Libre-opinion: Radio-Canada est-il équitable envers les non-automobilistes de la région montréalaise?
Réjean Benoit - Option Transport Durable
5 novembre 2002
Nous aimerions faire part de nos doléances à l'endroit de la Société Radio-Canada concernant le traitement journalistique du transport collectif dans vos émissions d'information.
Nous avons d'abord été choqués lors de l'émission Montréal Ce soir du 16 octobre dernier de l'utilisation de certains termes par l'animateur Raymond St-Pierre et le journaliste Serge Boire. Ce reportage traitait du retour du ministre des Transports Serge Ménard d'une tournée européenne et de son grand intérêt pour les tramways. En présentation du reportage, l'idée du ministre d'implanter des tramways à Montréal a été qualifiée de «nostalgique» à deux occasions, ce qui nous paraît peut flatteur pour un projet d'avant-garde.
Ensuite, il nous paraît surprenant que l'on ait songé à illustrer les nouveaux tramways avec des images d'époque en noir et blanc quand la majorité des villes qui réintroduisent cette technologie adoptent des designs ultramodernes. Avec un reportage si pauvre en images de ce que font les grandes villes d'Europe en développement du transport collectif, la Société Radio-Canada montre le peu d'intérêt qu'elle a pour les transports publics.
Nous constatons qu'il y a très peu de reportages sur les systèmes de transport collectifs au pays et à l'étranger aux émissions d'information de Radio-Canada malgré les sujets chauds de l'heure à Montréal: le boulevard autoroutier Notre-Dame, la Commission de consultation sur l'amélioration de la mobilité entre Montréal et la Rive-Sud, la Révision du cadre financier du transport en commun et le prolongement de l'autoroute 25.
Avec son réseau de correspondants à l'étranger, la SRC ne fait pratiquement rien pour illustrer les développements en transport collectif dans le monde. Des villes comme Strasbourg, Lyon, Bordeaux ou Portland se transforment actuellement par le développement des nouveaux tramways et par des restrictions à l'usage d'automobile dans leur centre-ville. Pourtant, la presse écrite montréalaise a jugé bon, depuis un an, de consacrer de nombreux articles sur les problématiques des transports et aux solutions de rechange à l'usage de l'automobile.
Nous sommes en droit de nous demander si la ligne éditoriale des émissions d'information de Radio-Canada est de favoriser l'automobile et de négliger ce qui concerne les transports publics? Pourtant, 53 % de la population de la région métropolitaine n'a pas de voiture; elle est donc mal desservie par Radio-Canada.
Un tel désintéressement peut se comprendre de la part des réseaux de télévision ou de radiodiffusion privés qui dépendent uniquement de publicités pour lesquels les constructeurs automobiles constituent une part importante de revenu. Mais une société d'État comme Radio-Canada, qui reçoit des subventions d'Ottawa, devrait être à l'abri des influences du monde de l'automobile.
Pensons à l'émission C'est bien meilleur le matin qui a fait la promotion du Salon de l'auto en offrant le tirage d'une location de voiture avec le concours «Si j'avais un char». Quand cette émission a t-elle fait récemment gagner des cartes mensuelles de transport collectif?
Enfin, nous dénonçons aussi la très grande place des chroniques de circulation automobile aux émissions C'est bien meilleur le matin et Montréal-Express. Ces chroniques sont presque uniquement au service des automobilistes et nous entendons rarement de réelles informations sur les transports publics. A t-on déjà demandé la collaboration des usagers des autobus, métros et trains de banlieue? Ils pourraient informer le chroniqueur à la circulation de leurs temps de parcours, du nombre de places libres dans les wagons, du nombre d'usagers coincés sur les quais parce que les wagons sont pleins ou en panne et sur les autobus pris dans la congestion routière.
Ces émissions font pourtant un esclandre avec les automobilistes pris dans la circulation, dans le confort de leur voiture, alors que souvent des dizaines d'usagers des transports publics restent au coin d'une rue, à attendre le prochain autobus ou train sans qu'il n'y en ait la moindre mention lors des capsules d'information sur la circulation. Pour preuve, voyez les sites Internet de ces deux émissions. On y retrouve des infos sur 20 points chauds en congestions routières, mais aucune information sur les trains de banlieue, leur horaire et leur fréquentation. Encore une fois, il y a clairement iniquité.
Bien sûr, il y a tout de même des reportages très intéressants sur les transports collectifs à la SRC. Par exemple, celui du 15 octobre dernier, à l'émission Montréal-Express, où Simon Durivage interrogeait le ministre Serge Ménard sur les tramways. Malheureusement M. Durivage a affirmé que les nouveaux tramways étaient non rentables, sans dire en contrepartie le moindre mot sur les immenses coûts de société qu'engendre l'automobile. M. Durivage s'est en conclusion inquiété du fait que les nouveaux tramways nuisent à la circulation automobile et cela même s'ils peuvent contenir plusieurs centaines de passagers!
