Libre opinion: Accommodements : merci, M. Charest
Gaétan Bouchard - Trois-Rivières
8 février 2007
Dans la controverse entourant les accommodements raisonnables, il me semble que seuls Jean Charest et les libéraux ont eu de la classe. Les libéraux, au contraire des bloquistes, des péquistes et des adéquistes, n'ont pas sombré dans la démagogie et n'ont pas cherché à gagner un vote en exploitant la xénophobie et l'ignorance des uns face aux autres. Je leur en suis reconnaissant et j'aurai une bonne pensée pour eux lors des prochaines élections.
La Charte des droits et libertés fait pleinement partie de notre identité québécoise. Nous sommes reconnus dans le monde pour nos libertés et non pour nos ceintures fléchées et nos amulettes. Cela permet à des investisseurs étrangers, entre autres, de s'intéresser à ce coin de la planète où nous ne nous sommes pas encore étripés pour des questions religieuses. Le Québec est une terre d'accueil et doit le demeurer. Ce qui n'est pas négociable dans notre identité québécoise, c'est justement la liberté. Ceux qui croient que la liberté est la source de tous nos maux devraient parfaire leur éducation et voyager un peu.
Nous ne vivons pas dans un État ethnique ou confessionnel mais dans un État de droit axé sur la souveraineté de la personne. La Constitution canadienne garantit la liberté de culte, c'est-à-dire la liberté de porter un voile, un col romain ou un kirpan. Aucune religion ne doit avoir préséance sur les autres dans nos institutions publiques, dans la mesure où nous reconnaissons la liberté de culte. C'est clair, net et précis pour n'importe quel juge de tout tribunal du pays. Bref, c'est la loi.
Il est malhonnête, d'un point de vue intellectuel, de remettre en question le modèle réussi d'intégration et de tolérance dans lequel nous vivons au Québec. Nous ne sommes pas en situation de guerre civile, à ce que je sache, et tout un chacun peut trouver au Canada et au Québec un havre de paix pour vivre la vie qu'il souhaite mener, peu importe son orientation sexuelle, la couleur de sa peau ou sa manière de prier, et ne jamais être à la merci de politiciens trop rigides qui craignent la discussion, la pluralité des solutions et le consensus.
Nous vivons dans un pays libre, et nous devrions en être très fiers, d'autant plus que la liberté n'est pas une règle universelle sur cette triste planète.
Une majorité intégrée
La grande majorité des catholiques, des juifs, des musulmans et des athées passent inaperçus dans notre société justement parce qu'ils sont intégrés à la communauté et laissent leurs sermons à la maison. Les intégristes sont des marginaux dans toutes les communautés du pays, même à Hérouxville et à Saint-Glinglin-des-Meumeux. Et pour le moment, il n'y a vraiment pas péril en la demeure.
Je crains bien plus les nostalgiques de l'Union nationale et du Crédit social que je crains Samir, Mordecai ou Fatima. Ceux qui souhaitent sauver l'Église et la nation en reprenant les discours du maréchal Pétain me font craindre le pire pour notre communauté. Nous devons combattre ces isolationnistes rétrogrades qui carburent aux faits divers pour distiller leur haine envers les membres des minorités visibles.
La liberté ne se trouve pas dans la meute mais dans l'expression individuelle de sa différence, de son originalité et de ses talents. Tous ceux qui se cachent derrière les «libertés collectives» finissent généralement par abolir la liberté pour chacun. Créer des lois ségrégationnistes par-dessus nos libertés individuelles relève de la bêtise à l'état pur.
Ce n'est pas ce babillage de bons aryens qui va attirer des investisseurs en Mauricie. Cela va sûrement attirer des médias, cependant. Des médias qui, par les temps qui courent, sont plus que jamais à la recherche de Québécois «profonds» pour casser du sucre sur un juif ou un musulman qui a refusé de manger du jambon à la cafétéria de l'hôpital. Si ce n'est pas de la propagande haineuse, je me demande bien ce que c'est.
