Santé: Romanow fait la leçon à Dumont
L'architecte de la réforme tant attendue du système de santé canadien, Roy Romanow, ne croit pas que le parti de Mario Dumont ait prouvé que l'ouverture au secteur privé réglerait quoi que ce soit en matière de listes d'attente. À son avis, ce dernier aura fort à faire pour vendre cette idée aux Québécois.
«Les gens peuvent dire: "on fait ça", mais ils ont le fardeau de prouver que c'est moins cher, plus rapide, et que ça donne une meilleure qualité de soins. Je veux des preuves! Ce sera aux Québécois de décider, mais nous avons 42 études qui disent le contraire», a déclaré au Devoir hier Roy Romanow, président de la Commission sur l'avenir des soins de santé au Canada, lors de son passage à Montréal.
M. Romanow, dont le rapport final est attendu dans trois semaines, ne fait pas de quartier à ceux qui prétendent que la création d'un système à deux vitesses, en vertu duquel certains citoyens paieraient de leur poche, est une solution pour désengorger le système public et raccourcir les listes d'attente.
Interrogé au sujet du plan adéquiste en matière de santé, qui propose de permettre aux citoyens plus fortunés de payer pour obtenir certaines chirurgies plus rapidement, il a été très clair. «Je ne veux pas me mêler de politique québécoise, mais quelle est la logique? Premièrement, voulons-nous que la santé soit basée sur la capacité de payer? Deuxièmement, là où cela a été fait, notamment au Royaume-Uni, où les médecins pratiquent au public le matin et au privé l'après-midi, les listes d'attente du public n'ont fait qu'allonger. Où allons-nous trouver les docteurs? Dans le secteur public? Pour y mettre encore plus de pression? Ça ne fonctionne pas!», a insisté l'ex-premier ministre de la Saskatchewan hier.
Compte tenu de la pénurie de personnel, le commissaire affirme que la création de cliniques privées, à l'instar de ce que les Britanniques ont fait, viendrait siphonner les effectifs des hôpitaux publics.
Cela dit, M. Romanow ne se montre pas idéologiquement opposé à toute forme de participation du secteur privé aux services de santé. «Il y a de la place pour le développement du privé, cela existe en Saskatchewan. Nous n'avons pas un système monolithique nord-coréen! Mais jusqu'ici, les cliniques privées n'ont pas démontré qu'elles sont plus économiques et donnent de meilleurs résultats.»
Dans son discours prononcé hier matin au congrès du Collège des médecins de famille du Canada, Roy Romanow a affirmé qu'il recommandera d'investir massivement dans les services diagnostics de pointe, comme la résonance magnétique ou les tomodensitogrammes, afin d'éviter les nombreux goulots d'étranglement qui affectent le système de santé.
À son avis, les surplus fédéraux attendus au cours des prochaines années seront nettement suffisants pour mettre en oeuvre ses recommandations sans accroître davantage le fardeau fiscal des Canadiens. M. Romanow s'est d'ailleurs montré farouchement opposé à l'idée d'une prime à la santé, récemment avancée par le comité sénatorial Kirby pour assurer le financement futur du système de santé. M. Romanow juge cette forme de financement complètement «régressive».
Tout en comptant sur les millions d'Ottawa, l'ex-premier ministre de la Saskatchewan estime que l'ajout d'argent ne suffira pas à colmater les brèches du système de santé. «L'argent n'achètera pas le changement», plaide-t-il. Il prévient d'ailleurs que son rapport plaidera en faveur de la mise en place de systèmes nationaux d'information et d'évaluation auxquels les provinces devront collaborer afin de mieux gérer les listes d'attente et rendre compte de leur rendement.
De telles structures seront-elles acceptables pour le Québec? «Le mot "national" ne veut pas dire laisser libre cours aux "diktats" d'Ottawa. Ce qu'il faut, sans diminuer le pouvoir des provinces, c'est trouver des consensus sur les problèmes et un accord national sur des solutions communes. Nous étions tous derrière Lucien Bouchard lors de l'accord de septembre 2000 avec le fédéral, et nous avons obtenu 20 milliards sans qu'un iota de la Constitution ne soit changé», plaide Roy Romanow, qui croit à l'obtention d'un consensus canadien, sans ingérence fédérale dans les pouvoirs provinciaux.
Selon M. Romanow, son rapport proposera de soutenir financièrement les provinces qui apporteront des changements de fond à leurs systèmes, mais aussi de les rendre plus imputables. Des changements devront aussi être apportés au panier de services garanti par la Loi canadienne sur la santé, dit-il.
Même si la plupart des commissions d'enquête créées à travers le Canada ces dix dernières années, dont la commission Clair au Québec, n'ont guère eu de suites heureuses, Roy Romanow a bon espoir que son rapport n'atterrira pas sur une tablette.