C'est malheureux à dire, mais aux émissions d'information de Radio-Canada, les non-automobilistes ne semblent pas mériter autant d'égard que les automobilistes.
Nous avons d'abord été choqués lors de l'émission Montréal Ce soir du 16 octobre dernier de l'utilisation de certains termes par l'animateur Raymond St-Pierre et le journaliste Serge Boire. Ce reportage traitait du retour du ministre des Transports Serge Ménard d'une tournée européenne et de son grand intérêt pour les tramways. En présentation du reportage, l'idée du ministre d'implanter des tramways à Montréal a été qualifiée de «nostalgique» à deux occasions, ce qui nous paraît peut flatteur pour un projet d'avant-garde.
Ensuite, il nous paraît surprenant que l'on ait songé à illustrer les nouveaux tramways avec des images d'époque en noir et blanc quand la majorité des villes qui réintroduisent cette technologie adoptent des designs ultramodernes. Avec un reportage si pauvre en images de ce que font les grandes villes d'Europe en développement du transport collectif, la Société Radio-Canada montre le peu d'intérêt qu'elle a pour les transports publics.
Nous constatons qu'il y a très peu de reportages sur les systèmes de transport collectifs au pays et à l'étranger aux émissions d'information de Radio-Canada malgré les sujets chauds de l'heure à Montréal: le boulevard autoroutier Notre-Dame, la Commission de consultation sur l'amélioration de la mobilité entre Montréal et la Rive-Sud, la Révision du cadre financier du transport en commun et le prolongement de l'autoroute 25.
Avec son réseau de correspondants à l'étranger, la SRC ne fait pratiquement rien pour illustrer les développements en transport collectif dans le monde. Des villes comme Strasbourg, Lyon, Bordeaux ou Portland se transforment actuellement par le développement des nouveaux tramways et par des restrictions à l'usage d'automobile dans leur centre-ville. Pourtant, la presse écrite montréalaise a jugé bon, depuis un an, de consacrer de nombreux articles sur les problématiques des transports et aux solutions de rechange à l'usage de l'automobile.
Nous sommes en droit de nous demander si la ligne éditoriale des émissions d'information de Radio-Canada est de favoriser l'automobile et de négliger ce qui concerne les transports publics? Pourtant, 53 % de la population de la région métropolitaine n'a pas de voiture; elle est donc mal desservie par Radio-Canada.
Un tel désintéressement peut se comprendre de la part des réseaux de télévision ou de radiodiffusion privés qui dépendent uniquement de publicités pour lesquels les constructeurs automobiles constituent une part importante de revenu. Mais une société d'État comme Radio-Canada, qui reçoit des subventions d'Ottawa, devrait être à l'abri des influences du monde de l'automobile.
Pensons à l'émission C'est bien meilleur le matin qui a fait la promotion du Salon de l'auto en offrant le tirage d'une location de voiture avec le concours «Si j'avais un char». Quand cette émission a t-elle fait récemment gagner des cartes mensuelles de transport collectif?
Enfin, nous dénonçons aussi la très grande place des chroniques de circulation automobile aux émissions C'est bien meilleur le matin et Montréal-Express. Ces chroniques sont presque uniquement au service des automobilistes et nous entendons rarement de réelles informations sur les transports publics. A t-on déjà demandé la collaboration des usagers des autobus, métros et trains de banlieue? Ils pourraient informer le chroniqueur à la circulation de leurs temps de parcours, du nombre de places libres dans les wagons, du nombre d'usagers coincés sur les quais parce que les wagons sont pleins ou en panne et sur les autobus pris dans la congestion routière.
Ces émissions font pourtant un esclandre avec les automobilistes pris dans la circulation, dans le confort de leur voiture, alors que souvent des dizaines d'usagers des transports publics restent au coin d'une rue, à attendre le prochain autobus ou train sans qu'il n'y en ait la moindre mention lors des capsules d'information sur la circulation. Pour preuve, voyez les sites Internet de ces deux émissions. On y retrouve des infos sur 20 points chauds en congestions routières, mais aucune information sur les trains de banlieue, leur horaire et leur fréquentation. Encore une fois, il y a clairement iniquité.
Bien sûr, il y a tout de même des reportages très intéressants sur les transports collectifs à la SRC. Par exemple, celui du 15 octobre dernier, à l'émission Montréal-Express, où Simon Durivage interrogeait le ministre Serge Ménard sur les tramways. Malheureusement M. Durivage a affirmé que les nouveaux tramways étaient non rentables, sans dire en contrepartie le moindre mot sur les immenses coûts de société qu'engendre l'automobile. M. Durivage s'est en conclusion inquiété du fait que les nouveaux tramways nuisent à la circulation automobile et cela même s'ils peuvent contenir plusieurs centaines de passagers!
C'est malheureux à dire, mais aux émissions d'information de Radio-Canada, les non-automobilistes ne semblent pas mériter autant d'égard que les automobilistes.
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