mercredi 25 novembre 2009 Dernière mise à jour 09h58


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

L'ignorance et la fracture

Gil Courtemanche   3 février 2007 
Voilà un débat de société nécessaire qui est bien mal engagé. Je parle bien sûr du débat sur les «accommodements raisonnables». Tout s'y mêle et s'y recoupe: identité nationale, droits de la personne, accommodements, privilèges, droits reconnus par les tribunaux, foi et croyance, laïcité et patrimoine culturel. Pour une société qui a systématiquement évacué des écoles le recul que fournit l'enseignement de l'histoire et de la philosophie, pour une société qui a oublié que la formation citoyenne commence à la petite école, ce ne sera pas un débat facile et serein. En effet, pour en sortir et arriver à un encadrement équitable de la diversité et des droits, il faut comprendre ce que sont les droits, l'espace public et l'espace privé, la laïcité et aussi le monde tel qu'il est maintenant.

On a beaucoup parlé du code de conduite d'Hérouxville, mais rares sont ceux qui l'ont lu au complet. Il s'en dégage une curieuse impression de bienveillante naïveté et d'ignorance. En fait, ce code décrit la vie paisible et réjouissante d'un village où les gens s'entendent bien et où les femmes ont la même «valeur» que les hommes. Le texte annonce un village paisible et accueillant qui déclare sa satisfaction de vivre ainsi et qui dit au futur immigrant: il faudra devenir comme nous. Les gens d'Hérouxville défendent ainsi l'approche française de l'intégration républicaine. Vous avez choisi le Québec, vous devez devenir des Québécois comme nous. C'est une thèse qui se défend mais qui, on l'a vu en France, se solde souvent par l'échec. Il ne faut voir aucun racisme dans cette attitude, même si les racistes défendent souvent cette approche. L'interdiction de lapider en public (sic) et autres injonctions que contient ce code disent amplement et longuement que ce code s'adresse essentiellement aux musulmans. Il trahit et illustre de manière tragique comment le Québec «profond» perçoit le monde arabo-musulman. C'est un monde où on lapide quotidiennement, alors que cette pratique barbare n'est légale que dans quatre ou cinq pays et qu'au Nigeria, un de ces pays, la Cour suprême a empêché la lapidation de la dernière femme qui y a été condamnée. C'est un monde où les femmes marchent toutes le visage couvert et accompagnées d'un chaperon, où elles n'ont pas le droit de conduire une automobile. Tout cela relève d'une vision tragiquement caricaturale, alimentée par le 11-Septembre, le terrorisme international, les talibans. Il faut expliquer aux gens d'Hérouxville qu'on a le droit d'écouter de la musique même si on est musulman, car leur démarche naît de l'ignorance et de la peur. Et c'est cela qui est grave, car l'ignorance et la peur sont les principales racines de l'intolérance et du racisme.

La confusion et l'ignorance, l'incapacité de faire la différence entre droits, privilèges et discrimination, tout cela se retrouve aussi dans les multiples exemples d'«accommodements raisonnables» qu'on nous révèle en rafale depuis quelques semaines. Tous les exemples qu'on nous a servis et qui concernent les juifs hassidims ne relèvent ni de leur droit à la pratique de leur religion tel que reconnu par les chartes ni de leur droit à ne pas souffrir de discrimination. Les nonos qui ont accepté que les hommes hassidims puissent avoir des examinateurs masculins et qui nous présentent cela comme un service à la clientèle alimentent la confusion entre droits et privilèges. Être titulaire d'un permis de conduire ne constitue pas un droit, c'est un privilège, une permission accordée à un citoyen qui souscrit aux conditions exigées, dont celle d'un examen. On pourrait dire la même chose du choix du sexe du médecin ou du genre de cours prénatal qu'on veut suivre: ce sont des privilèges qu'on réclame au nom d'un faux droit à l'exercice de sa religion dans l'espace public. Pire encore, ces «accommodement» qui créent de nouveaux droits constituent des cas flagrants de violation des chartes canadienne et québécoise sur le droit à l'égalité des femmes. Dans tous ces exemples, ce sont des femmes qui sont privées de leur droit à l'égalité.

