Lettres: Le cardinal Vachon, un leader clairvoyant
Jacques Racine - Faculté de théologie et de sciences religieuses. Université Laval, octobre 2006
16 octobre 2006
De 1960 à 1972, Mgr Louis-Albert Vachon a présidé à une transformation radicale de l'Université Laval dans le cadre de la Révolution tranquille. Il a été confronté à l'expansion matérielle de l'Université, à la démocratisation de l'enseignement, à la multiplication des disciplines, à la réorganisation des instances de l'institution, au développement de la recherche et de l'enseignement.
Tout cela s'est réalisé sur une courte période et dans le contexte de revendications fortes et fondées des professeurs et des étudiants. Année après année, il a préparé, avec tact et fermeté, l'Église et la communauté des prêtres du Séminaire à abandonner son projet d'une grande université catholique pontificale et il a mis en place les structures neuves d'une université privée, laïque et d'inspiration chrétienne. Il a su s'entourer de collaborateurs compétents et audacieux. Il n'a pas craint les ruptures nécessaires devant l'évolution de la société et la complexité croissante de la science. Il a été attentif aux aspirations de la jeune génération tout en poursuivant, dans un cadre renouvelé, la mission de l'Université pour le bien de la collectivité francophone dont il s'est toujours fait l'ardent défenseur.
Cela ne s'est sans doute pas réalisé sans des deuils personnels et sans une certaine distanciation de collègues qui considéraient qu'il allait trop loin et qu'ils forçaient à prendre position dans des délais qui leur semblaient toujours trop brefs. Il leur rappelait souvent sa conviction que toute institution est «appelée à réviser constamment l'idée qu'elle se fait d'elle-même», sinon elle se «prépare à une mort lente».
Une décennie plus tard, devenu archevêque de Québec à soixante-neuf ans, il affichait le même type de leadership et adoptait la même attitude envers l'institution ecclésiale. Il se sentait pleinement responsable de la présence de l'Église de Québec au monde en devenir. Attentif aux aspirations des croyants et des croyantes, il se voulait aussi partie prenante des défis qu'affrontait la société. Il comprenait son rôle d'évêque dans la suite de celui des apôtres, cherchant à voir comment, ici et maintenant, progressait le Royaume inauguré en Jésus-Christ pour le salut de tous les humains et à mieux cerner la façon dont l'Église en ce lieu servait ce projet. Chargé de mission, il demeurait un homme libre. Fils reconnaissant de l'Église et du Québec francophone, il leur est resté fidèle en travaillant sans relâche au renouvellement de leurs institutions, malgré les oppositions et les blocages rencontrés.
Tout cela s'est réalisé sur une courte période et dans le contexte de revendications fortes et fondées des professeurs et des étudiants. Année après année, il a préparé, avec tact et fermeté, l'Église et la communauté des prêtres du Séminaire à abandonner son projet d'une grande université catholique pontificale et il a mis en place les structures neuves d'une université privée, laïque et d'inspiration chrétienne. Il a su s'entourer de collaborateurs compétents et audacieux. Il n'a pas craint les ruptures nécessaires devant l'évolution de la société et la complexité croissante de la science. Il a été attentif aux aspirations de la jeune génération tout en poursuivant, dans un cadre renouvelé, la mission de l'Université pour le bien de la collectivité francophone dont il s'est toujours fait l'ardent défenseur.
Cela ne s'est sans doute pas réalisé sans des deuils personnels et sans une certaine distanciation de collègues qui considéraient qu'il allait trop loin et qu'ils forçaient à prendre position dans des délais qui leur semblaient toujours trop brefs. Il leur rappelait souvent sa conviction que toute institution est «appelée à réviser constamment l'idée qu'elle se fait d'elle-même», sinon elle se «prépare à une mort lente».
Une décennie plus tard, devenu archevêque de Québec à soixante-neuf ans, il affichait le même type de leadership et adoptait la même attitude envers l'institution ecclésiale. Il se sentait pleinement responsable de la présence de l'Église de Québec au monde en devenir. Attentif aux aspirations des croyants et des croyantes, il se voulait aussi partie prenante des défis qu'affrontait la société. Il comprenait son rôle d'évêque dans la suite de celui des apôtres, cherchant à voir comment, ici et maintenant, progressait le Royaume inauguré en Jésus-Christ pour le salut de tous les humains et à mieux cerner la façon dont l'Église en ce lieu servait ce projet. Chargé de mission, il demeurait un homme libre. Fils reconnaissant de l'Église et du Québec francophone, il leur est resté fidèle en travaillant sans relâche au renouvellement de leurs institutions, malgré les oppositions et les blocages rencontrés.
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