dimanche 27 mai 2012 Dernière mise à jour 01h01
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir

La crise se poursuit

Jean-Robert Sansfaçon   15 février 2007 
En imposant de lourdes compressions à ses employés, dont une diminution salariale de 11 % (17,77 $ au lieu de 20,65 $ l'heure), l'abolition de la contribution de 3,5 % au REER collectif, l'augmentation des cotisations à un régime d'assurance moins généreux, la réduction du nombre de congés de 13 à 11 et celle du nombre de jours de libération syndicale de 400 à 75, sans parler des modifications aux normes de travail visant à réduire les coûts, Olymel remporte une première manche... mais pas la guerre.

Au total, les économies pourraient atteindre autant que 12 millions de dollars par année, ce qui est déjà beaucoup. Mais les problèmes de cette industrie ne se limitent pas aux coûts de rémunération, qu'on dit toujours supérieurs à ceux des concurrents canadiens et américains. Ailleurs au pays, Maple Leaf a mis en vente ses usines d'abattage de porcs pour n'en garder qu'une seule, qui se consacrera à la préparation de produits transformés. Pourtant, les salaires des employés de Maple Leaf sont encore plus bas que ceux d'Olymel.

L'usine de Vallée-Jonction est moderne et présente la particularité de mettre en marché un produit frais à durée prolongée sans congélation (communément appelé chill), comme l'exige une clientèle japonaise prête à payer le prix d'un tel produit. Malgré cela, l'usine doit accroître sa production et sa productivité pour améliorer sa rentabilité.

On l'a déjà dit: produire et transformer du porc coûte trop cher depuis que le dollar canadien a pris de la valeur, ce qui force les transformateurs à comprimer leurs dépenses. Après les travailleurs d'usine, ce sont les producteurs de porc qui risquent de devoir répondre aux exigences des transformateurs comme Olymel. Au moment de négocier avec ses employés, Olymel évaluait à environ six millions par année le manque à gagner provenant des prix trop élevés payés aux producteurs. Ceux-ci devront aussi mettre la main à la pâte pour contribuer au redressement de l'entreprise, affirmait le négociateur Lucien Bouchard en entrevue au Devoir.

Or Dieu sait que les producteurs font aussi face à de sérieuses difficultés. Un certain nombre d'entre eux ne survivent que grâce aux subventions. Au cours des derniers mois, leur fédération a suspendu la vente par encan électronique parce que le prix d'équilibre entre l'offre et la demande était descendu trop bas. C'est pourtant cette même fédération qui avait créé cet encan. C'est dire combien les producteurs sont coincés entre leurs coûts de production qui ne cessent de grimper et le prix que les transformateurs sont en mesure de payer.

Il n'y a pas si longtemps, l'industrie porcine était une vraie mine d'or, au point où elle attirait même des producteurs laitiers, pourtant considérés comme les riches de nos campagnes. Aujourd'hui, il est difficile de prévoir de quel côté le vent tournera à l'horizon 2010, mais au moment d'écrire ces lignes, c'est une tempête qui souffle le froid sur toutes les composantes de cette filière agroalimentaire.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Jean-Pierre Lusignan - Abonné
    15 février 2007 10 h 38
    Industrie porcine et subventions aux exportations
    Rimouski, ce 15 février 2007,

    Bonjour monsieur,

    Sauf erreur de ma part, une grande partie de la production porcine est exportée. Normalement, je ne me plaindrais pas de ce fait, mais dans le cas présent je me pose les questions suivantes. Peut-être aurais-je un jour ou l'autre une réponse. De plus, cette production m'amène à exprimer d'autres réticences. Les voici.

    Premier problème.