Autre confusion grave: on présente parfois comme des accommodements déraisonnables des droits décrétés par les tribunaux. C'est le cas des congés pour raison religieuse qu'accorde la Commission scolaire de Montréal. Ce n'est pas un accommodement, c'est une mesure adoptée par la CSDM pour se plier à une décision de la Cour suprême. Trois cents congés en un an pour 17 000 employés au total, pas de quoi fouetter un chat. Mais un quotidien a décidé de jouer cette nouvelle anodine en une, reléguant au lendemain l'explication qui désamorçait la bombe en page intérieure.

Plus profondément, la démarche d'Hérouxville, celle de quelques autres villages de la région, les gesticulations démagogiques de Mario Dumont, révèlent une fracture profonde entre le Québec francophone rural et le discours jovialiste sur les succès de la tolérance à la québécoise et notre adhésion profonde à plusieurs principes des chartes. Cette fracture, elle s'annonçait dans la poussée conservatrice lors des élections fédérales dans le centre du Québec. Elle se dessine de manière plus précise dans les deux sondages publiés cette semaine, qui indiquent une percée significative de l'ADQ dans ces mêmes régions.

Il faut l'avouer, 25 ans de Charte des droits ont profondément modifié la société dans des domaines qui relèvent des convictions, des croyances, des sentiments, domaines souvent envahis par les préjugés et par l'ignorance. On découvre aujourd'hui que ces bouleversements sont peut-être ressentis comme des atteintes à une vision de l'identité collective. Comme si on avait imposé un monde nouveau sur un univers ancien sans se soucier de fournir l'accompagnement pédagogique essentiel qui s'appelle l'éducation citoyenne.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Roger Lapointe
    Abonné
    samedi 3 février 2007 06h02
    Il y a aussi du Québec profond dans la région Montréalaise.
    « Assez méprisant cette affirmation très répandue dans les médias Montréalais voulant que des tentatives d'ajustement aux réalités culturelles d'aujourd'hui soient uniquement le reflet d'un Québec rural ou semi-rural.Il n'y a qu'a lire les nombreux blogues sur le code de vie de Hérouxville pour constater que cette réaction est largement répandue dans le grand Montréal également. »

  • jacques noel
    Inscrit
    samedi 3 février 2007 07h38
    Vivre en 2007 sous la Charia Trudeau
    « Depuis 1982, tout le Canada vit sous la Charia Trudeau, charia adoptée contre la volonté démocratique de l'Assemblée nationale du Québec. Charia où tout l'accent est mis sur les droits individuels aux dépens des droits collectifs, une véritable catastrophe pour nous québécois (qu'on pense à la manière dont la Cour a dépesé la Loi 101). Chaque projet de loi doit être conforme à la Charia Trudeau ce qui réduit encore plus le pouvoir législatif de nos élus(on l'a bien vu avec le mariage gay)

    Or, notre poids est très léger à la Cour Suprême. Presque rien. A peine 2 juges sur 9. Comment expliquer que les Juifs, qui ne font qu'un pourcent de la population canadienne, aient maintenant trois juges (Abella, Fish et Rothstein) à la Cour suprême, soit un tiers des sièges, contre seulement deux juges Québécois (Lebel et Deschamp). Trois juges, dont deux ne parlent pas du tout français, sans parler de la juge en chef uniligue aussi!

    En quoi devrions-nous continuer à nous plier aux dictats de cette foutue Cour qui ne représente en rien notre peuple et qui n'a aucune légitimité démocratique? »

  • Valdor Lagacé-Gallant
    Inscrit
    samedi 3 février 2007 09h28
    S'accommoder.
    « Bonjour

    Quand j'étais tout petit,j'ai eu à faire mon premier accommodement avec un chinois qui empesait les cols et les poignets de chemise sur la rue Centre à Pointe St-Charles,il s'appelait Charlie Wo. Il en a vécu des blagues et des risées. Il nous laissait gentiment tirer sur sa longue tresse.
    Avec les années et les voyages,j'ai rencontré des gens de toutes nationalités et de toutes les couleurs.