Merci, M. Charest, de garder la tête froide devant ces emportements identitaires et racistes. Merci aux immigrants d'être ici pour contribuer à faire de ce coin de planète un pays libre, prospère et ouvert sur le monde.
La Charte des droits et libertés fait pleinement partie de notre identité québécoise. Nous sommes reconnus dans le monde pour nos libertés et non pour nos ceintures fléchées et nos amulettes. Cela permet à des investisseurs étrangers, entre autres, de s'intéresser à ce coin de la planète où nous ne nous sommes pas encore étripés pour des questions religieuses. Le Québec est une terre d'accueil et doit le demeurer. Ce qui n'est pas négociable dans notre identité québécoise, c'est justement la liberté. Ceux qui croient que la liberté est la source de tous nos maux devraient parfaire leur éducation et voyager un peu.
Nous ne vivons pas dans un État ethnique ou confessionnel mais dans un État de droit axé sur la souveraineté de la personne. La Constitution canadienne garantit la liberté de culte, c'est-à-dire la liberté de porter un voile, un col romain ou un kirpan. Aucune religion ne doit avoir préséance sur les autres dans nos institutions publiques, dans la mesure où nous reconnaissons la liberté de culte. C'est clair, net et précis pour n'importe quel juge de tout tribunal du pays. Bref, c'est la loi.
Il est malhonnête, d'un point de vue intellectuel, de remettre en question le modèle réussi d'intégration et de tolérance dans lequel nous vivons au Québec. Nous ne sommes pas en situation de guerre civile, à ce que je sache, et tout un chacun peut trouver au Canada et au Québec un havre de paix pour vivre la vie qu'il souhaite mener, peu importe son orientation sexuelle, la couleur de sa peau ou sa manière de prier, et ne jamais être à la merci de politiciens trop rigides qui craignent la discussion, la pluralité des solutions et le consensus.
Nous vivons dans un pays libre, et nous devrions en être très fiers, d'autant plus que la liberté n'est pas une règle universelle sur cette triste planète.
Une majorité intégrée
La grande majorité des catholiques, des juifs, des musulmans et des athées passent inaperçus dans notre société justement parce qu'ils sont intégrés à la communauté et laissent leurs sermons à la maison. Les intégristes sont des marginaux dans toutes les communautés du pays, même à Hérouxville et à Saint-Glinglin-des-Meumeux. Et pour le moment, il n'y a vraiment pas péril en la demeure.
Je crains bien plus les nostalgiques de l'Union nationale et du Crédit social que je crains Samir, Mordecai ou Fatima. Ceux qui souhaitent sauver l'Église et la nation en reprenant les discours du maréchal Pétain me font craindre le pire pour notre communauté. Nous devons combattre ces isolationnistes rétrogrades qui carburent aux faits divers pour distiller leur haine envers les membres des minorités visibles.
La liberté ne se trouve pas dans la meute mais dans l'expression individuelle de sa différence, de son originalité et de ses talents. Tous ceux qui se cachent derrière les «libertés collectives» finissent généralement par abolir la liberté pour chacun. Créer des lois ségrégationnistes par-dessus nos libertés individuelles relève de la bêtise à l'état pur.
Ce n'est pas ce babillage de bons aryens qui va attirer des investisseurs en Mauricie. Cela va sûrement attirer des médias, cependant. Des médias qui, par les temps qui courent, sont plus que jamais à la recherche de Québécois «profonds» pour casser du sucre sur un juif ou un musulman qui a refusé de manger du jambon à la cafétéria de l'hôpital. Si ce n'est pas de la propagande haineuse, je me demande bien ce que c'est.
Merci, M. Charest, de garder la tête froide devant ces emportements identitaires et racistes. Merci aux immigrants d'être ici pour contribuer à faire de ce coin de planète un pays libre, prospère et ouvert sur le monde.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

