Ignatieff, Dion et Rae avaient gardé le meilleur pour la fin
Photo : Agence Reuters
Michael Ignatieff, Stéphane Dion et Bob Rae se sont mesurés hier dans un débat public à Toronto, le dernier avant le congrès de décembre.
Toronto — Les principaux candidats à la succession de Paul Martin ont sorti l'artillerie lourde, hier à Toronto, à l'occasion du dernier débat de la course au leadership libéral, qui aura été le plus intéressant des cinq.
Le député torontois Michael Ignatieff, l'ancien premier ministre néo-démocrate de l'Ontario Bob Rae et l'ex-ministre fédéral Stéphane Dion ont multiplié les attaques dans l'espoir de séduire les quelque 4500 délégués qui éliront le prochain chef libéral, au début décembre à Montréal.
L'échange le plus musclé a porté sur la mission canadienne en Afghanistan, qui a essuyé en fin de semaine la mort de deux soldats de plus. «Au départ, vous avez dit que vous voteriez contre la prolongation de cette mission et maintenant vous dites quelque chose de différent, c'est-à-dire que nous devons gagner [les combats contre les insurgés] et soutenir [l'engagement du Canada]», a lancé M. Ignatieff à M. Rae, devant les quelque 1500 militants réunis au Roy Thompson Hall. «En fait, je ne sais pas quelle est votre position sur cette question», a-t-il martelé.
«Vous le savez certainement», a rétorqué Bob Rae, avant d'accuser son adversaire d'avoir «changé trois fois d'idée en une semaine au sujet du Proche-Orient».
«C'est absolument faux!», s'est aussitôt indigné Michael Ignatieff. «Vous savez que ce n'est pas vrai. Vous me connaissez depuis 40 ans!»
M. Rae faisait référence à la déclaration controversée que M. Ignatieff a faite dimanche dernier à l'émission Tout le monde en parle, sur les ondes de Radio-Canada, selon laquelle Israël aurait commis un «crime de guerre» en bombardant, cet été, la ville libanaise de Cana, entraînant la mort d'une vingtaine de civils.
En août, Michael Ignatieff avait pourtant dit qu'il ne «souffrait pas d'insomnie» à cause de la tragédie.
Dans sa déclaration finale, Stéphane Dion en a remis: il s'est vanté de n'avoir jamais eu à s'excuser d'une déclaration — une flèche qui visait M. Ignatieff.
Tout au long du débat, c'est d'ailleurs M. Dion qui s'est montré le plus acerbe de tous. Il a notamment reproché à Bob Rae d'avoir dirigé un gouvernement largement déficitaire, pendant la récession du début des années 1990.
Le député montréalais a carrément laissé entendre que M. Rae avait utilisé de «l'argent de Monopoly» pour financer des programmes sociaux alors qu'à Ottawa le gouvernement fédéral s'astreignait à assainir ses finances.
Bob Rae a admis qu'il avait pu commettre des «erreurs», mais qu'il valait mieux se tromper en voulant faire preuve de «compassion» et en cherchant à répondre aux besoins de la population qu'en étant «sans coeur».
Mais à propos de l'environnement, une question sur laquelle mise beaucoup M. Dion, c'est ce dernier qui s'est retrouvé sur la défensive.
«Stéphane, nous n'avons pas fait le travail, et il faut le faire», a lancé Michael Ignatieff à l'ancien ministre de l'Environnement, en parlant de la lutte contre les changements climatiques.
«C'est injuste, a répliqué M. Dion. Vous ne savez pas de quoi vous parlez. Pensez-vous qu'il est facile de choisir des priorités?»
Cherchant à s'élever au-dessus de la mêlée, le meneur actuel de la course, M. Ignatieff, a imploré Stéphane Dion et ses autres adversaires de s'en prendre plutôt aux conservateurs de Stephen Harper.
En point de presse, l'ancien ministre ontarien Gerard Kennedy, qui occupe la troisième place, a d'ailleurs déploré l'acrimonie qui a dominé le débat.
«Il y a encore de vieilles batailles qui ont cours, et ça nuit au parti», a-t-il estimé.
Le début du débat a été légèrement perturbé par un homme portant un mégaphone qui a tenté de s'adresser à la foule. On n'a pas pu entendre ce qu'il avait à dire. Quelques minutes plus tôt, une femme vêtue d'un simple bikini avait tenu à attirer l'attention sur le sort qui est réservé aux petits investisseurs.
Curieusement, aucun candidat n'a fait allusion aux irrégularités qui entachent les campagnes du député torontois Joe Volpe (allégations de recrutement de faux membres) et de Bob Rae (soupçons de fraude concernant 78 délégués de Colombie-Britannique).
Les candidats se sont par ailleurs entendus sur l'importance d'accroître le nombre de femmes en politique et de maintenir le registre des armes à feu.
