Mieux-être - Adonis nous nargue
17 février 2007
On se croit bien brillants avec nos gyms et tous ces DVD qu'on nous vend à coups d'émissions spéciales dans lesquelles les beaux corps s'exhibent en mouvement. On publie des tas de livres pour nous montrer comment utiliser le dernier gadget, on sait que la diversité des exercices est primordiale pour conserver notre intérêt vacillant.
L'argent, notre barème pour évaluer l'impact ou l'intérêt, l'argent coule à flots entre nos poches et celles de nos entraîneurs. Par ici les abonnements, les inscriptions, les leçons... Et, bien entendu, les femmes en sont la clientèle principale. Oui, je sais, les métrosexuels à la Brad Pitt et les übersexuels à la George Clooney sont eux aussi abonnés au gym et font attention à leur corps. Aux gars les haltères, aux filles l'aérobie.
Poussière dans l'univers cosmique
En Angleterre, un chercheur s'est amusé à comparer notre forme physique — mais oui, la science se mêle de compter et de comparer, de notre alimentation à la force de nos triceps —, à comparer, donc, notre forme scientifiquement acquise à celle des Grecs anciens, mais alors là vraiment anciens: les rameurs qui ont laissé des traces dans les écrits d'il y a 500 ans avant Jésus-Christ (les détails publiés dans le New Scientist sont disponibles à http://reporter. leeds.ac.uk/press_releases/current/ancient_greece.htm).
Eh bien, rhabillez-vous, messieurs! Détendez-vous, mesdames! Votre technologie et votre science peuvent prendre des vacances. Les anciens Grecs étaient plus en forme que nous, ils avaient plus d'endurance, leur métabolisme était plus performant. Il faut dire qu'on n'avait pas encore inventé la ville.
Avez-vous déjà pensé à cela alors que Lyne Mongeau, chercheuse à l'Institut national de santé publique du Québec, nous éveille à l'organisation de notre environnement dans la problématique du poids, comme elle dit? On n'ouvre plus les portes puisqu'elles sont automatiques, on cherche l'escalier alors que l'ascenseur nous saute au visage, nos banlieues n'ont pas de trottoirs — à quoi ça sert, les trottoirs? —, les pistes cyclables sont coincées dans la porte passager que vous ouvrez sans regarder...
Elle appelle cela un environnement obésogène, qui nous conduit forcément... au gym. Sans parler de toute l'importance de notre mode de vie: les jeunes Spartiates qui faisaient de l'exercice physique chaque jour pendant leur journée d'école — peut-être deux heures? — écrivaient-ils plus mal le grec que nous le français? C'est un raccourci, mais vous voyez ce que je suggère...
Les enfants, j'en suis tout à fait convaincue, apprendraient mieux s'ils pouvaient se dépenser physiquement chaque jour: lancer du javelot, natation, boxe légère... L'exercice ne discipline pas que le corps, comme chacun sait. Le décorum de la pratique, les règlements à suivre, l'esprit sportif et l'effort sont toutes sortes de valeurs qu'on passerait en douce et qu'on pourrait transférer mine de rien dans l'apprentissage de l'école et de la vie.
Mais je prêche dans le désert: retournons à nos Anglais qui étudient le sport. Des Australiens ont voulu savoir comment on brûle plus de gras en faisant moins d'efforts. Soyons réalistes et laissons faire les rameurs, nous avons nos propres problèmes.
Tous les chercheurs vous le diront et tout le monde le répète: faire de l'exercice prévient le diabète, le cancer, toutes les maladies; c'est aussi important que d'arrêter de fumer et de manger plus de légumes. Oui, mais ça sert souvent à perdre du poids. Les chercheurs australiens ont donc choisi
45 femmes obèses et leur ont demandé de faire du vélo trois fois par semaine pendant 15 semaines. Les femmes obèses qui ont sprinté huit secondes et qui ont ensuite fait de l'exercice léger pendant 12 secondes (la science, je vous le dis, compte en secondes!), tout ça pendant 20 minutes, ces femmes obèses ont perdu trois fois plus de gras que les autres femmes qui s'exerçaient pendant 40 minutes au même rythme régulier.
On ne dit pas si c'est parce qu'elles faisaient du vélo, mais les femmes ont perdu leur graisse aux jambes et aux fesses, deux endroits difficiles à modeler! Et puisqu'il est question d'obèses, j'en ai appris une bonne en lisant Équilibre hormonal, dont je vous parlais la semaine dernière (Dr Robert Green). Les obèses ont toujours plus chaud que les autres, avez-vous remarqué? Cela est dû à l'action de la leptine, une hormone, et à celle de la glande thyroïde, qui travaillent trop toutes les deux. On perd du poids, on a moins chaud. Je crois que je vais engraisser...
Jusqu'au printemps
Mais c'est trop tard, je viens de m'abonner au gym, encore une fois. Pas plus de trois mois, j'ai eu ma leçon. Au mois de mai, on aura recommencé à sortir, vous ne croyez pas? Le temps sera doux, on ira marcher (ou courir si vous voulez), neuf secondes, douze secondes, ça ne me dérangera pas. On s'arrêtera à la terrasse d'un café pour se reposer un peu. Le soleil sera chaud, mais pas trop, juste pour que nos os se détendent. Le vent sera doux. Je respire déjà mieux rien que d'y penser.
Viennent de paraître
- E. Gillies, Le Ballon exerciseur - 101 façons de l'utiliser, Broquet. Bien illustré.
