Prodi en sursis
Serge Truffaut
2 mars 2007
Romano Prodi est un premier ministre en sursis. Reconduit dans ses fonctions par une faible majorité de sénateurs, il devrait gagner la partie aujourd'hui au Parlement, où son groupe de députés de centre-gauche a plus de poids. Mais par la suite...
Reprenons. Il y a une semaine, le gouvernement italien a été mis entre parenthèses lorsque deux — deux! — sénateurs, sur les 315 que compte la Chambre haute italienne, se sont abstenus de voter en faveur de la proposition ayant trait à la présence de troupes en Afghanistan. Conséquemment, Prodi devait se soumettre à un vote de confiance dont on connaît aujourd'hui le résultat.
Pour obtenir son retour au poste de premier ministre, Prodi a composé un pacte comprenant 12 éléments qu'il a présentés à ses partenaires de la coalition élue il n'y a pas un an. Il leur a donc exposé son programme en prenant soin de préciser que celui-ci n'était pas... négociable!
À la faveur de cet épisode, Prodi cherchait avant tout à ne plus être l'otage de l'extrême gauche tout en poursuivant une opération de séduction auprès des élus du centre qui oscillent un jour à droite, inclinent le lendemain à gauche, au gré de leur humeur, elle-même très volage. Il est parvenu à atteindre son objectif en évitant les sujets qui fâchent.
En effet, Prodi a fait une série de promesses qui vont certainement séduire une grande majorité d'électeurs. Des exemples? Lutte contre la précarité des jeunes, aide aux familles, soutien aux retraités qui reçoivent de maigres prestations, etc. Mais rien sur le souhait des Américains d'agrandir une base, rien sur la reconnaissance juridique des gens qui vivent en couple. En un mot, les dossiers qui alimentent la grogne d'un pan imposant d'Italiens et des élus du centre ont été ignorés. Pas camouflés, on insiste, mais ignorés.
Les opposants et les nostalgiques de la politique de strass et de paillettes chère à Silvio Berlusconi ayant noté ces absences, ils entendent évidemment mener une guérilla parlementaire de tous les instants. Dans leur calendrier, deux dates ont été retenues: à la mi-mars, les députés seront appelés à voter de nouveau sur le financement de la mission en Afghanistan; puis, en mai, il y aura des municipales partielles.
De fait, beaucoup s'attendent à ce que ce gouvernement tienne deux mois au maximum. Autrement dit, des élections générales auront certainement lieu avant la fin de la présente année sans que l'essentiel ait été touché, c'est-à-dire le système électoral du pays, que Berlusconi avait fait adopter au cours des dernières semaines de son mandat pour se maintenir, évidemment, au pouvoir.
Système bâtard parce qu'il combine un zeste de proportionnelle avec un soupçon de suffrage universel, il est tout naturellement une source d'instabilité permanente. Si la démocratie est perfectible en soi, alors il serait grand temps que Prodi s'attaque au coeur du problème politique de ce pays: sa mécanique électorale.
Reprenons. Il y a une semaine, le gouvernement italien a été mis entre parenthèses lorsque deux — deux! — sénateurs, sur les 315 que compte la Chambre haute italienne, se sont abstenus de voter en faveur de la proposition ayant trait à la présence de troupes en Afghanistan. Conséquemment, Prodi devait se soumettre à un vote de confiance dont on connaît aujourd'hui le résultat.
Pour obtenir son retour au poste de premier ministre, Prodi a composé un pacte comprenant 12 éléments qu'il a présentés à ses partenaires de la coalition élue il n'y a pas un an. Il leur a donc exposé son programme en prenant soin de préciser que celui-ci n'était pas... négociable!
À la faveur de cet épisode, Prodi cherchait avant tout à ne plus être l'otage de l'extrême gauche tout en poursuivant une opération de séduction auprès des élus du centre qui oscillent un jour à droite, inclinent le lendemain à gauche, au gré de leur humeur, elle-même très volage. Il est parvenu à atteindre son objectif en évitant les sujets qui fâchent.
En effet, Prodi a fait une série de promesses qui vont certainement séduire une grande majorité d'électeurs. Des exemples? Lutte contre la précarité des jeunes, aide aux familles, soutien aux retraités qui reçoivent de maigres prestations, etc. Mais rien sur le souhait des Américains d'agrandir une base, rien sur la reconnaissance juridique des gens qui vivent en couple. En un mot, les dossiers qui alimentent la grogne d'un pan imposant d'Italiens et des élus du centre ont été ignorés. Pas camouflés, on insiste, mais ignorés.
Les opposants et les nostalgiques de la politique de strass et de paillettes chère à Silvio Berlusconi ayant noté ces absences, ils entendent évidemment mener une guérilla parlementaire de tous les instants. Dans leur calendrier, deux dates ont été retenues: à la mi-mars, les députés seront appelés à voter de nouveau sur le financement de la mission en Afghanistan; puis, en mai, il y aura des municipales partielles.
De fait, beaucoup s'attendent à ce que ce gouvernement tienne deux mois au maximum. Autrement dit, des élections générales auront certainement lieu avant la fin de la présente année sans que l'essentiel ait été touché, c'est-à-dire le système électoral du pays, que Berlusconi avait fait adopter au cours des dernières semaines de son mandat pour se maintenir, évidemment, au pouvoir.
Système bâtard parce qu'il combine un zeste de proportionnelle avec un soupçon de suffrage universel, il est tout naturellement une source d'instabilité permanente. Si la démocratie est perfectible en soi, alors il serait grand temps que Prodi s'attaque au coeur du problème politique de ce pays: sa mécanique électorale.
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