Les huit aspirants ont enfin assuré qu'ils demeureraient tous dans la course jusqu'à la fin.
L'avocate torontoise Martha Hall Findlay a indiqué que le fait qu'elle soit la dernière femme du lot la motivait à ne pas abandonner.
Presse canadienne
Le député torontois Michael Ignatieff, l'ancien premier ministre néo-démocrate de l'Ontario Bob Rae et l'ex-ministre fédéral Stéphane Dion ont multiplié les attaques dans l'espoir de séduire les quelque 4500 délégués qui éliront le prochain chef libéral, au début décembre à Montréal.
L'échange le plus musclé a porté sur la mission canadienne en Afghanistan, qui a essuyé en fin de semaine la mort de deux soldats de plus. «Au départ, vous avez dit que vous voteriez contre la prolongation de cette mission et maintenant vous dites quelque chose de différent, c'est-à-dire que nous devons gagner [les combats contre les insurgés] et soutenir [l'engagement du Canada]», a lancé M. Ignatieff à M. Rae, devant les quelque 1500 militants réunis au Roy Thompson Hall. «En fait, je ne sais pas quelle est votre position sur cette question», a-t-il martelé.
«Vous le savez certainement», a rétorqué Bob Rae, avant d'accuser son adversaire d'avoir «changé trois fois d'idée en une semaine au sujet du Proche-Orient».
«C'est absolument faux!», s'est aussitôt indigné Michael Ignatieff. «Vous savez que ce n'est pas vrai. Vous me connaissez depuis 40 ans!»
M. Rae faisait référence à la déclaration controversée que M. Ignatieff a faite dimanche dernier à l'émission Tout le monde en parle, sur les ondes de Radio-Canada, selon laquelle Israël aurait commis un «crime de guerre» en bombardant, cet été, la ville libanaise de Cana, entraînant la mort d'une vingtaine de civils.
En août, Michael Ignatieff avait pourtant dit qu'il ne «souffrait pas d'insomnie» à cause de la tragédie.
Dans sa déclaration finale, Stéphane Dion en a remis: il s'est vanté de n'avoir jamais eu à s'excuser d'une déclaration — une flèche qui visait M. Ignatieff.
Tout au long du débat, c'est d'ailleurs M. Dion qui s'est montré le plus acerbe de tous. Il a notamment reproché à Bob Rae d'avoir dirigé un gouvernement largement déficitaire, pendant la récession du début des années 1990.
Le député montréalais a carrément laissé entendre que M. Rae avait utilisé de «l'argent de Monopoly» pour financer des programmes sociaux alors qu'à Ottawa le gouvernement fédéral s'astreignait à assainir ses finances.
Bob Rae a admis qu'il avait pu commettre des «erreurs», mais qu'il valait mieux se tromper en voulant faire preuve de «compassion» et en cherchant à répondre aux besoins de la population qu'en étant «sans coeur».
Mais à propos de l'environnement, une question sur laquelle mise beaucoup M. Dion, c'est ce dernier qui s'est retrouvé sur la défensive.
«Stéphane, nous n'avons pas fait le travail, et il faut le faire», a lancé Michael Ignatieff à l'ancien ministre de l'Environnement, en parlant de la lutte contre les changements climatiques.
«C'est injuste, a répliqué M. Dion. Vous ne savez pas de quoi vous parlez. Pensez-vous qu'il est facile de choisir des priorités?»
Cherchant à s'élever au-dessus de la mêlée, le meneur actuel de la course, M. Ignatieff, a imploré Stéphane Dion et ses autres adversaires de s'en prendre plutôt aux conservateurs de Stephen Harper.
En point de presse, l'ancien ministre ontarien Gerard Kennedy, qui occupe la troisième place, a d'ailleurs déploré l'acrimonie qui a dominé le débat.
«Il y a encore de vieilles batailles qui ont cours, et ça nuit au parti», a-t-il estimé.
Le début du débat a été légèrement perturbé par un homme portant un mégaphone qui a tenté de s'adresser à la foule. On n'a pas pu entendre ce qu'il avait à dire. Quelques minutes plus tôt, une femme vêtue d'un simple bikini avait tenu à attirer l'attention sur le sort qui est réservé aux petits investisseurs.
Curieusement, aucun candidat n'a fait allusion aux irrégularités qui entachent les campagnes du député torontois Joe Volpe (allégations de recrutement de faux membres) et de Bob Rae (soupçons de fraude concernant 78 délégués de Colombie-Britannique).
Les candidats se sont par ailleurs entendus sur l'importance d'accroître le nombre de femmes en politique et de maintenir le registre des armes à feu.
Les huit aspirants ont enfin assuré qu'ils demeureraient tous dans la course jusqu'à la fin.
L'avocate torontoise Martha Hall Findlay a indiqué que le fait qu'elle soit la dernière femme du lot la motivait à ne pas abandonner.
Presse canadienne
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