    Puis,un jour,ils sont venus ici,pour s'y établir.

    Je prends le métro tous les jours.Deux fois par jour. C'est là qu'on prend vraiment le pouls des immigrants. Certaines fois, j'ai l'impression d'être un touriste,ce qui n'est désagréable et d'autres fois d'être un étranger dans mon métro pas trop propre.

    Une chose est certaine. Avec le métissage,dans quelques années,nous ne serons plus blancs. Il y aura une couleur de chocolat au lait. Parce que les blonds aux yeux bleus ne font pas légion.

    Comme la grande majorité de ces personnes parlent leur langue d'origine ou l'anglais,j'aime croire que ce sont eux-mêmes des touristes. Le français ? C'est du chinois !

    Les accommodements ( je déteste ce mot) sont une façon de ne pas s'exprimer soi-même. Cela vient de notre vieux fond judéo-chrétien qui consistait à ne pas faire de la peine à personne de façon ouverte.

    Quand on cessera de subventionner les religions...l'intégration se fera naturellement. Ce sont les religions elles-mêmes qui créent les différences entre les êtres, spécialement dans le but de ne pas se rendre accommodantes. Des croyances qui ne font plus le poids mais qui conviennent bien aux êtres d'habitudes.Et bien des personnes ont besoin de se sentir sécurisées par toutes sortes de babioles accrochées après elles ou tatouées sur elles.

    Les êtres humains ne sont pas si différents que ça. C'est ce qu'on leur fout dans la tête qui les rend si peu accommodants. On est vraiment mal éduqués.

    Valdor Lagacé-Gallant »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    samedi 3 février 2007 09h56
    Québec ou auteur «profond» ?
    « M. Courtemanche décrit, comme QUÉBEC PROFOND, les gens d'Hérouxville parce qu'il pense qu'ils veulent dire: Vous avez choisi le Québec, vous devez devenir des Québécois comme nous. (Les gens d'Hérouxville n'ont jamais dit cela) M. Courtemanche.

    Pour ce qui est des congés pour raison religieuse qu'accorde la Commission scolaire de Montréal, il écrit que trois cents congés en un an pour 17 000 employés au total, il n'y a pas de quoi fouetter un chat. (Et s'il y en avait trois milles, est-ce qu'on pourrait commencer à fouetter le chat ? ) M. Courtemanche... »

  • Gilles Delisle
    Abonné
    samedi 3 février 2007 10h20
    Ces "caprices" non-raisonnables communément appelés "accomodements raisonnables"
    « M. Courtemanche, vous décrivez bien la distinction entre droits et petits privilèges de toutes sortes accordés par des "nonos" de fonctionnaires et de dirigeants, par les temps qui courent! Ce qu'on voît ici, depuis peu, ressemble à s'y méprendre à ce que les Noirs américains vivaient aux Etats-Unis jusqu'au années 70, comme par exemple, cet ambulancier n'ayant pas le droit de manger son lunch dans un espace réservé seulement aux Juifs mangeant la nourriture" kosher" à l'hôpital juif cette semaine. Tout le monde se rappelle de ces scènes désolantes ,oû un Noir ne pouvait manger dans un restaurant Blanc! Ces cas, et plusieurs autres ressemblent à une ségrégation fondée sur l'appartenance religieuse! Très inquiétant, ne trouvez-vous pas? »

