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Lettres: Le religieux et le coutumier

Bernard Charier - Montréal, le 16 janvier 2007  19 janvier 2007 
Dans le tohu-bohu au sujet des accommodements raisonnables, il me semble qu'on ne fait pas la distinction entre ce qui appartient au religieux et ce qui est du domaine coutumier.

Je me souviens que, jusque dans les années 60, les femmes devaient se couvrir la tête en entrant dans les églises. Ceci n'a plus cours. Les pratiquantes qui assistent au service la tête découverte sont-elles moins croyantes? Devraient-elles être excommuniées? Certainement pas, parce que la coutume de se couvrir la tête a été abandonnée. Ce geste coutumier ne faisait pas partie du dogme, donc de la religion. Cela venait probablement de la «règle de modestie» imposée aux femmes, règle commune aux trois religions issues de l'Ancien Testament, une chevelure abondante et ondoyante étant perçue comme provocante pour le mâle.

On peut donc placer l'imposition de la burqa, du niqab, du tchador ainsi que des vêtements des ordres de religieuses catholiques des derniers siècles dans la catégorie de la modestie excessive, voire de la dissimulation de toute féminité.

Dans le magnifique film Un violon sur le toit, le bon et pieux Tevye est déchiré entre tradition et tolérance devant les choix de ses deux aînées et finit par s'accommoder de l'accroc à la coutume qui veut que les parents arrangent les mariages. Mais quand la cadette s'éprend d'un goy (un non-juif, chrétien orthodoxe), Tevye refuse de voir transgresser la loi religieuse, même si cela lui brise le coeur.

Le problème de l'accommodement revient donc à bien identifier et à séparer le religieux et le traditionnel. Et, éventuellement, à en arriver à une solution sur la base exclusivement religieuse quand c'est possible (le kirpan n'est-il pas l'affirmation que l'adepte est prêt à défendre sa religion par la violence au besoin?). Autrement, de petits pas en petits pas, on risquerait d'en arriver à tolérer l'excision.
 
 
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