- Xiaolan Zhao, Reflets de la lune sur l'eau - Guérir grâce à la médecine traditionnelle chinoise, Éditions de l'Homme.
vallieca@hotmail.com
L'argent, notre barème pour évaluer l'impact ou l'intérêt, l'argent coule à flots entre nos poches et celles de nos entraîneurs. Par ici les abonnements, les inscriptions, les leçons... Et, bien entendu, les femmes en sont la clientèle principale. Oui, je sais, les métrosexuels à la Brad Pitt et les übersexuels à la George Clooney sont eux aussi abonnés au gym et font attention à leur corps. Aux gars les haltères, aux filles l'aérobie.
Poussière dans l'univers cosmique
En Angleterre, un chercheur s'est amusé à comparer notre forme physique — mais oui, la science se mêle de compter et de comparer, de notre alimentation à la force de nos triceps —, à comparer, donc, notre forme scientifiquement acquise à celle des Grecs anciens, mais alors là vraiment anciens: les rameurs qui ont laissé des traces dans les écrits d'il y a 500 ans avant Jésus-Christ (les détails publiés dans le New Scientist sont disponibles à http://reporter. leeds.ac.uk/press_releases/current/ancient_greece.htm).
Eh bien, rhabillez-vous, messieurs! Détendez-vous, mesdames! Votre technologie et votre science peuvent prendre des vacances. Les anciens Grecs étaient plus en forme que nous, ils avaient plus d'endurance, leur métabolisme était plus performant. Il faut dire qu'on n'avait pas encore inventé la ville.
Avez-vous déjà pensé à cela alors que Lyne Mongeau, chercheuse à l'Institut national de santé publique du Québec, nous éveille à l'organisation de notre environnement dans la problématique du poids, comme elle dit? On n'ouvre plus les portes puisqu'elles sont automatiques, on cherche l'escalier alors que l'ascenseur nous saute au visage, nos banlieues n'ont pas de trottoirs — à quoi ça sert, les trottoirs? —, les pistes cyclables sont coincées dans la porte passager que vous ouvrez sans regarder...
Elle appelle cela un environnement obésogène, qui nous conduit forcément... au gym. Sans parler de toute l'importance de notre mode de vie: les jeunes Spartiates qui faisaient de l'exercice physique chaque jour pendant leur journée d'école — peut-être deux heures? — écrivaient-ils plus mal le grec que nous le français? C'est un raccourci, mais vous voyez ce que je suggère...
Les enfants, j'en suis tout à fait convaincue, apprendraient mieux s'ils pouvaient se dépenser physiquement chaque jour: lancer du javelot, natation, boxe légère... L'exercice ne discipline pas que le corps, comme chacun sait. Le décorum de la pratique, les règlements à suivre, l'esprit sportif et l'effort sont toutes sortes de valeurs qu'on passerait en douce et qu'on pourrait transférer mine de rien dans l'apprentissage de l'école et de la vie.
Mais je prêche dans le désert: retournons à nos Anglais qui étudient le sport. Des Australiens ont voulu savoir comment on brûle plus de gras en faisant moins d'efforts. Soyons réalistes et laissons faire les rameurs, nous avons nos propres problèmes.
Tous les chercheurs vous le diront et tout le monde le répète: faire de l'exercice prévient le diabète, le cancer, toutes les maladies; c'est aussi important que d'arrêter de fumer et de manger plus de légumes. Oui, mais ça sert souvent à perdre du poids. Les chercheurs australiens ont donc choisi
45 femmes obèses et leur ont demandé de faire du vélo trois fois par semaine pendant 15 semaines. Les femmes obèses qui ont sprinté huit secondes et qui ont ensuite fait de l'exercice léger pendant 12 secondes (la science, je vous le dis, compte en secondes!), tout ça pendant 20 minutes, ces femmes obèses ont perdu trois fois plus de gras que les autres femmes qui s'exerçaient pendant 40 minutes au même rythme régulier.
On ne dit pas si c'est parce qu'elles faisaient du vélo, mais les femmes ont perdu leur graisse aux jambes et aux fesses, deux endroits difficiles à modeler! Et puisqu'il est question d'obèses, j'en ai appris une bonne en lisant Équilibre hormonal, dont je vous parlais la semaine dernière (Dr Robert Green). Les obèses ont toujours plus chaud que les autres, avez-vous remarqué? Cela est dû à l'action de la leptine, une hormone, et à celle de la glande thyroïde, qui travaillent trop toutes les deux. On perd du poids, on a moins chaud. Je crois que je vais engraisser...
Jusqu'au printemps
Mais c'est trop tard, je viens de m'abonner au gym, encore une fois. Pas plus de trois mois, j'ai eu ma leçon. Au mois de mai, on aura recommencé à sortir, vous ne croyez pas? Le temps sera doux, on ira marcher (ou courir si vous voulez), neuf secondes, douze secondes, ça ne me dérangera pas. On s'arrêtera à la terrasse d'un café pour se reposer un peu. Le soleil sera chaud, mais pas trop, juste pour que nos os se détendent. Le vent sera doux. Je respire déjà mieux rien que d'y penser.
Viennent de paraître
- E. Gillies, Le Ballon exerciseur - 101 façons de l'utiliser, Broquet. Bien illustré.
- Xiaolan Zhao, Reflets de la lune sur l'eau - Guérir grâce à la médecine traditionnelle chinoise, Éditions de l'Homme.
vallieca@hotmail.com
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