  • Jacques Boucher
    Abonné
    samedi 3 février 2007 13h21
    Trop facile de les ridiculiser !
    « Attention, il est trop facile de ridiculiser les conseillers d'Hérouxville en leur renvoyant leur texte sur les lapidations (tellement invraisemblable...). Les gens d'Hérouxville auraient aussi pu dire qu'ils ne veulent pas de concitoyens qui menacent de mort les écrivains et les compositeurs qui osent critiquer Mahomet; ce qui est vraisemblable et tout récent. Ils auraient aussi pu invoquer qu'ils ne veulent pas d'un pays où les femmes et les hommes qui critiquent l'Islam doivent entrer dans la clandestinité; aussi vraisemblable et récent. Ce que ces "NAÏFS" nous disent, c'est qu'avec la bénédiction de la Cour Suprême, les politiciens, les bureaucrates et les intellectuels sont en train d'autoriser, par NAÏVETÉ et manque de courage, des brèches flagrantes à ce que nous avons mis des siècles à bâtir: le respect de la démocratie, de la liberté, de la laïcité, de l'égalité des sexes, de ce que nous sommes comme Québécois. Opposer aux gens d'Hérouxville et à ceux qui les appuient que leur "code" est illégal ne fait que leur démontrer qu'il est urgent de se mobiliser pour préserver ce qui est capital pour nous-mêmes et nos enfants. Ces « petites gens de la campagne profonde » (quel mépris chez les journalistes montréalais !) ont surtout le courage de dire À L'AVANCE, à la face du monde, ce que nous aurions dû affirmer fermement et sereinement depuis des années.
    3 février 2007 »

  • Michael Laughrea
    Inscrit
    samedi 3 février 2007 13h25
    M. Jacques Noel est très peu accomodant
    « Je rappelle à M. Jacques Noel que le juge Fish est un Québécois. Mais on a compris: pour M. Jacques Noel, le mot "Québécois" exclut tous les résidents du Québec qui sont autochtones, immigrants récents, ou dont les noms ne sont pas francophones. Suis-je Québécois, M. Noel? Est-ce que l'immigrant et journaliste Michel Vastel est québécois? La différenciation que fait M. Noel entre Québécois de souche (dont les ancêtres remontent à plusieurs générations et appartiennent à la "bonne"religion) est vraiment rétrograde.

    M. Noel se demande: "Comment expliquer que les Juifs, qui ne font qu'un pourcent de la population canadienne, aient maintenant trois juges (Abella, Fish et Rothstein) à la Cour suprême, soit un tiers des sièges?" Il aura compris quand il se demandera aussi: "comment expliquer que les Juifs, qui ne font que 0,15% de l'humanité, obtiennent 25% des médailles Fields en mathématiques, 23% des prix Nobel d'Economie, 22% des prix Nobel de Médecine et 21% des prix Nobel de Physique, sans compter 10% des prix Nobel de Paix et 12% des prix Nobel de littérature?"

    La réponse est: les prix Nobel, les médailles Fields et les postes de Juge de la Cour Suprême ne sont pas soumis à un système de quota. Ils sont alloués au mérite. De plus, on ne peut faire de statistiques à partir du chiffre 3. Historiquement, la Cour suprême n'a jamais eu 3 juges juifs, sauf maintenant (il s'agit donc d'une anomalie sans doute temporaire). Les Juifs ont du mérite mais évidemment pas suffisamment pour mériter 3 juges de la Cour Suprême très souvent.

    Dans les domaines intellectuels, les Juifs occupent typiquement une place 10 à 20 fois plus grande que leur nombre laisse suggérer. Il n'est donc pas étonnant que 10 à 20% des juges de la Cour Suprême soient, historiquement, juifs. Selon les années, ce sera 0%, ou encore le 33% que l'on rencontre présentement.

    Prof. Michael Laughrea, McGill »

  • Hélène Naud
    Inscrite
    samedi 3 février 2007 17h30
    Droits des femmes?
    « Ce qu'il y a de paradoxal et d'inquitant dans toute cette saga d'accommodements raisonnables, c'est que bien que ce soient très souvent les femmes qu'on vise, on ne connaît presque jamais leur point de vue. Pas de conseillère de Hérouxville,pas de musulmane ni de québécoise pure laine: ce sont des hommes qui parlent des femmes. Observez le genre de ceux qui commentent l'article de «monsieur» Courtemanche: ce sont encore des hommes. Pour différentes raisons, les femmes ne veulent, ne peuvent ou ne savent donner leur point de vue. C'est donc aux hommes qui ont la parole à faire l'effort de la partager en incitant les femmes à parler autant et aussi longtemps qu'eux. Les hommes ne représentent pas l'humanité et sans le point de vue des femmes, aucune question ne peut prétendre être correctement circonscrite. Pour l'instant, les hommes sont beaucoup trop présents partout. Qu'ils fassent l'effort de partager, pour le mieux être de toutes et de tous et qu'en plus, ils acceptent de dire «être humain» pour désigner femmes et hommes plutôt qu'homme afin que lorsqu'on emploie le mot homme, on sache qu'il s'agit bien d'eux. Un détail? Non. Dire «être humain» plutôt que «homme» est déjà un indice qui témoigne de la volonté des hommes de partager équitablement la planète avec les femmes. Observateurs objectifs et critiques, à vos marques, prêts, partez! »

