Lettres: Une éducation pour changer le monde
Olivier Laroche, Étudiant à l'UQAM, Montréal
27 novembre 2006
Heather Munroe-Blum, rectrice de l'université McGill, dans son texte intitulé «La Prochaine Révolution tranquille», paru dans Le Devoir du 23 novembre, nous présente sa vision de l'éducation. En simplifiant, elle dit que l'université doit servir l'économie. L'analyse du champ sémantique de son texte est fort révélatrice: deux fois le mot prospérité, trois fois productivité, quatre fois développement, six fois économie, huit fois investissement.
Encore une fois, on nous sert l'alarmisme lucide: «impératif», «urgence», «agir rapidement», «des choix difficiles s'imposent». Tout cela, bien sûr, parce que nous sommes soumis à une «compétition mondiale féroce» contre nos «concurrents», où il faut nous «mesurer aux meilleurs», «livrer bataille», etc. Ridicule. Faut-il encore répéter que l'université ne doit pas avoir l'économie comme finalité?
Voilà qui est déjà assez scandaleux, mais voici les vraies perles de ce texte: «Le monde ne ralentit pas; il accélère. Et nous ne pouvons pas le laisser nous dépasser.» Comme si le monde n'était pas nous! Comme si le monde avançait indépendamment de nous! Comme si nous n'avions pas le choix! Comme s'il fallait toujours courir!
Et la dernière, mais non la moindre: «Une éducation adaptée au monde moderne». Ne dit-on pas que, par l'éducation, on peut changer le monde, que quand les masses sauront, le monde sera autre? L'éducation ne doit donc jamais s'adapter au monde moderne, mais bien mener une critique de celui-ci, vers le changement, vers un monde meilleur...
***
Olivier Laroche, Étudiant à l'UQAM, Montréal, le 23 novembre 2006
Encore une fois, on nous sert l'alarmisme lucide: «impératif», «urgence», «agir rapidement», «des choix difficiles s'imposent». Tout cela, bien sûr, parce que nous sommes soumis à une «compétition mondiale féroce» contre nos «concurrents», où il faut nous «mesurer aux meilleurs», «livrer bataille», etc. Ridicule. Faut-il encore répéter que l'université ne doit pas avoir l'économie comme finalité?
Voilà qui est déjà assez scandaleux, mais voici les vraies perles de ce texte: «Le monde ne ralentit pas; il accélère. Et nous ne pouvons pas le laisser nous dépasser.» Comme si le monde n'était pas nous! Comme si le monde avançait indépendamment de nous! Comme si nous n'avions pas le choix! Comme s'il fallait toujours courir!
Et la dernière, mais non la moindre: «Une éducation adaptée au monde moderne». Ne dit-on pas que, par l'éducation, on peut changer le monde, que quand les masses sauront, le monde sera autre? L'éducation ne doit donc jamais s'adapter au monde moderne, mais bien mener une critique de celui-ci, vers le changement, vers un monde meilleur...
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Olivier Laroche, Étudiant à l'UQAM, Montréal, le 23 novembre 2006
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