    Tout d'abord, les agriculteurs canadiens, le Canada et le Québec se plaignent que d'autres pays, par exemple les États-Unis et la France, subventionnent beaucoup leur agriculture. En soi, il n'y a rien de mal à ceci, mais le contraire peut se produire lorsque ces produits subventionnés inondent les marchés de pays dits en voie de développement, ruinent leurs producteurs de biens essentiels et détruisent leur autonomie alimentaire. Voici maintenant ma question: dans le cas de la production porcine, quel pourcentage de cette production est écoulé dans ces pays?


    Deuxième problème.

    La production porcine est un facteur de grande pollution de l'air et de l'eau. C'est également un grand facteur d'appauvrissement des terres arables en raison des énormes quantités d'engrais liquides, solides et artificiels utilisés. Certaines régions ont même déjà été déclarées "en surplus de lisier". Ne faudrait-il pas "économiquement internaliser" tous ces coûts lorsqu'il s'agit d'évaluer l'impact économique de cette industrie? Advenant que cette industrie doive être subventionnée par l'État pour persister et croître, est-il moralement et socialement acceptable de se servir de l'argent public pour faire un grand tort à l'environnement et à ceux qui y en vivent, par exemple aux villigiateurs, aux utilisateurs de cours d'eau, aux habitants de zones rurales de plus en plus polluées etc... L'état polleur?

    Troisième problème.

    Enfin, en termes de risques pour la santé animale et la santé humaine, est-il acceptable de transporter des lisiers et des animaux d'une région à l'autre? Est-ce que les grandes distances parcourues, les énormes porcheries et les énormes abattoirs n'augmenent pas considérablement les risques d'épizootie et n'accroissent pas l'émission de gaz à effet de serre? Pensons ici à la maladie de la vache folle et à la fiève aphteuse qui a récemment sévi en Grande-Bretagne. Sauf erreur de ma part, il y a environ 10 ans, ce pays se servait de presque cent abattoirs, maintenant il n'y en aurait que 5 ou 6....Que fait-on si une maladie se déclare dans l'un de ces immenses abattoirs? Quelle est la distance optimale à parcourir pour amener un animal à l'abattoire?

    Quatrème problème
    En termes de santé et de sécurité au travail et de salubrité des aliments, est-ce qu'une augmentation des cadences d'abattage et de nettoyage des carcasses est raisonnablement susceptible de faire des victimes? Si oui, quelles sont-elles? Que se passera-t-il chez Olymel? Que se passe-t-il déja? Quelle expérience a-t-elle auprès de la CSST?

    Merci de votre attention
    Jean-Pierre Lusignan
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Philippe Champagne - Inscrit
    15 février 2007 22 h 02
    Le porc
    Je suis d'avis que contrairement à ce que disait Lucide Bouchard cette semaine, cette victoire d'Olymel n'est pas collective mais il s'agit bien plutôt à cause de son principal négociateur, L.B., d'une défaite collective.

    Quand on pense qu'à cause du fédéralisme qui peut vendre des réfrigérateurs aux Esquimaux, on ne mange pas même notre propre porc alors qu'on devrait être auto-suffisants, il me presse que les candidats souverainistes des prochaines élections mettent l'accent sur ce fédérasme qui nous impose des contraintes, des carcans dont sont victimes nos propres travailleurs.

    Que M. Sansfaçon semble en pâmoison devant cet "exploit", ne fait que me renforcer dans l'idée que nos journalistes se font aisément laver le cerveau par les monopoles et les lobbies privés défavorables aux citoyens, où une fois de plus on socialise les pertes et capitalise les profits.

    Pour compléter les informations du journaliste, savait-il que durant 3 ans, alors qu'Olymel disait accuser des pertes de 150 millions, une mauvaise gestion interne a fait piger dans la caisse de retraite des employés 45 millions?

    Ça me rappelle étrangement le gang de la Montérégie, les matelas Simmons qui eux aussi s'étaient enfuis avec la caisse.

    Et quelqu'un pourrait-il me dire comment il se fait qu'au Québec, alors que coopérative et union devraient être partenaires, parce qu'issus tous deux du milieu populaire, on ne s'entend pas?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
2 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012