  • André Julien
    Inscrit
    samedi 3 février 2007 18h24
    Aucune différence entre le rat des champs et celui des villes. Nonobstant...
    « Dans un récent article du New York Times l'auteur décrivait deux ligne de pensées du protestantisme face à leurs devoirs dans l'observance de leur foi. Il y a ceux qui basent leurs actions sur les Écritures Saintes et ceux qui ont des pratiques de Prudence celle de ne pas fumer, de ne pas boire et d'autres actions afin de ne pas succomber aux tentations.

    Ces exemples ressemblent aux diverses obligations anciennes de l'église catholique maintenant abolies, comme de ne pas manger de viande le vendredi, jeûner durant le carême, l'obligation pour les femmes de se couvrir dans l'église.

    Pour bien des gens des villes comme des campagnes, sans exception, l'étalage publique de la foi par des costumes, voiles et autres signes de foi rejoignent les règles de Prudence des Protestants et les observances catholiques anciennes.

    Les gens ne croient pas essentielles les démonstrations
    de foi publiques de membres d'autres religions qu'ils considèrent comme du prosélytisme.

    Avant que la situation ne dégénère, les autorités politiques devraient penser à invoquer la cause nonobstant. »

  • jacques noel
    Inscrit
    samedi 3 février 2007 19h20
    Abella, Fish et Rothstein à la Cour Suprême
    « Si trois des quatre dernières nominations à la Cour Suprême se trouvent à être des juges de confessions juives, ça n'a rien avoir avec le mérite, comme le soutend Michael Laughrea, encore moins au hasard. C'est tout simplement dû au fait que celui qui les a nommés a été président du Congrès juif canadien!

    La Commission Gomery nous a appris que la nomination des juges au Canada relevait d'un obscur comité de petits amis libéraux qui suggèrent les bons amis à qui de droit. C'est l'une des plus grosses révélations de la Commission. Qui est restée lettre morte. Comme la liste des candidats libéraux qui ont reçu l'argent sale de Marc-Yvan Coté. Sur la colline parlementaire, on n'est pas très curieux. On préfère Kyoto et Coté....

    Bien que les souverainistes forment la moitié de la population québécoise, et plus de 80% de la population hautement scolarisée, on trouve aucun juge souverainiste à la Cour suprême, aucun juge dans les cours fédérales. Bienvenue dans la république de bananes où la nomination des juges n'a rien à voir avec le mérite.... »

  • ghislaine belisle
    Inscrite
    samedi 3 février 2007 19h23
    Intégration
    « Je crois qu'il est temps d'abolir tous ses privilges. Avec tous ses accomodements il n'y aucune possiblité que ces gens puissent s'intégrer. Ils ont leurs écoles oui je suis d'accord qu'ils puissent avoir leur propre église.
    Tous leurs signes kirpan burka etc. égale je suis musulman ou juif..ne pas touche... dans tout cela c'est la femme qui est isolée.
    ..Ont-ils choisi le Quebec à cause de notre générocité,,,il est plus que le temps que le gouv. passe . une loi. Voilà mon opinion et je ne suis pas la seule à penser ainsi.

    ghislaine bélisle belisleg@hotmail.com »

