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L'abject

Serge Truffaut   16 octobre 2006 
Depuis plus de 15 jours, Robert Redeker, professeur de philosophie en France, est sous la protection de la police. Il est important de mentionner que, régulièrement, on le change de domicile. Idem pour sa famille dont on l'a séparé pour des raisons de sécurité. En un mot, Redeker subit un sort analogue à celui imposé à Salman Rushdie.

Son crime? Avoir insulté le prophète Mahomet, avoir brocardé l'islam. C'est du moins ainsi que les huissiers chargés d'imposer une lecture littérale du Coran, une lecture interdisant tout exercice de la raison, ont perçu la tribune qu'il avait signée dans le quotidien Le Figaro. S'il est vrai que le ton est volontairement polémiste, le texte n'en est pas moins exempt «d'idées nauséabondes», contrairement à ce qu'affirme la Ligue des droits de l'homme.

Soit dit en passant, la réaction de la Ligue s'avère le symbole par excellence de la lâcheté qui, en cette affaire, a caractérisé les positions du ministère de l'Éducation comme celles d'associations oeuvrant sur le même front que la Ligue. Lorsque des fous de Dieu appellent à l'assassinat d'un homme parce qu'il aurait commis un délit d'opinion, que font ceux qui prétendent défendre la liberté d'expression, entre autres libertés? Ils condamnent les uns tout en prenant soin de condamner l'autre. Pourtant...

Dans son texte, Redeker écrit notamment ceci: «Exaltation de la violence: chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame, tel se révèle Mahomet à travers le Coran.» Cette phrase a été particulièrement retenue par le prédicateur permanent de la chaîne al-Jazira qui, semaine après semaine, invite les «bons musulmans» à tuer les chiites lorsque ce ne sont pas les homosexuels et autres personnes jugées déviantes par ce fanatique.

Toujours est-il que, dans Internet, caisse de résonance par excellence de ses propos, on invitait à tuer Redeker en prenant soin évidemment d'indiquer son adresse. On juge une phrase violente? On répond par la barbarie. Et dire que ceux dont la mission consiste à s'ériger contre toute atteinte à la dignité physique de l'homme ont poussé l'odieux jusqu'à compter certaines de leurs obligations. Autrement dit, Redeker subit le feu croisé des huissiers de l'islamisme intégral et des avares de la bien-pensance.

Exaltation de la violence... La semaine dernière, une gamine mange un sandwich dans un lycée de Lyon. Trois adolescents décident de la lapider, de lui lancer des pierres. Pourquoi? En croquant un morceau de pain, elle avait interrompu le jeûne qu'impose le ramadan. Heureusement, la petite a échappé de peu à la mort, mais reste cette question: pourquoi des adolescents se sont-ils sentis en droit d'agresser violemment une condisciple? Parce qu'ils sont convertis à la lecture salafiste ou littérale du Coran. Une lecture qui induit la violence, qui l'appelle.

Pour avoir osé souligner cela, Redeker a été condamné à mort. Ceux qui comptent leur soutien ont un comportement abject.
 
 
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  • Luc Giguère - Abonné
    16 octobre 2006 11 h 57
    Deux poids deux mesures
    M.Truffaut,je suis tout-à-fait d'accord avec l'essentel de votre article. Toutefois,pourquoi ne faites-vous pas allusion à l'humoriste Dieudonné qui est ostracisé par la presse française écrite et parlée et a été roué de coups lors d'un voyage aux antilles parce qu'il s'est permis de ridiculiser certains aspects de la religion juive en plus de faire la même chose pour les religions chrétienne et mulsumane. Son propos était loin d'être violent à comparer à celui de Redeker. Conclusion: la barbarie ou l'abject selon votre façon de voir les choses appartient autant à l'un qu'à l'autre. Pourquoi ne pas le souligner? Dans le cas échéant,auriez-vous la crainte qu'on vous accuse de tenir des propos "antisémites"...?
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  • Said Benabdel - Inscrit
    16 octobre 2006 23 h 16
    En Réponse à Serge Truffaut
    « Le judaïsme installe la paralysie de l'intelligence au plus intime de chaque juif » ; « Jésus est un maître d'amour, Moïse est un maître de haine », « Haine et violence habitent le livre dans lequel tout juif est éduqué, la Torah »).

    Ces exemples ont été repris par Pierre Tévanian, un enseignant français répondant à son collègue Robert Redeker, en substituant dans ses propos Mahomet à Moïse, Musulmans à Juifs et la Torah au Coran.

    On se demande, bien sûr, quelle aurait été la réaction de tous ceux qui prônent la liberté d'expression (ou d'insultes racistes, selon le cas) si ces propos ont été formulés à l'endroit du judaïsme et des juifs. Ainsi, Monsieur Serge Truffaut s'indigne que «ceux dont la mission consiste à s'ériger contre toute atteinte à la dignité physique de l'homme ont poussé l'odieux jusqu'à compter certaines de leurs obligations » mais est suffoqué que ces mêmes instances s'érigent contre l'atteinte à la dignité morale de centaines de millions de musulmans, par des propos pour le moins qu'on puisse dire abjects, pour reprendre les termes d'un pseudo journaliste qui aime éduquer son lectorat à coups de pourquoi ?

    Reprenons le raisonnement, pourtant tout cela bien fondé - cela va de soi - et motivé par une haine pour l'Islam qu'il a du mal a dissimuler. Peut-être que Monsieur Truffaut s'est senti personnellement attaqué et a perdu toute raison en voulant sympathiser avec son frère d'armes, le 'djihadiste sioniste' Redeker dont la médiocrité à été décriée par énormément de français, suite à son article nauséabond.

    L'on veut aussi être l'illuminé qui comprend tout, mieux que les autres, leur langue maternelle et leur religion comprises, puis l'expliquer à sa façon et à des fins calculées, à ses lecteurs, si lecteurs il y a. Donc, « des gamins ont lancé des pierres sur une fille qui rompait le jeûne parce qu'ils sont convertis à la lecture salafiste ou littérale du Coran » et un pseudo philosophe écrit : «Exaltation de la violence : chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame, tel se révèle Mahomet à travers le Coran.» car lui, il n'a pas lu le Coran une lecture littérale mais bien éclairée par une haine et une incohérence totales. Pour ma part, je dirais que si le geste reporté des gamins est véridique, la seule chose à en déduire serait qu'ils manquent d'éducation et sont certainement loin de pratiquer convenablement leur foi et le Coran.

    N'en déplaise à ceux qui aiment sauter aux grandes conclusions, toujours mus par le réflexe constant de salir une religion (alors bien comprise et assumée) qui à illuminé le monde (et non paralysé l'intelligence) pendant des siècles alors qu'en Europe, on brûlait sur les bûchers des scientifiques qui proclamaient que la terre tournait et qu'elle n'était pas au centre de l'univers.
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