique de la famille alors que son orientation lsexuelle le rend indéniablement inapte à la procréation!

    Autrement dit, pour diriger sans ambiguité une Province ou un état, il importe de ressembler à la majorité, et non d'appartenir à un groupe marginal, malgré les efforts des différents lobbys gays pour en promouvoir l'universalité.

    C'est peut-être regrettable, mais nous n'en sommes pas plus là que l'Église n'est prête à l'ordination des femmes.
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