  • Marc Lavallée
    Inscrite
    dimanche 4 février 2007 05h50
    Les villes et villages ont-ils vraiment ce pouvoir?
    « Les médias font leurs choux gras de ce ridicule "code de vie" et cassent du sucre autant sur le dos du Québec profond que du grand Montréal ethnique. Mais une chose dont on ne parle pas (ou peu) c'est le droit qu'auraient les grosses villes et les petits villages de proclamer un tel "code de vie", comme si il pouvait avoir force de loi. En marge de tout ce cirque médiatique désolant, est-ce qu'il existe encore une seule personne compétante qui pourraient nous remettre les pendules à l'heure? Depuis la "défusion", les petites municipalités se prennent pour des états, et on les laisse faire comme autant de petits Westmount. C'est peut-être amusant pour l'Infoman, mais à force de seulement en rire on risque de cristalliser (sinon diamanter) le Québec en tant que société ghettoisée et niaiseuse mur-à-mur. »

  • Georges Paquet
    Abonné
    dimanche 4 février 2007 06h19
    Et que dites-vous à Paul Bégin?
    « M. Courtemanche,
    Si vous avez lu les deux textes de l'ex ministre de la Justice du Parti québecois, Paul Bégin, dans Le Devoir des 29 et 30 janvier, vous auriez pu le mettre dans la même catégorie que Mario Dumont, ou tout au moins le gronder d'avoir qualifié de "cafouillages" les décisions de la Cour suprême reconnaisant à certains le droit au respect de leurs croyances religieuses.

    Il me semble qu'il faut distinguer, dans nos sociétés, trois aspects très distincts à cette question de la mixité raciale, culturelle et religieuse que nous avons à "accomoder". Le respect de la loi, la responsabilité politique et la promotion de la paix sociale.

    Il y a d'abord la question des droits et libertés. Puisque ceux-ci sont inscrits dans les Chartes québecoise, canadienne et onusienne, il faut laisser aux tribunaux le soins et le devoir d'interpréter et d'appliquer les lois dans les cas individuels. Il faut résister la "tentation de la majorité". Je sais que l'on écrit et qu'on laisse croire "qu'en démocratie le peuple a toujours raison". C'est vrai quand il s'agît d'élire ses représentants, mais cette pratique ne s'applique pas quand il s'agît du droit individuel. On ne peut pas accepter que ce soit une majorité, si grande soit-elle, qui décide d'appliquer ou pas les principes d'égalité entre les humains. (Par exemple, une majorité, si grande soit-elle, ne pourrait pas décider que les grands, ou les bruns ont plus ou moins de droits que les petits ou les blonds.)

    Il y a ensuite la politique où là, les citoyens ont toute liberté d'exprimer leurs points de vue et de choisir leurs dirigeants. Ainsi les politiques d'immigration aux niveaux fédéral et provincial sont faites de telles sortes qu'elle invitent directement et en permanence de très nombreux citoyens de pays étrangers à venir s'installer, étudier, et travailler chez-nous. Il y en a en moyenne environ 40 mille "étrangers" qui arrivent ainsi au Québec chaque année. C'est une politique bien connue et qui s'inscrit dans le sens bien compris des intérêts du Québec, à court et à long terme. Il s'en suit donc normalement une obligation pour tous d'accueillir et d'accommoder ces "invités" afin qu'ils contribuent comme tous les autres au bien-être collectif par leur travail et leurs activités économiques et culturelles aussi variées qu'on peut l'imaginer.

    Le troisième aspect de cette question de la mixité se situe au niveau des relations personnelles et de la paix sociale. Bien sûr, la nouveauté et le changement peuvent à l'occasion nous étonner, nous interpeller. Mais il me semble que depuis très longtemps les coutumes du "vivre ensemble" nous invitent à ne pas déranger nos voisins, de près ou de loin, et font aussi une obligation à nos voisins de ne pas nous déranger indûment. Mais est-ce indûment dérangeant que de petites voisines puissent se présenter en classe à côté d'autres enfants, tout en portant un foulard. Est-ce si dérangeant que des ouvrier sikhs puissent être autorisés à travailler en ne portant que leur turban, à leurs risques et périls. Quand les droits fondamentaux des individus sont respectés et que des coutumes qui nous sont étrangères sont revendiquées, sans nous obliger à renoncer à nos droits, à nos coutumes et à nos libertés, je ne vois pas là de quoi fouetter un chat. Que ce soit dans le domaine religieux ou non. Tous les citoyens ont le devoir de respecter les lois et les institutions qui fonctionnent sans discrimination et sans préjugés, mais ils doivent aussi s'attendre ce que chacun cherche à s'y épanouir avec son bagage de culture et de coutumes. Il y a depuis assez longtemps des quartiers chinois, italiens, grecs et autres dans nos grandes villes pour que ne soient pas remis en question tous les aspects positifs des accommodements que chacun a déjà faits, au niveau de ses traditions et de ses habitudes, pour vivre ensemble et profiter d'un enrichissement collectif indéniable.

