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Lettres: Une vraie farce!

Une souverainiste fatiguée des faux-fuyants, Nicole Patricia Roy - Québec, le 11 février 2007  17 février 2007 
L'article d'Antoine Robitaille sur le rapport rédigé par Hélène Alarie, paru dans l'édition du Devoir de samedi dernier, a suscité chez moi une réflexion sur l'avenir du Bloc québécois. Les motifs évoqués du mépris du Bloc québécois à l'endroit des régions est une hypothèse plausible à laquelle j'adhère, mais j'aimerais ajouter d'autres motifs à propos de la désaffection envers le Bloc québécois.

J'habite dans la région de la Capitale nationale et suis souverainiste depuis une trentaine d'années. Lors des deux dernières élections fédérales, je n'ai pas voté pour ce parti politique. J'en suis arrivée à la conclusion que sa présence sur la scène fédérale est inutile et que le credo que le Bloc utilise depuis toujours pour défendre sa présence au Parlement fédéral, soit les intérêts du Québec, est complètement illusoire. Les intérêts du Québec sont à l'Assemblée nationale du Québec et pas ailleurs. Pour ma part, je crois que ce parti a succombé à l'attrait du «pouvoir de dépenser» du fédéral et que les intérêts que ses députés défendent sont leurs intérêts personnels puisqu'un député souverainiste à Ottawa gagne au moins 50 000 $ de plus qu'un député souverainiste à l'Assemblée nationale du Québec. Je ne peux pas penser autrement quand j'entends un député de la trempe de Pierre Paquette affirmer qu'il préfère rester à Ottawa plutôt que de se présenter pour le Parti québécois dans le comté de Joliette, où on est à la recherche d'un candidat.

Ce parti est devenu une vraie farce, comme l'élection de l'humoriste Guy Richer dans Louis-Hébert le montre bien. En plus d'être payant, c'est très attirant pour un souverainiste d'aller siéger dans ce parlement. En effet, contrairement à la raison d'être de tout parti politique, qui est de gouverner, il suffit, pour les députés du Bloc, de poser des questions destinées à mettre le gouvernement élu dans l'embarras de façon à se croire utile en affirmant sérieusement qu'ils défendent les intérêts du Québec [...] René Lévesque avait bien raison de s'opposer à la création d'un parti politique souverainiste à Ottawa. Il pressentait probablement l'effet pervers à long terme d'une division entre les ressources, par définition limitées. En effet, ce sont les mêmes Québécois qui travaillent à élire les députés souverainistes à Ottawa et à Québec et qui financent les deux partis. [...] J'imagine ce qu'on pourrait faire tous ensemble si on poursuivait le combat pour un Québec souverain sur un seul terrain d'action, celui du Québec.
 
 
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