«En janvier ou février, le premier ministre a déjà convenu de tenir une réunion des premiers ministres des provinces sur ce rapport. Si ces recommandations plaisent aux provinces, cela pourrait se régler rapidement sans que le Québec ou la Saskatchewan n'aient à renoncer à un iota de leurs compétences», dit-il.
«Les gens peuvent dire: "on fait ça", mais ils ont le fardeau de prouver que c'est moins cher, plus rapide, et que ça donne une meilleure qualité de soins. Je veux des preuves! Ce sera aux Québécois de décider, mais nous avons 42 études qui disent le contraire», a déclaré au Devoir hier Roy Romanow, président de la Commission sur l'avenir des soins de santé au Canada, lors de son passage à Montréal.
M. Romanow, dont le rapport final est attendu dans trois semaines, ne fait pas de quartier à ceux qui prétendent que la création d'un système à deux vitesses, en vertu duquel certains citoyens paieraient de leur poche, est une solution pour désengorger le système public et raccourcir les listes d'attente.
Interrogé au sujet du plan adéquiste en matière de santé, qui propose de permettre aux citoyens plus fortunés de payer pour obtenir certaines chirurgies plus rapidement, il a été très clair. «Je ne veux pas me mêler de politique québécoise, mais quelle est la logique? Premièrement, voulons-nous que la santé soit basée sur la capacité de payer? Deuxièmement, là où cela a été fait, notamment au Royaume-Uni, où les médecins pratiquent au public le matin et au privé l'après-midi, les listes d'attente du public n'ont fait qu'allonger. Où allons-nous trouver les docteurs? Dans le secteur public? Pour y mettre encore plus de pression? Ça ne fonctionne pas!», a insisté l'ex-premier ministre de la Saskatchewan hier.
Compte tenu de la pénurie de personnel, le commissaire affirme que la création de cliniques privées, à l'instar de ce que les Britanniques ont fait, viendrait siphonner les effectifs des hôpitaux publics.
Cela dit, M. Romanow ne se montre pas idéologiquement opposé à toute forme de participation du secteur privé aux services de santé. «Il y a de la place pour le développement du privé, cela existe en Saskatchewan. Nous n'avons pas un système monolithique nord-coréen! Mais jusqu'ici, les cliniques privées n'ont pas démontré qu'elles sont plus économiques et donnent de meilleurs résultats.»
Dans son discours prononcé hier matin au congrès du Collège des médecins de famille du Canada, Roy Romanow a affirmé qu'il recommandera d'investir massivement dans les services diagnostics de pointe, comme la résonance magnétique ou les tomodensitogrammes, afin d'éviter les nombreux goulots d'étranglement qui affectent le système de santé.
À son avis, les surplus fédéraux attendus au cours des prochaines années seront nettement suffisants pour mettre en oeuvre ses recommandations sans accroître davantage le fardeau fiscal des Canadiens. M. Romanow s'est d'ailleurs montré farouchement opposé à l'idée d'une prime à la santé, récemment avancée par le comité sénatorial Kirby pour assurer le financement futur du système de santé. M. Romanow juge cette forme de financement complètement «régressive».
Tout en comptant sur les millions d'Ottawa, l'ex-premier ministre de la Saskatchewan estime que l'ajout d'argent ne suffira pas à colmater les brèches du système de santé. «L'argent n'achètera pas le changement», plaide-t-il. Il prévient d'ailleurs que son rapport plaidera en faveur de la mise en place de systèmes nationaux d'information et d'évaluation auxquels les provinces devront collaborer afin de mieux gérer les listes d'attente et rendre compte de leur rendement.
De telles structures seront-elles acceptables pour le Québec? «Le mot "national" ne veut pas dire laisser libre cours aux "diktats" d'Ottawa. Ce qu'il faut, sans diminuer le pouvoir des provinces, c'est trouver des consensus sur les problèmes et un accord national sur des solutions communes. Nous étions tous derrière Lucien Bouchard lors de l'accord de septembre 2000 avec le fédéral, et nous avons obtenu 20 milliards sans qu'un iota de la Constitution ne soit changé», plaide Roy Romanow, qui croit à l'obtention d'un consensus canadien, sans ingérence fédérale dans les pouvoirs provinciaux.
Selon M. Romanow, son rapport proposera de soutenir financièrement les provinces qui apporteront des changements de fond à leurs systèmes, mais aussi de les rendre plus imputables. Des changements devront aussi être apportés au panier de services garanti par la Loi canadienne sur la santé, dit-il.
Même si la plupart des commissions d'enquête créées à travers le Canada ces dix dernières années, dont la commission Clair au Québec, n'ont guère eu de suites heureuses, Roy Romanow a bon espoir que son rapport n'atterrira pas sur une tablette.
«En janvier ou février, le premier ministre a déjà convenu de tenir une réunion des premiers ministres des provinces sur ce rapport. Si ces recommandations plaisent aux provinces, cela pourrait se régler rapidement sans que le Québec ou la Saskatchewan n'aient à renoncer à un iota de leurs compétences», dit-il.
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