    En somme, nos grands institutions sont laïques et sont fondées sur le droit, tandis que les individus ont des droits individuels et des libertés tant au niveau religieux que civil que les institutions doivent respecter et faire appliquer.


    Georges Paquet

    georgespaquet@sympatico.ca »

  • Michael Laughrea
    Inscrit
    dimanche 4 février 2007 09h19
    Un peu de perspective pour M. Noel
    « Il est vrai qu'il y a un certain aspect politique à la nomination des juges au Canada. Cependant, j'invite M. Noel à réfléchir sur cet autre fait: depuis 1860, 50% des championnats mondiaux d'échecs ont été remportés par des Juifs: un peu (en fait TRES!) difficile de croire que quelqu'un puisse devenir champion mondial d'échec par "favoritisme", n'est-ce pas, M. Noel? Voici la liste des champions mondiaux d'échecs qui sont juifs:
    William Steinitz ( champion de 1866 à 1894).
    Emanuel Lasker ( champion de 1894 à 1921).
    Boris Spassky (de 1969 à 1972) (la mère de Spassky était juive).
    Bobby Fischer ( champion de 1972 à 1975)
    Gary Kasparov (de 1985 à 2000) (le père de Kasparov était juif).


    En somme, les Juifs ont historiquement démontré un intérêt pour les choses intellectuelles, et de nombreuses prouesses dans ces choses. Au-delà de tout favoritisme, il n'est donc pas du tout surprenant que le nombre de juges juifs de la Cour Suprême soient bienn plus grand que la proportion de Juifs dans la population canadienne ne le laisserait supposer.

    Si 0,15% de l'humanité peut remportet 50% des championnats mondiaux d'échecs, 25% des Médailles Fields (équivalent du prix Nobel pour les mathématiques), et 19% des prix Nobel, pourquoi cela surprendrait-il M. Noel que 1% de la population canadienne produise parfois 33% des juges de la Cour Suprême. Rappelons à M. Noel que pendant de nombreuses années (en fait probablement pendant la plus grand partie de l'Histoire de la Cour Suprême), il y a eu 0 juge juif membre de la Cour Suprême. »

  • Maria Hotes
    Inscrite
    dimanche 4 février 2007 12h06
    Immigration et religion
    « Certes, immigrer ce n'est jamais facile; il faut souvent apprendre une nouvelle langue, s'adapter aux habitudes locales (même si, dans l'espace privé, on ne les change pas du jour au lendemain), etc. Mais il faut penser que, si on a quitté un pays, c'était bien NOTRE choix (je suis moi-même immigrante) et il faut s'adapter aux lois et les accepter telles qu'elles existent. Si on veut faire "cohabiter" la religion et l'État, il y a plusieurs pays qui le font, on pourrait s'en aller là. Or, si on choisit le Canada (car, pour la plupart des gens avant d'arriver ici, le Canada et le Québec est la même chose), il faut s'adapter aux lois canadiennes et au mode de vie canadien (du moins, dans l'espace public, bien sûr), sans vouloir le changer. Le pays fonctionne bien comme ça, pourquoi imposerait-on un changement ridicule? D'ailleurs, si on parle de "racisme", n'existe-t-il pas dans les deux sens? Si on a plus de facilité à s'entendre avec ceux qui parlent la même langue que nous et qui ont une culture semblable à la nôtre, d'accord, rien ne nous empêche d'être avec eux... reste que c'était ton choix d'être avec eux et non pas avec des Québécois! S'adapter implique faire des efforts! »

