Mieux-être - Comme un loir... ou un ours!
27 janvier 2007
«Il faut que la voix des hommes sans voix empêche les puissants de dormir», a écrit l'abbé Pierre, qui nous a quittés cette semaine.
Le malheur, c'est que toutes sortes de gens sont privés de sommeil, et ce, pour toutes sortes de raisons. Pour certains, sitôt la tête déposée sur l'oreiller, c'est bonsoir la compagnie. Pour d'autres, on tourne à gauche, à droite, pendant de longues minutes, à ressasser la journée, les émotions dans la tourmente et le «petit vélo» roulant à belle vitesse.
Le «petit vélo», c'est cette jolie expression de Daniel Dufour, un médecin suisse qui a eu du succès avec Les Tremblements intérieurs (Éditions de l'Homme) et qui revient de temps en temps animer des ateliers. La dernière fois que je l'ai vu, je lui ai demandé s'il ne trouvait pas qu'il y avait des risques à jouer les gourous. Il m'a dit que non, ça se passe très bien. Il n'a pas de formation en psychologie, c'est un docteur qui a vécu et tiré des leçons de ses expériences. Il y en a d'autres comme lui, les gens ont tant besoin de soutien.
Pour revenir à notre vélo, c'est notre imagination qui s'emballe et nous charrie les émotions. La peur en est un bon exemple. Si on vous attaque, vous vous défendez. Votre corps se charge d'adrénaline et vous réagissez. Après coup commencent les «il aurait pu arriver ceci»: c'est le petit vélo qui vient de se lancer. Ça tourne tout seul, les idées passent comme des étoiles filantes et... on ne dort pas.
Quand on pense que même les ours ont le sommeil perturbé! Il n'y a pas de honte à faire de l'insomnie. On nous dit qu'à la ménopause, les femmes dorment moins bien. Ouais... Règle générale, elles ont le sommeil léger dès le premier enfant. Ça se replace pour certaines; pour les autres, on apprend à vivre avec le sommeil qu'on peut, ma foi.
Ou alors on prend des somnifères, comme près de 5 % de la population, et ça augmente avec l'âge jusqu'à deux millions et demi de personnes au Canada. Les Américains ont rapporté plus de 40 millions d'ordonnances de somnifères en 2005. Sans parler de ceux en vente libre... La mélatonine, qui serait une solution de rechange aux somnifères, n'est pas disponible au Canada. Il nous reste donc l'hygiène de vie si on ne veut pas se droguer.
Vous avez peut-être déjà entendu l'expression food insomnia. Avec tous ces problèmes d'acidité gastrique, de reflux et de mauvaise digestion, les gens qui se réveillent autour de 3h30 ou 4h la nuit ont intérêt à connaître les aliments qui aident ou nuisent à leur sommeil.
Les légumes verts à la vapeur, le basilic et l'aneth sont conseillés, et tout particulièrement la laitue, qui devrait être dans toutes les assiettes au souper. Le riz brun et, en général, les hydrates de carbone complets stimulent la production de sérotonine, réputée pour favoriser le sommeil. Évidemment, les vrais insomniaques le savent, le lait auquel on ajoute une goutte de miel est le plus vieux remède naturel contre l'insomnie.
Je sais pour ma part que si je mange une soupe aux légumes qui contient, disons, un peu d'orge ou de riz, la nuit sera reposante. Mais je pourrai commencer à travailler avant le lever du jour si... hum, je flanche au resto de l'aéroport pour un fish and chips, comme cela m'est arrivé dimanche dernier. Hé, ce n'est pas parce qu'on s'intéresse à la santé qu'on ne fait pas de bêtises!
Notre système digestif ralentit le soir et la nuit, alors les naturopathes font la promotion de certains aliments comme la dinde, le thon, les bananes et les figues parce qu'ils contiennent les fameux tryptophanes. Souvent, on mange carrément trop le soir. Ceux qui dorment du sommeil du juste lisent ces lignes de haut, les mains sur le ventre, mais les autres me comprendront. Ceux-là connaissent la règle des trois heures sans nourriture avant d'aller dormir, ont entendu parler du calcium-magnésium contre les coups de pied erratiques qui réveillent, boivent une petite camomille de temps en temps et... se font traiter de petite nature par les dormeurs impénitents!
Ceux-là offriront du bain moussant à la lavande, un oreiller «de rêve» rempli d'herbes aromatiques relaxantes. (Sentir ce mélange aiderait, semble-t-il, et il me semble que ça vaut mieux que de renifler une tranche d'oignon!) Pleurer pour dormir?
Quand le sommeil nous fuit comme la peste, on analyse l'hygiène de vie: la télé dans la chambre, les activités stressantes, l'alimentation incorrecte et le manque d'exercice... Puis on pense à la relaxation, au bruit dans la maison. Enceinte, je suivais la prescription de la sage-femme qui disait: «Vide ta tête, écris tout ce qui te vient à l'esprit, tu jetteras les feuilles après si ça t'embête.» Je faisais ça en sirotant du lait chaud.
Alors, vous voyez, le lait chaud, les infusions et le fait de penser à son corps pour oublier son esprit, ça marche dans nos ébats amoureux mais ça doit aussi se faire en pensant à ses petits pieds, ses bras, qui deviennent lourds, si lourds... Même vos os vont se détendre.
À lire
- Dr Y.-V. Kaman, Mieux dormir grâce à la minute zen et autres méthodes, Dauphin Guide pratique.
