Lettres: La mutation inachevée de l'universitaire en politicien
Jana Havrankova
11 décembre 2006
Lorsque Michael Ignatieff a avancé le projet de la reconnaissance de la nation québécoise, il s'est comporté en authentique universitaire. Les universitaires adorent les séances de remue-méninges. En groupe, ils lancent une idée, en discutent, la modifient, l'adoptent ou la rejettent. Même la personne qui était à l'origine de la proposition peut finalement modifier complètement sa perception du problème sans se sentir humiliée ou battue. Ne dit-on pas que de la discussion jaillit la lumière?
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Jana Havrankova
Saint-Lambert, le 6 décembre 2006
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Or, en politique, il en va tout autrement, comme Michael Ignatieff l'a appris à ses dépens. Quand un politicien lance un projet, il doit se montrer prêt à le défendre jusqu'à ce que celui-ci flotte comme un ballon festif ou retombe malicieusement sur la tête du proposant. Dans des cénacles universitaires, on aurait débattu de la proposition elle-même: que signifient les termes «nation» et «québécois»? Une discussion légitime à l'université, mais une grenade amorcée sur la scène politique. Finalement, de manière surprenante et rafraîchissante, c'est à celui qui avait dit «un instant, ce n'est pas si simple» qu'on a accordé la confiance et la parole. Pour cela, nous devons nous réjouir. Après des années de formules politiciennes creuses, nous pouvons espérer des débats éclairants. Un des défis de Stéphane Dion se trouve là: il est condamné à la clarté.
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Jana Havrankova
Saint-Lambert, le 6 décembre 2006
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Or, en politique, il en va tout autrement, comme Michael Ignatieff l'a appris à ses dépens. Quand un politicien lance un projet, il doit se montrer prêt à le défendre jusqu'à ce que celui-ci flotte comme un ballon festif ou retombe malicieusement sur la tête du proposant. Dans des cénacles universitaires, on aurait débattu de la proposition elle-même: que signifient les termes «nation» et «québécois»? Une discussion légitime à l'université, mais une grenade amorcée sur la scène politique. Finalement, de manière surprenante et rafraîchissante, c'est à celui qui avait dit «un instant, ce n'est pas si simple» qu'on a accordé la confiance et la parole. Pour cela, nous devons nous réjouir. Après des années de formules politiciennes creuses, nous pouvons espérer des débats éclairants. Un des défis de Stéphane Dion se trouve là: il est condamné à la clarté.
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