  • Marcel STE-MARIE
    Inscrit
    lundi 5 février 2007 16h56
    Vous êtes au Québec, mon vieux!
    « Vous osez écrire"Pour une société qui a systématiquement évacué des écoles le recul que fournit l'enseignement de l'histoire et de la philosophie..". C'est une blague ou quoi!? Vous êtes au Québec, mon vieux, et l'enseignement de la philosophie y est obligatoire à partir du Cegep. Quant aux niveaux primaire et secondaire il sont partiellement pénétrés d'enseignement moral.
    Une dernière remarque concernant les "privilèges". Dans une société de droit il n'y a pas de privilèges, comme vous le laissez entendre. Cette subtile évasion du côté de l' arbitraire, que pratiquaient jadis si bien les royautés, n'est pas digne d'un chroniqueur qui se veut contemporain. Pas étonnant que les petites gens ne s'y retrouvent pas elles-mêmes. »

  • Pierre Bonbeau
    Inscrit
    mardi 6 février 2007 15h23
    Bravo M. Courtemanche!
    « M. Courtemanche,

    J'ai beaucoup aimée votre article. Il m'a chaud au coeur! Voilà une personne non-musulmane comprend d'avantage cette problématique qui n'est pas facile à cerner. Vous êtes le seul québécois, ouf!

    Je pense que ce débat est malgré tout intéressant, car c'est dans ce genre débat que l'on perçoit l'ignorance des personnes et leurs perceptions et leurs inquiétudes non-fondées.

    Cette crainte doit susciter une sérieuse réflexion dans l'éducation que nous devons donner à nos enfants qui vont devenir les dirigeants du futur. Peut-être aussi les médias télévisés et les journaux devraient faire un effort pour donner les informations factuelles et faire une analyse non-partisane pour éclairer les gens et non alimenter un débat qui frise parfois le ridicule. P.B. »

  • Pierre Bonbeau
    Inscrit
    mercredi 7 février 2007 13h13
    Réaction au propos de monsieur Marcel STE-MARIE
    « Je pense que votre réaction semble saine (en tenant compte de la situation actuelle), mais il est important quand même que nos enfants soient sensibilisés à une éthique commune dès le bas âge. Il faudra que les Québécois acceptent que l'immigration est essentielle pour la survie de l'économie du Québec. Et donc il ne faudra accepter pas la stupidité humaine, mais peut-être faire des compromis acceptables sur certains aspects peut-être fondamentaux pour les immigrants mais peut-être futile pour le Québécois de « souche ».

    Il faut se rappeler, un "ti-peu" notre histoire, les Québécois sont aussi des immigrants qui viennent d'ailleurs et cela a prit beaucoup de temps avant de former une communauté québécoise au sens propre du terme et de s'adapter à cette belle province.

    De toutes les façons l'éducation est toujours un atout et non une lacune. Si nous pouvons éduquer nos enfants et ouvrir leurs horizons assez tôt sur la pluralité des idées et la diversité de la société québécoise, c'est tant mieux. »

  • Linda Hart
    Abonnée
    mardi 13 février 2007 15h04
    M. Laughrea et la performance
    « Il est tout à fait dommage que toutes ces prouesses intellectuelles dont vous nous offrez un portrait très élitiste, mais cela est normal, on ne parle bien que de ce que l'on connaît, ne permettent pas à la communauté Juive internationale de faire entendre sa voix de manière constructive et positive, lorsqu'il est question du Moyen-Orient et d'Israël. Cela nous éviterait ce spectacle désolant d'un parti pris systématique et destructeur, qui contribue à discréditer non seulement le jugement des élites Juives, mais qui stigmatise leur incapacité à comprendre l'histoire et leur courte mémoire. En effet, si la mémoire leur avait été donnée en partage, elles seraient peut-être plus enclines à considérer certains événements d'un passé encore récent et à protester contre l'emploi par Israël de méthodes qui sentent son bon vieux racisme à plein nez. »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
19 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009