- R. Shankland T. Saïas, Quand dormir devient un problème, Éditions de la Martinière jeunesse.
vallieca@hotmail.com
Le malheur, c'est que toutes sortes de gens sont privés de sommeil, et ce, pour toutes sortes de raisons. Pour certains, sitôt la tête déposée sur l'oreiller, c'est bonsoir la compagnie. Pour d'autres, on tourne à gauche, à droite, pendant de longues minutes, à ressasser la journée, les émotions dans la tourmente et le «petit vélo» roulant à belle vitesse.
Le «petit vélo», c'est cette jolie expression de Daniel Dufour, un médecin suisse qui a eu du succès avec Les Tremblements intérieurs (Éditions de l'Homme) et qui revient de temps en temps animer des ateliers. La dernière fois que je l'ai vu, je lui ai demandé s'il ne trouvait pas qu'il y avait des risques à jouer les gourous. Il m'a dit que non, ça se passe très bien. Il n'a pas de formation en psychologie, c'est un docteur qui a vécu et tiré des leçons de ses expériences. Il y en a d'autres comme lui, les gens ont tant besoin de soutien.
Pour revenir à notre vélo, c'est notre imagination qui s'emballe et nous charrie les émotions. La peur en est un bon exemple. Si on vous attaque, vous vous défendez. Votre corps se charge d'adrénaline et vous réagissez. Après coup commencent les «il aurait pu arriver ceci»: c'est le petit vélo qui vient de se lancer. Ça tourne tout seul, les idées passent comme des étoiles filantes et... on ne dort pas.
Quand on pense que même les ours ont le sommeil perturbé! Il n'y a pas de honte à faire de l'insomnie. On nous dit qu'à la ménopause, les femmes dorment moins bien. Ouais... Règle générale, elles ont le sommeil léger dès le premier enfant. Ça se replace pour certaines; pour les autres, on apprend à vivre avec le sommeil qu'on peut, ma foi.
Ou alors on prend des somnifères, comme près de 5 % de la population, et ça augmente avec l'âge jusqu'à deux millions et demi de personnes au Canada. Les Américains ont rapporté plus de 40 millions d'ordonnances de somnifères en 2005. Sans parler de ceux en vente libre... La mélatonine, qui serait une solution de rechange aux somnifères, n'est pas disponible au Canada. Il nous reste donc l'hygiène de vie si on ne veut pas se droguer.
Vous avez peut-être déjà entendu l'expression food insomnia. Avec tous ces problèmes d'acidité gastrique, de reflux et de mauvaise digestion, les gens qui se réveillent autour de 3h30 ou 4h la nuit ont intérêt à connaître les aliments qui aident ou nuisent à leur sommeil.
Les légumes verts à la vapeur, le basilic et l'aneth sont conseillés, et tout particulièrement la laitue, qui devrait être dans toutes les assiettes au souper. Le riz brun et, en général, les hydrates de carbone complets stimulent la production de sérotonine, réputée pour favoriser le sommeil. Évidemment, les vrais insomniaques le savent, le lait auquel on ajoute une goutte de miel est le plus vieux remède naturel contre l'insomnie.
Je sais pour ma part que si je mange une soupe aux légumes qui contient, disons, un peu d'orge ou de riz, la nuit sera reposante. Mais je pourrai commencer à travailler avant le lever du jour si... hum, je flanche au resto de l'aéroport pour un fish and chips, comme cela m'est arrivé dimanche dernier. Hé, ce n'est pas parce qu'on s'intéresse à la santé qu'on ne fait pas de bêtises!
Notre système digestif ralentit le soir et la nuit, alors les naturopathes font la promotion de certains aliments comme la dinde, le thon, les bananes et les figues parce qu'ils contiennent les fameux tryptophanes. Souvent, on mange carrément trop le soir. Ceux qui dorment du sommeil du juste lisent ces lignes de haut, les mains sur le ventre, mais les autres me comprendront. Ceux-là connaissent la règle des trois heures sans nourriture avant d'aller dormir, ont entendu parler du calcium-magnésium contre les coups de pied erratiques qui réveillent, boivent une petite camomille de temps en temps et... se font traiter de petite nature par les dormeurs impénitents!
Ceux-là offriront du bain moussant à la lavande, un oreiller «de rêve» rempli d'herbes aromatiques relaxantes. (Sentir ce mélange aiderait, semble-t-il, et il me semble que ça vaut mieux que de renifler une tranche d'oignon!) Pleurer pour dormir?
Quand le sommeil nous fuit comme la peste, on analyse l'hygiène de vie: la télé dans la chambre, les activités stressantes, l'alimentation incorrecte et le manque d'exercice... Puis on pense à la relaxation, au bruit dans la maison. Enceinte, je suivais la prescription de la sage-femme qui disait: «Vide ta tête, écris tout ce qui te vient à l'esprit, tu jetteras les feuilles après si ça t'embête.» Je faisais ça en sirotant du lait chaud.
Alors, vous voyez, le lait chaud, les infusions et le fait de penser à son corps pour oublier son esprit, ça marche dans nos ébats amoureux mais ça doit aussi se faire en pensant à ses petits pieds, ses bras, qui deviennent lourds, si lourds... Même vos os vont se détendre.
À lire
- Dr Y.-V. Kaman, Mieux dormir grâce à la minute zen et autres méthodes, Dauphin Guide pratique.
- R. Shankland T. Saïas, Quand dormir devient un problème, Éditions de la Martinière jeunesse.
vallieca@hotmail.com
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

